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La ch’tite famille : Pas chi mal


 Valentin D. et Constance Brandt, un couple d’architectes designers en vogue préparent le vernissage de leur rétrospective au Palais de Tokyo. Mais ce que personne ne sait, c’est que pour s’intégrer au monde du design et du luxe parisien, Valentin a menti sur ses origines prolétaires et ch’tis. Alors, quand sa mère, son frère et sa belle-sœur débarquent par surprise au Palais de Tokyo, le jour du vernissage, la rencontre des deux mondes est fracassante. D’autant plus que Valentin, suite à un accident, va perdre la mémoire et se retrouver 20 ans en arrière, plus ch’ti que jamais !
  • Réalisateur(s): Dany Boon
  • Acteurs principaux: Dany Boon, Valérie Bonneton, Laurence Arné, François Berléand, Line Renaud
  • Date de sortie: 23/02/2018 dans les Hauts de France, le 28/02/2018 ailleurs
  • Nationalité: Française

« La ch’tite famille » est déjà le sixième film de Dany Boon, qui a signé le plus gros succès français avec « Bienvenue chez les ch’tis » (20.4 millions d’entrées) en 2008. Depuis, l’humoriste devenu cinéaste a rempilé avec trois bons succès : « Rien à déclarer » (8.1 millions en 2011), « Supercondriaque » (5.2 millions en 2014) et « Raid dingue » (4.5 millions de spectateurs l’an dernier). Quoi qu’on en dise, chaque film de Dany Boon est une attente importante pour les spectateurs, ainsi que pour les exploitants de salles, ravis de pouvoir compter sur un grand succès populaire quasi-assuré. L’origine du film date du début des années 2010 où le cinéaste voulait revenir à un projet plus familial, et en attendant, il s’est occupé de la production d’autres films comme le plutôt moyen « Raid dingue ».

 

Dany Boon voit son nouveau film comme le plus personnel. En effet, le sujet du film rappelle la propre ascension du cinéaste : un jeune nordiste s’affranchit de sa famille pour devenir artiste à Paris. Devenu célèbre, il faire croire à sa femme et ses « amis » parisiens que sa mère est morte et qu’il n’a pas de famille. Or, c’est précisément sa mère, son frère et la compagne de ce dernier qui vont se rendre par surprise à Paris pour fêter les 80 ans de la matriarche de la famille, incarnée par Line Renaud. La vie de Valentin a complètement changé, devenu entre temps le plus snob des parisien et conceptualisant la chaise à 3 pieds. Un mystérieux accident de voiture va le faire revenir à ses 17 ans et lui redonner son accent ch’ti.

Evidemment, il faut faire fî des clichés particulièrement présents dans la première demie-heure du film, même si chacun en prend pour son grade (aussi bien les bobos parisiens que les ch’tis présentés comme pauvres et mangeant des salades au pétrole). Mais le film se bonifie avec le temps lorsque la confrontation des deux « mondes » arrive. Si le film n’est clairement pas une suite à « Bienvenue chez les ch’tis » (bien qu’il en reprend une partie du titre), on peut deviner un film qui retournerait le principe des « Ch’tis », où c’est cette fois la famille ch’ti qui se confronte avec un autre milieu que le sien. Sur ce point, on peut établir une comparaison intéressante avec « Les Tuche 3 » sorti récemment, une suite très décevante qui montrait les limites scénaristiques de ce type de comédie s’enfermant dans un récit de plus en plus invraisemblable. « La ch’tite famille » nous apparaît un cran au dessus, avec un récit amusant et sympathique, nous montrant d’abord la confrontation parisiens/ch’tis, avant que l’accident de Valentin qui reparle ch’ti ouvre d’autres perspectives. Les ressorts comiques reposent principalement sur les dialogues ch’tis hilarants, tout en abordant en creux les relations familiales parfois compliqués entre secrets inavouables et vraie réflexion autour de l’importance de se rappeler d’où on vient. Certes, le scénario glisse parfois dans la facilité, et certains personnages secondaires sont clairement sous-exploités (principalement le personnage du père joué par Pierre Richard resté dans ch’Nord, ainsi que la gamine qui n’a pas beaucoup d’intérêt). Mais on prend toutefois assez de plaisir devant cette comédie divertissante, faite pour se détendre et qui a des vertus de réconciliation familiale, en témoigne ce cri d’amour envers Johnny Hallyday, et son tube déformé en « Que j’te ker ».

 

 

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SCENARIO 62%
MISE EN SCENE 63%
ACTEURS 69%
PHOTOGRAPHIE 64%
BANDE SON 62%
APPRECIATION GENERALE 67%
Vote final

Certes, "La ch'tite famille" verse souvent dans le cliché, même si tout le monde en prend pour son grade. Cependant, cette fausse suite déformée des "Ch'tis" est suffisamment drôle et enlevée pour passer un bon moment, tout en étant parfois émouvante sur les conflits familiaux et le respect de ses propres origines.

Note finale 64%