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L’aigle et l’enfant : Hybride entre documentaire et fiction


L’histoire époustouflante de l’amitié entre un garçon nommé Lukas, son aigle Abel et Danzer, le garde forestier. Lukas, un jeune garçon élevé par un père autoritaire, recueille un aiglon tombé du nid. Il nomme son nouveau compagnon Abel et s’en occupe en secret avec l’aide de Danzer. L’aigle et l’enfant s’apprivoisent et grandissent ensemble. Mais, lorsque vient le jour pour Abel de prendre son envol, Lukas parviendra-t-il, lui aussi, à prendre le sien ?

  • Réalisateur(s): Gerardo Olivares et Otmar Penker
  • Acteurs principaux: Jean Reno, Tobias Moretti et Manuel Camacho
  • Date de sortie:06/07/2016
  • Nationalité: Autrichienne et espagnole

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Tourné dans des vallées en Autriche et en Italie, « L’aigle et l’enfant » fusionne deux genres bien distincts, à savoir le documentaire animalier et la fiction dramatique. Cette fusion des genres a été rendu possible par la collaboration de deux spécialistes dans leur domaine : Otmar Penker qui a signé des films animaliers et Gerardo Olivares des films familiaux, peu connus dans l’Hexagone. Le film repose sur un phénomène dit du Caïnisme, lorsque chez l’aigle royal, des deux aiglons, le plus fort pousse le plus faible hors du nid à une mort certaine, sauf si quelqu’un intervient. Et c’est le cas ici avec Lukas (joué par le jeune Manuel Camacho) qui va se lier d’amitié avec un petit aiglon, qu’il prénommera Abel.

Depuis quelques mois, on assiste à une nouvelle mode dans le cinéma, qui est de revenir à des valeurs nobles en suivant un enfant en pleine montagne. On se souvient des deux adaptations filmiques de « Belle et Sébastien », ou du réussi « Heidi » sorti en février dernier. Même le dernier film d’André Téchiné « Quand on a 17 ans » nous rappelait au bon souvenir de l’air frais des montagnes avec un appel à la tradition dans un récit pourtant moderne. « L’aigle et l’enfant » suit donc ce mouvement, d’une relation entre l’homme (ou plutôt l’enfant) et la nature (et particulièrement un animal). Le film commence comme un documentaire animalier conté par la voix-off rauque et rassurante de Jean Reno, qui nous explique comment les aigles ont dès leur naissance un instinct de survie très fort. Le film bascule lentement en conte d’aventure, sur fond de quête perpétuelle de liberté.

La grande force du film réside essentiellement dans sa partie documentaire et dans ses paysages absolument sublimes, qui nous font prendre un bon bol d’air frais. Par le biais d’une caméra très proche des aigles dans leur nid ou dans leur chasse de nourriture, le film nous apprend beaucoup de choses et nous fait vivre tout près d’eux pendant une heure et demie. Le souci réside en sa partie narrative, qui n’est pas nécessairement ratée, mais qui s’adresse surtout au plus jeune. Le public adulte risque de trouver le temps long devant cette histoire maintes fois vue au cinéma entre un enfant et un animal, même si le film n’en est pas désagréable pour autant.

« L’aigle et l’enfant » semble aussi vouloir se concentrer sur cette relation entre Lukas et son aigle Abel au détriment des relations entre les personnages humains beaucoup trop éffleurées, qui de ce fait rend le film quelque peu fade. Heureusement, la réalisation immersive et forte nous en met plein les yeux et ce jeune garçon attachant qui compense le décès de sa mère par l’amour pour cet aiglon apporte à l’histoire une identité plus forte. Pour le reste, on devine tous les ressorts traditionnels de ce type d’histoire (la difficulté de se parler entre le père et le fils, la présence d’un père de substitution pour lui apprendre la vie différemment, la disparition de l’aigle avant sa retrouvaille).

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SCENARIO 63%
MISE EN SCENE 67%
ACTEURS 69%
BANDE SON 64%
PHOTOGRAPHIE 74%
APPRECIATION GENERALE 56%
Vote final

En mêlant un cinéma documentaire animalier et une amitié narrative entre un garçon et un aiglon, « L'aigle et l'enfant » est un film hybride, dont l'hommage à la nature avec des paysages magnifiques est à recommander mais où l'aspect narratif pas assez développé nous empêche de ressentir l'émotion voulue par les cinéastes, à contrario d'"Heidi", qui avait su laisser de la place à ses personnages humains. Un film à recommander aux plus jeunes toutefois, qui véhicule de belles valeurs, bien loin de nombreuses productions hollywoodiennes, parfois sans âme.

Note finale 65%