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La prunelle de mes yeux : Gentillet et cousu de fil blanc


Une fille, un garçon. Elle aime la musique, lui aussi (mais pas la même). Ils se détestent, ils se croisent sans cesse. Et surtout : elle est aveugle, il voit parfaitement. Un jour, par provocation, il se fait passer pour aveugle auprès d’elle. Ce qui n’était qu’une mauvaise blague dure, l’amour arrive, la situation se complique, et la supercherie va devenir explosive.

 

  • Réalisateur(s): Axelle Ropert
  • Acteurs principaux: Mélanie Bernier, Bastien Bouillon et Antonin Fresson
  • Date de sortie: 21/12/2016 et disponible en dvd/vod le 25/04/2017
  • Nationalité: Française

Après avoir réalisé « Tirez la langue, mademoiselle », Axelle Ropert revient à la réalisation avec « La prunelle de mes yeux », un film qui traite de la thématique d’un personnage se faisant passer pour un autre. La réalisatrice a eu l’idée de se lancer dans ce projet suite à une scène à laquelle elle assistait tous les matins devant une école de son quartier. Elle y observait une mère aveugle qui accompagnait sa fille. Comme elle l’explique : « C’était un spectacle que j’aimais bien car il était « double ». Emouvant car, évidemment, cela fait mal au cœur de voir une jeune femme aveugle avec une petite fille ; mais comique aussi car cette mère n’avait aucun scrupule, arrivait tambour battant avec sa canne qu’elle cognait à droite et à gauche, les autres parents obligés de faire de petits sauts pour l’éviter…J’aimais bien ce mélange de gêne et d’émotion qu’elle provoquait ».

Sorti juste avant Noël, « La prunelle de mes yeux » est passé totalement inaperçu avec seulement 9 000 entrées.

« La prunelle de mes yeux » met en scène une histoire d’amour peu conventionnelle. Théo, un artiste attaché à sa culture grecque et Elise, une femme aveugle. Leur rencontre dans l’ascenseur de leur immeuble est d’abord conflictuelle. Lui, est agacé par la partition de Beethoven « La lettre à Elise » que la jeune femme joue continuellement. Elle, reconnaît Théo par son parfum et ne supporte pas son comportement méprisant envers elle. Ils se croisent régulièrement dans l’ascenseur et se haïssent même, jusqu’à ce qu’il se fasse passer pour un aveugle auprès d’elle. On peut s’interroger sur la raison du pourquoi Théo s’est fait passer pour aveugle, et sur le rapide changement des sentiments de la part d’Elise. Théo et Elise se rapprochent par leur goût pour la musique même si l’une adore la musique classique et l’autre joue de la musique traditionnelle grecque.

Sous des habits de film assez parisien et guindé, « La prunelle de mes yeux » ne parvient jamais à décoller. Pire, il ne trouve pas le ton juste entre la comédie et le drame. L’enfermement dans le mensonge aurait pu découler sur des multiples séquences comme Eric Lavaine avait su le faire avec « Incognito ». Ici, le récit tombe souvent à plat et l’énergie de ses comédiens Mélanie Bernier et Bastien Bouillon ne parvient pas à sauver le film qui s’enferre dans ses situations convenues et dans une comédie romantique dans laquelle on a du mal à y croire. « La prunelle de mes yeux » avait l’ambition d’offrir une bulle d’air fantaisiste, finalement, le film ne trouve pas sa place où le jeu des apparences mis en place par Ropert se confond avec une écriture du scénario mal maîtrisée. En témoigne la galerie des personnages totalement désincarnés pour lesquels nous ne ressentons aucun affect. Le film est tiraillé entre sa volonté de briser les codes de la comédie romantique, tout en respectant scrupuleusement ses règles. Enfin, le montage trop haché qui découpe net des séquences les plus intéressantes de conflits ou de nœuds scénaristiques est assez incompréhensible et empêche toute émotion de nous parvenir. Toutefois, Ropert prouve qu’elle possède un certain talent pour la mise en scène du faux-semblant, avec quelques bonnes idées comme les inscriptions dans l’ascenseur (soit disant inscrites par un jeune de l’immeuble) qui agissent comme des actes à l’histoire racontée.

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SCENARIO 52%
MISE EN SCENE 67%
ACTEURS 53%
PHOTOGRAPHIE 58%
BANDE SON 60%
APPRECIATION GENERALE 38%
Vote final

Au final, « La prunelle de mes yeux » est une comédie romantique, alléchante sur le papier, mais se révélant vite sans intérêt particulier. Le jeu du mensonge s'avère bâclé, le jeu des acteurs beaucoup trop théâtral et laisse l'impression d'une comédie beaucoup trop gentillette et cousue de fil blanc.

Note finale 54%