Nos avis Ciné

La vache : Une chronique tendre et réjouissante !


Fatah, petit paysan Algérien n’a d’yeux que pour sa vache Jacqueline, qu’il rêve d’emmener à Paris, au salon de l’Agriculture. Lorsqu’il reçoit la précieuse invitation devant tout son village ébahi, lui qui n’a jamais quitté sa campagne, prend le bateau direction Marseille pour traverser toute la France à pied, direction Porte de Versailles.L’occasion pour Fatah et Jacqueline d’aller de rencontres en surprises et de vivre une aventure humaine faite de grands moments d’entraide et de fous rires. Un voyage inattendu et plein de tendresse dans la France d’aujourd’hui.

  • Réalisateur(s): Mohammed Hamidi
  • Acteurs principaux: Fatsah Bouyahmed, Jamel Debbouze, Lambert Wilson
  • Date de sortie: 17/02/2016
  • Nationalité: Française

decouvrez-la-bande-annonce-du-film-la-vache-avec-jamel-debbouze-et-lambert-wilson-video-bd3b2482757a8a5401

 

Présenté en compétition officielle au Festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez en janvier dernier, « La vache » avait réalisé une véritable razzia sur les prix en remortant 3 des 4 prix principaux : le Grand Prix du jury, le prix d’interprétation pour Fatsah Bouyahmed et le prix du public. Un engouement rare pour cette comédie qui suscitait ainsi l’attente de voir cette comédie. Deuxième film du cinéaste Mohamed Hamidi, après avoir signé Né quelque part (qui réunissait également ses deux acteurs principaux Bouyahmed et Debbouze), « La vache » est né d’un désir du cinéaste de réaliser un road-movie à travers la France. Il a également confié avoir été marqué par le film « La vache et le prisonnier ».

Et cela se ressent très facilement, tant l’alchimie entre ce paysan algérien et sa vache Jacqueline est évidente et nous fait penser à Fernandel et sa vache Marguerite. Mais ici, nous ne sommes pas dans le drame sur fond de seconde guerre mondiale, mais dans un feel-good movie (en français, un film qui fait du bien). En effet, « La vache » suit donc Fatah, ce paysan algérien qui reçoit un jour une invitation au salon de l’agriculture pour mener sa vache Jacqueline. Après une quête au village pour financer le coûteux voyage, Fatah et Jacqueline vont débarquer en France à Marseille, et devoir remonter à Paris, au gré des rencontres. Le film démarre presque comme un rêve et une douce utopie pour Fatah, qui doit se rendre en France, avec une certaine naïveté sur le chemin qui l’attend (et notamment sur ce trajet Marseille-Paris qu’il imagine rapide). Puis, viens le temps des difficultés où lors d’une cuite mémorable, Fatah va faire une bêtise, rapidement ébruité dans son village d’origine, et où il va tenter de se rattraper tout au long du film avec cette phrase en forme de running-gag : « C’est la faute de la poire ! »

Véritable fable humaniste et fédératrice, « La vache » est une comédie qui fait vraiment beaucoup de bien, de par son authenticité bienveillante envers ses personnages, mais aussi ses valeurs d’ouverture et de tolérance entre les individus qu’il véhicule. On se prend rapidement au jeu de ce film, où l’on suit aussi bien le périple de Fatah où rien ne lui est épargné (le vol ou le tag de sa vache Jacqueline, le vol de ses affaires, des eaux marécageuses qui les immobiliseront mais aussi des rencontres avec son beau-frère qui va d’abord le repousser mais aussi celle avec un châtelain ruiné), mais l’on suit aussi la vie au village de Fatah (comment ce voyage est perçu et suivi, ou comment un homme va tenter de chiper la femme de Fatah profitant de son absence).

Très drôle et plutôt léger, « La vache » est servi par des dialogues bourrés d’humour joué avec une sympathie et un naturel qui crève l’écran de la part de ses acteurs, et notamment pour Fatsah Bouyahmed, que j’ai découvert avec ce film. A la fois une belle leçon de vie et une cure contre la morosité, « La vache » est aussi un manifeste contre l’intolérence, et un film plus politique qu’il n’y paraît, où l’exclusion est trop souvent (malheureusement) de rigueur. Le film démontre aussi le pouvoir du peuple au travers des réseaux sociaux et des médias qui font peu à peu de l’histoire de Fatsah et Jacqueline de véritables stars.

 

email
SCENARIO 87%
MISE EN SCENE 76%
ACTEURS 90%
BANDE SON 86%
HUMOUR 92%
APPRECIATION GENERALE 91%
Vote final

Chronique tendre et réjouissante, « La vache » est finalement un road-movie attachant et pétillant, qui insuffle drôlerie et poésie. Une très belle surprise !

Note finale 87%