Nos avis Ciné

L’année prochaine : Prometteur


Clotilde et Aude ont 18 ans et sont meilleures amies depuis toujours. Leur relation est forte et fusionnelle comme peuvent l’être les amitiés adolescentes. Elle doivent décider ce qu’elles feront l’année prochaine, après le bac. Clotilde choisit de quitter leur petit village pour aller faire ses études à Paris et entraine Aude avec elle. Mais les deux amies vivront différemment leur nouvelle vie …

  • Réalisateur(s): Vania Leturcq
  • Acteurs principaux: Constance Rousseau, Jenna Thiam, Julien Boisselier, Kévin Azais
  • Date de sortie: 24/06/2015
  • Nationalité: Belge,Française
Un film aux deux visages...

Un film aux deux visages…

Grâce à notre partenariat avec la maison de distribution Chrysalis, qui nous a permis de découvrir le très bon « Things people do » et le récent « Waste land », ce fut avec attention que j’attendais « L’année prochaine », le premier film de Vania Leturcq. Intéressant et attendu, le film traite avant tout d’un moment bien précis de la vie, connu par bon nombre d’étudiants (anciens ou actuels), à savoir celui du passage entre la fin du lycée (et le chemin balisé de l’adolescence) et le début de la vie étudiante, et de son indépendance. Sous l’angle de la relation amicale fusionnelle entre deux jeunes femmes, à la manière du dernier film de Mélanie Laurent « Respire » (2014), la réalisatrice propose un film délicat, sur le basculement de deux étapes de la vie. Il aura fallu sept ans de préparation entre le début de l’écriture et le tournage, et Vania Leturcq a déclaré s’inspirer du cinéma de François Truffaut, celui qui lui a donné envie de faire du cinéma.

Les 25 premières minutes dégagent une certaine énergie, où l’on suit Clotilde et Aude qui se demandent bien ce qu’elles vont faire. Clotilde, assez renfermée au départ prend les devants en inscrivant son amie dans l’école de dessin à Paris, pour qu’elles soient ensemble. Le retournement de la conception de le jeunesse se retrouve dans l’âge (l’une d’elle fête ses 18 ans alors que l’on peut lire 81 ans), mais se retrouve dans des scènes d’une grande légèreté. On a parfois un peu de mal à rentrer dans le film qui passe d’un registre à l’autre où le montage entremêle la vie des deux amies a tendance à nous perdre, les deux héroïnes se ressemblants beaucoup par moments. La seconde partie débute lors de l’arrivée à Paris (la réalisatrice ne s’intéresse pas du tout aux épreuves du Bac), où la relation entre Aude et Clotilde vont se détériorer de manière très progressive et diffuse. C’est une des grandes forces du film d’instaurer de manière presque invisible, avec des presques riens, une tension sous-jacente, qui naît de la jalousie et de la difficulté de cette nouvelle vie (dans les études surtout). La mise en scène participe subtilement à ce basculement par les encerclements du visage d’Aude par les « deux têtes » de Clotilde dans le miroir, personnage assez mystérieux qui prend clairement le dessus sur son amie Aude.

Si le film a des défauts, avec une histoire qui a parfois du mal à avancer, des maladresses dans les dialogues, avec deux personnages féminins assez antipathiques (avec Constance Rousseau, jouant Clotilde avec un jeu limité et assez moyen), « L’année prochaine » déploie un récit qui finit par emporter dans la dernière demie-heure, là où le décalage entre les deux amies devient grandissant. Le film cabotine parfois, mais finit pas tenir en équilibre (le personnage masculin, joué par Kévin Azais représentant une certaine sagesse et un point d’ancrage entre les deux trajectoires des deux filles) et prouve que le temps, qui compte dans cette période difficile du passage adolescence/adulte, peut se renverser, et retrouver l’apaisement du début. En somme, un premier film riche et délicat, aux bonnes intentions et au résultat prometteur…

Un premier film prometteur...

Un premier film prometteur…

email
SCENARIO 79%
MISE EN SCENE 83%
ACTEURS 71%
BANDE SON 81%
PHOTOGRAPHIE 77%
APPRECIATION GENERALE 76%
Vote final

Malgré quelques maladresses dans le rythme et les dialogues et deux héroïnes parfois antipathiques, "L'année prochaine finit par trouver son point d'équilibre. En montrant le basculement d'un monde à l'autre qui éffilochera l'amitié des deux jeunes femmes, la réalisatrice Vanie Leturcq signe un premier long-métrage prometteur et riche.

Note finale 77%