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La prochaine fois, je viserai le coeur : Troublant


Pendant plusieurs mois, entre 1978 et 1979, les habitants de l’Oise se retrouvent plongés dans l’angoisse et la terreur : un maniaque sévit prenant pour cibles des jeunes femmes.
Après avoir tenté d’en renverser plusieurs au volant de sa voiture, il finit par blesser et tuer des auto-stoppeuses choisies au hasard. L’homme est partout et nulle part, échappant aux pièges des enquêteurs et aux barrages.

  • Réalisateur(s): Cédric Anger
  • Acteurs principaux: Guillaume Canet, Ana Girardot, Jean-Yves Berteloot
  • Date de sortie: 12/10/2014
  • Nationalité: Française
Dans la tête d'un serial-killer...

Dans la tête d’un serial-killer…

 

Réalisé par Cédric Anger (déjà réalisateur de « L’avocat »), « La prochaine fois, je viserai le coeur » retrace le terrible fait divers du tueur dans l’Oise, qui entre 1978 et 1979, prenait pour cible des jeunes femmes, sans toujours parvenir à les tuer. Ce tueur en série n’est pas n’importe qui, puisque l’on apprend très vite que c’est un policier, qui va enquêter sur cette affaire. Aucun suspense de ce point de vue là, l’identité du tueur est connue très vite ! On pense d’ailleurs très vite à la célèbre série « Dexter », à la différence notable, qu’ici, il n’est jamais explicité les raisons des meurtres.

Pour interpréter ce tueur, c’est Guillaume Canet qui s’y colle dans ce rôle à la Dr Jeykill et Mr Hyde. Souvent considéré comme le gendre idéal du cinéma français, Guillaume Canet m’a quelque peu divisé… D’un côté, ce n’est pas forcément à lui qu’on aurait pensé pour ce rôle et son apparence physique semble un peu trop chargée en maquillage et en mimique. De l’autre côté, sa prestation assez glaciale et effrayante est souvent convaincante. Le portrait que dresse Cédric Anger de son personnage est troublant et parfois dérangeant, quitte à faire reposer son récit essentiellement sur les épaules de Guillaume Canet, ce qui efface énormément les personnages secondaires, qui ont au final relativement peu d’importance (la police qui enquête en interne sur la gendarmerie où travaille le tueur est étonnamment absente du récit!)

Qui a peur du grand méchant Canet ?

Qui a peur du grand méchant Canet ?

 

Si le film brille plutôt (hormis par ses mimiques) par la performance de son personnage principal, la mise en scène de Cédric Anger se révèle relativement sage, pas forcément innovante, en jouant sur des effets de rituels un poil trop systématiques (la figure des vers de terre, les sévices qu’il s’inflige à lui-même). Néanmoins, la photographie glacée du film, la bande-son intrigante et les scènes de meurtres sont vraiment filmées avec soin et sortent de la simple reconstitution bas de gamme. 

Cédric Anger cadre avec intelligence, le choix que fait le tueur de ses victimes, tel un prédateur qui choisit sa proie. Les scènes de meurtres jouent également par des effets de variations intéressants : de manière extérieure en alternant les points de vue lors du premier meurtre, à l’intérieur de la voiture pour nous faire rentrer dans la tête du tueur pour le deuxième meurtre. Puis, à l’extérieur de la voiture avec le danger qui vient de derrière. Toutefois, le récit manque de s’ouvrir aux peurs des locaux pour créer un deuxième point de vue plus fort (la romance ne marche pas tellement avec le personnage d’Ana Girardot) et il se résout un peu trop facilement et rapidement, tout en contenant quelques erreurs anachroniques (ex : les compteurs EDF qui ne sont pas les mêmes qu’à cette époque là -c’est la personne qui m’accompagnait à cette séance qui a remarqué ce détail-)

 

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SCENARIO 62%
MISE EN SCENE 78%
ACTEURS 74%
PHOTOGRAPHIE 83%
BANDE SON 78%
APPRECIATION GENERALE 72%
Vote final

Si "La prochaine fois, je viserai le coeur" n'apporte que peu d'originalité dans le genre déjà bien balisé des films de sérial-killers, le film reste un objet fascinant entre trouble (dans les scènes de meurtres en particulier) et sagesse (dans le déroulé de son récit) et repose sur le jeu plein (et peut-être un peu surjoué) de Guillaume Canet

Note finale 74%