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La la land : Un hymne à la vie !


Au cœur de Los Angeles, une actrice en devenir prénommée Mia sert des cafés entre deux auditions. 
De son côté, Sebastian, passionné de jazz, joue du piano dans des clubs miteux pour assurer sa subsistance. 
Tous deux sont bien loin de la vie rêvée à laquelle ils aspirent…
Le destin va réunir ces doux rêveurs, mais leur coup de foudre résistera-t-il aux tentations, aux déceptions, et à la vie trépidante d’Hollywood ?

 

  • Réalisateur(s): Damien Chazelle
  • Acteurs principaux: Ryan Gosling, Emma Stone, John Legend
  • Date de sortie: 25/01/2017
  • Nationalité: Américaine

Avec 14 nominations aux Oscars, soit le record dans l’histoire du cinéma à égalité avec « Titanic » et « Eve » de Mankiewicz, « La la land » fait incontestablement parti des favoris pour rafler un maximum de statuettes dorées. Le film s’inscrit dans le genre bien particulier des comédies musicales, un style à part, quelque peu délaissé par le cinéma depuis des années. Parmi les grands classiques qui ont bercé le 7ème art : « Mary Poppins » de Disney, « West side story », « My fair lady », « Le magicien d’Oz », « Les parapluies de Cherbourg » de Jacques Demy, mais aussi « Chantons sous la pluie », un modèle du genre ou plus récemment « The artist ». A la réalisation, on retrouve Damien Chazelle, cinéaste de seulement 32 ans qui avait éclaboussé la critique avec « Whiplash », une histoire forte, tendue et vénéneuse autour de ce jeune batteur devant se plier aux exigences exacerbées de son professeur. « Whiplash » avait décroché le Grand prix du Jury et le Grand Prix du public au Festival du film américain de Deauville.

Avec « La la land », Damien Chazelle accomplit son envie depuis l’université de réaliser une comédie musicale de grande ampleur, après un premier long-métrage « Guy and Madeline on a park bench », une histoire d’amour en noir et blanc racontée au travers de chansons. Le jeune cinéaste avoue clairement son inspiration pour Jacques Demy qui l’a influencé dans son œuvre jusqu’alors. Il rend hommage en prenant appui sur les motifs modèles de la comédie musicale (auquel je ne suis d’ordinaire pas très friand), à savoir : des chansons entraînantes, des chorégraphies parfaitement synchronisées, des numéros de claquettes, un décor sublimes, des costumes soignées, une romance et une atmosphère positive teinté d’une joie de vivre. « La la land » parvient à respecter à la lettre tous ces codes, tout en étant plus moderne qu’il n’y paraît.

Beaucoup de choses ont déjà été dites au sujet de « La la land », et la critique très élogieuse à son sujet renforçait mon attente du film, en plus de la bande-annonce très prometteuse. Le film est à la hauteur des espérances, et ce dès la séquence d’ouverture prodigieuse et ébouriffante de fluidité tournée en une seule prise et dans un plan séquence. « La la land » s’ouvre sur un embouteillage, et où les chauffeurs des voitures en question vont commencer leur incroyable ballet. Métaphore du cinéma actuel fait d’une certaine monotonie et pointant le manque d’originalité du cinéma actuel, la gaieté s’invite et donne envie de se lever de son fauteuil pour danser avec les protagonistes. L’embouteillage se transforme en fête géante et retranscrit le message du film, celui de croire en ses rêves et de s’y accrocher, quelque soit les embûches et difficultés de la vie. Le film revient par la suite à une forme narrative plus « classique », où on suit cette histoire d’amour naissante entre Mia et Sebastian, interprétés à la perfection par Emma Stone et Ryan Gosling, qui impressionnent tout du long, tant par leur maîtrise des numéros dansés et chantés que par leurs interprétations.

Sur un récit entrecoupé au rythme des saisons (de l’hiver à la fin de l’automne suivant), « La la land » raconte comment deux artistes vont tenter de s’accrocher à leur rêve d’enfant. Mia veut devenir comédienne, Sebastian veut ouvrir son club de jazz. Mais les deux personnages se heurtent soit à la difficile concurrence avec des actrices plus jeunes, soit au mépris actuel pour le style musical. En clair, l’image que veut faire la société de ces deux personnages, qui a pour ambition de les ranger dans des cases. La vie va ensuite poser d’autres questionnements : faut-il s’accrocher à ses rêves à tout prix ou accepter l’image que l’on renvoie ? « La la land » est avant tout un bijou musical avec une bande son à la fois euphorisante et mélancolique, sublimée par des teintes de couleurs absolument sublimes et qui mériteraient une analyse approfondie tant il y’aurait des choses à dire. Le film comporte cependant quelques longueurs, particulièrement sur sa partie « estivale », aux enjeux narratifs moins forts, mais on note aussi des personnages secondaires trop nombreux et pas vraiment utiles et un classicisme assez appuyé.

Sans trop en dire, le dernier quart d’heure du film qui fait un saut dans le temps de 5 ans, est une pure merveille ! Le film s’envole avec une maestria dingue vers une fin qui refuse de choisir entre le happy-end et une fin amère, telle la vie qui aurait eu ses bons et ses mauvais moments. Le film traite du destin des Hommes considéré comme plus fort que l’amour qui peut lier les personnes.

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SCENARIO 78%
MISE EN SCENE 89%
ACTEURS 88%
PHOTOGRAPHIE 86%
BANDE SON 93%
APPRECIATION GENERALE 84%
Vote final

Véritable renouveau de la comédie musicale tout en y assumant ses références, « La la land » est une expérience vivifiante de cinéma ! Malgré les quelques longueurs, le charme du duo Emma Stone-Ryan Gosling, la mise en scène fluide et moderne de Damien Chazelle et le message d'espoir sur l'accomplissement personnel de ses rêves l'emportent haut la main.

Note finale 86%