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L’ascension : La recette du succès !


« Pour toi, je pourrais gravir l’Everest !» Samy aurait mieux fait de se taire ce jour-là… D’autant que Nadia ne croit pas beaucoup à ses belles paroles. Et pourtant… Par amour pour elle, Samy quitte sa cité HLM et part gravir les mythiques 8848 mètres qui font de l’Everest le Toit du monde. Un départ qui fait vibrer ses copains, puis tout le 9-3 et c’est bientôt la France entière qui suit avec émotion les exploits de ce jeune mec ordinaire mais amoureux. A la clé, un message d’espoir : à chacun d’inventer son avenir, puisque tout est possible.

 

  • Réalisateur(s): Ludovic Bernard
  • Acteurs principaux: Ahmed Sylla, Alice Belaidi, Kévin Razy
  • Date de sortie: 25/01/2017
  • Nationalité: Française

Premier long-métrage de Ludovic Bernard, « L’ascension » s’inspire d’une histoire vraie, celle de Nadir Dendoune, un journaliste franco-algérien originaire de Saint-Denis qui a gravi l’Everest en 2008, alors qu’il n’avait aucune expérience en alpinisme. Il a par la suite raconté son histoire dans un livre « Un tocard sur le toit du monde ». L’adaptation cinématographique qui circulait depuis ce temps à la Cité du cinéma est donc enfin transposée sur grand écran, sous les commandes du néo-cinéaste Ludovic Bernard. Ce dernier n’a pas hésité à modifier plusieurs points de la véritable histoire vraie. Si Nadir Dendoune est d’origine arabe, « L’ascension » est porté par un acteur noir : l’humoriste Ahmed Sylla, qui joue son premier rôle d’envergure. Le cinéaste a également ajouté une histoire d’amour entre le personnage principal Samy et Nadia, qui lui donne une raison de gravir le mythique Everest.

Tourné entre le Népal et le massif du Mont Blanc, « L’ascension » a demandé à l’équipe de tournage une sacrée faculté d’adaptation et de préparation, avec des repérages en hélicoptère en amont. Ludovic Bernard se rappelle : « On se mettait en route sans bien savoir où on allait, si ce n’est qu’il nous fallait rejoindre un autre village à quatre heures de marche ! Dans cette journée de travail de huit heures, la moitié était donc dédiée au tournage des scènes en sachant que le soir il fallait trouver l’endroit où dormir et poser le matériel . » Pour l’anecdote, « L’Ascension » est le premier film de fiction à avoir été tourné au camp de base de l’Everest qui se trouve à 5 364 mètres d’altitude.

Tout juste récompensé du Grand prix du jury et du Prix du public au Festival de comédie de l’Alpe d’Huez, « L’ascension » sort sur nos écrans avec une très bonne réputation. Une réputation qui est plutôt justifiée lorsque l’on assiste au film, qui est un véritable feel-good movie. Si les premières minutes nous surprennent quelque peu par l’importance de la dimension sociale (alors que l’on pouvait penser voir une pure comédie), le film parvient finalement à mélanger différents genres souvent antagonistes : la comédie, le chronique social et le film d’aventure. Alors que le cinéaste islandais Baltasar Kormakur avait fortement déçu avec son film catastrophe « Everest », « L’ascension » se la joue nettement plus modeste, tout en parvenant à proposer des images d’une beauté époustouflante. Si le récit coche toutes les cases du film d’exploit sportif, « L’ascension » se veut un film amusant et ludique, porté par la drôlerie d’Ahmed Sylla qui n’en fait jamais trop.

Sur la forme, « L’Ascension » propose tous les ingrédients pour un film tout publics : de l’aventure, du romantisme et un ton divertissant. Sur la forme, le film nous fait beaucoup penser à « Il a des yeux » de Lucien Jean-Baptiste, dans son discours tolérant sur l’acceptation des différences. Ludovic Bernard brasse les cultures en montrant diverses nationalités (aux motivations différentes) réunis dans le seul but de se dépasser et de gravir ces 8848 mètres. L’amitié forte que liera Samy avec un autochtone sert de point d’appui à cette histoire forte teintée de volonté. Parallèlement à l’ascension de l’Everest, on suit la vie de cette banlieue entre inquiétude, stress mais aussi fierté de voir l’un des siens réaliser ce défi fou. Si le film a parfois le péché de montrer une image un peu trop idéalisée de la banlieue, ce qui lui fait perdre en crédibilité, « L’ascension » se rattrape par sa photographie et sa mise en scène aboutie et lumineuse, et son humour qui a la qualité de ne pas verser dans la facilité. Le final, certes évidemment prévisible, fonctionne pourtant à plein tubes, et parvient furtivement à nous émouvoir. Au final, on ressent l’influence du cinéaste pour « La vache » de Mohamed Hamidi (également récompensé à l’Alpe d’Huez par le Jury et le public), qui parlait d’un homme modeste algérien qui quitte sa condition sociale pour rejoindre à pied Paris et emmener sa vache Jacqueline au salon de l’agriculture. En bref, l’histoire d’un défi fou de la part d’un personnage issu d’une minorité ethnique qui va sortir de son confort et être mis en lumière par une France bienveillante.

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SCENARIO 74%
MISE EN SCENE 81%
ACTEURS 82%
PHOTOGRAPHIE 83%
BANDE SON 69%
APPRECIATION GENERALE 72%
Vote final

Une recette du succès certes un brin idéaliste mais en ces temps difficiles où le racisme refait surface, prendre le temps de rêver et de s'évader fait énormément de bien.

Note finale 76%