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La confession : Un (très) long chemin de croix…


Sous l’Occupation allemande, dans une petite ville française, l’arrivée d’un nouveau prêtre suscite l’intérêt de toutes les femmes… Barny, jeune femme communiste et athée, ne saurait cependant être plus indifférente. Poussée par la curiosité, la jeune sceptique se rend à l’église dans le but de défier cet abbé : Léon Morin. Habituellement si sûre d’elle, Barny va pourtant être déstabilisée par ce jeune prêtre, aussi séduisant qu’intelligent. Intriguée, elle se prend au jeu de leurs échanges, au point de remettre en question ses certitudes les plus profondes. Barny ne succomberait-elle pas au charme du jeune prêtre ?

  • Réalisateur(s): Nicolas Boukhrief
  • Acteurs principaux: Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny
  • Date de sortie: 08/03/2017
  • Nationalité: Française

Jusqu’alors, on connaissait plutôt Nicolas Boukhrief comme réalisateur de thrillers haletants, comme « Le convoyeur », « Gardiens de l’ordre » mais aussi et surtout le très bon « Made in France » qui retraçait un groupe de jeunes formant un groupe djihadiste ayant comme but de semer le chaos à Paris. Pour son nouveau film, Boukrief abandonne la réalité contemporaine pour se concentrer sur un film d’époque situé en pleine Seconde guerre mondiale. « La confession » est une libre adaptation du roman « Léon Morin, prêtre » de Béatrix Beck, une histoire qui avait déjà été retranscrite à deux reprises, en 1961 par Jean-Pierre Melville (avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva) et en 1991 par Pierre Boutron (avec Robin Renucci et Nicole Garcia). Ce roman a particulièrement bouleversé le cinéaste, comme il l’explique : « Le dialogue entre ce prêtre et cette jeune communiste, tous les deux d’une sincérité absolue dans leur foi et leur ouverture. Je trouvais qu’il y avait dans la rencontre de ces deux personnages la matière idéale d’un grand mélodrame : une période historique tourmentée, deux êtres que tout oppose, et une histoire d’amour à priori inconcevable. »

Nicolas Boukhrief décide de modifier l’essence du roman qui était écrit à la première personne, et dont il aurait été logique que l’on ait le droit à une voix-off du personnage de Barny. Au lieu de cela, le cinéaste a choisi s’orienter sur des flash-backs entre Barny âgée, au seuil de la mort et qui souhaite se confesser une dernière fois auprès d’un jeune prêtre, et la véritable histoire vécue dans sa jeunesse. Le metteur en scène a également pris le parti de situer son films durant les deux derniers mois de la guerre, et non sur une période de six ans, comme le récit l’imposait. De plus, dans l’oeuvre de Beck, Barny est veuve, alors qu’ici elle ne l’est plus. A l’arrivée, ces modifications dans le scénario affaiblissent considérablement le film qui aurait gagné en tension si Boukhrief aurait respecté avec plus de fidélité le récit original. « La confession » s’appuie particulièrement sur son duo d’acteurs : Romain Duris dans ce rôle du nouveau prêtre qui plaît à toutes les femmes, et Barny, communiste athée pas réceptive (en tous cas au départ) au charme de Léon Morin. Autour d’eux, le cadre de la Seconde Guerre Mondiale et les allemands qui guettent et fusillent des habitants.

Ceux qui s’attendaient à un drame amoureux sur fond de thriller en seront pour leurs frais. « La confession » est un vrai film français (dans le mauvais sens du terme), très austère et froid qui parvient rarement à faire vivre ses personnages. Sitôt la rencontre entre deux protagonistes principaux, le film adopte un rythme très lent qui suit les pérégrinations psychologiques autour de la religion (l’athéisme contre la croyance religieuse). Seulement, le film est un long chemin de croix extrêmement pénible à regarder de par sa grande austérité dans son récit et dans sa mise en scène. « La confession » n’est ni original, ni romanesque et se trouve être un film à plat et sans relief. Si Boukhrief etait très efficace dans la réalisation de film d’action, il est beaucoup moins à l’aise dans ce genre de récit plus posé. Ici, tout paraît trop lisse, aussi bien la mise en scène fade, le manque de tension amoureuse ou érotique entre Barny et Morin, et même l’interprétation de Romain Duris et Marine Vatch n’est pas aussi immersive et réussie que l’on aurait pensé.

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SCENARIO 39%
MISE EN SCENE 45%
ACTEURS 61%
PHOTOGRAPHIE 59%
BANDE SON 43%
APPRECIATION GENERALE 35%
Vote final

Au final, après le thriller réussi « Made in France », l'excursion de Nicolas Boukhrief dans le film d'époque s'avère être un interminable chemin de croix. Jamais prenant ni romanesque, mais toujours dans un rythme plat, « La confession » est un drame corseté et glacial, un film repoussoir au possible.

Note finale 47%