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Kong, skull island : Un pop corn movie hautement divertissant !


Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong…

 

  • Réalisateur(s): Jordan Vogt-Roberts
  • Acteurs principaux: Tom Hiddleston, Samuel L.Jackson, Brie Larson
  • Date de sortie: 08/03/2017
  • Nationalité: Américaine

S’il est bien un mythe persistant dans le cinéma de monstres, c’est bien « King Kong » qui a donné lieu de nombreuses adaptations. Le célèbre gorille géant a fait son apparition en 1933 dans le film du même nom, signé par Merian C.Cooper et Ernest B.Schoedsack. Véritable leçon de cinéma, cette version reste indétrônable dans sa beauté et sa tragédie, avec des effets spéciaux saisissants et novateurs pour l’époque. S’en est suivi d’autres long-métrages, parmi lesquels la version de Peter Jackson en 2005, qui revisitait avec souffle et poésie le mythe. « King Kong » a ensuite donné lieue à diverses parodies, des romans, des bandes dessinées, des jeux vidéos et même des jeux de société ! Le mythe a également été adapté par le cinéma japonais dans les années 60, le représentant en mode « kaiju »(traduit littéralement par « bête mystérieuse » à la force monstrueuse).On garde tous en mémoire l’image de ce gorille géant accroché au sommet d’un gratte-ciel encerclé par des avions qui tentent de l’abattre. « Kong : skull Island » est conçu pour être le second film d’une franchise annoncée et qui réunira les deux plus grands monstres du cinéma : King Kong et Godzilla. Ce dernier avait déjà eu droit à son petit rafraîchissement en 2014 avec la version de Gareth Edwards. Jordan Vogt-Roberts, qui ne signe que son deuxième long-métrage après le film d’auteur « The kings of summer », explique la fascination qui entoure le célèbre gorille : « Pour moi, Kong représente la part primale de notre humanité. La raison pour laquelle nous aimons tous les films autour de Kong, c’est qu’il se rapproche des contes comme « La belle et la bête » ça nous renvoie à une part plus animale de nous-mêmes. Je crois que nous sommes tous d’une façon ou d’une autre incompris par quelqu’un : et Kong est justement l’incarnation ultime d’un personnage incompris. »

Warner Bros nous propose donc de retourner sur Skull Island (que l’on traduit par « l’île du crâne »), avec un peu d’appréhension, tant la version de Merian Cooper de 1933 était un sommet du 7ème art, et tant la version épique de Peter Jackson était une réussite. Jordan Vogt-Roberts décide de déplacer son intrigue en 1973, une année en forme de miroir du monde d’aujourd’hui entre problèmes politiques, sociaux et militaires. La scène d’introduction nous plonge dans une bagarre entre deux parachutistes ennemis : un américain et un japonais en pleine Seconde guerre mondiale, jusqu’à ce que Kong apparaisse subitement. Ellipse en 1973, et une expédition se prépare pour découvrir une mystérieuse île encerclée par une énorme tempête, le seul territoire sur Terre où aucun homme n’y aurait jamais mis les pieds. Composée en grande partie de militaires, de biologistes et de géologues, cette expédition qui a pour but premier d’étudier et de coloniser cette terre va rapidement se transformer en véritable boucherie lorsqu’ils vont se retrouver nez à nez avec Kong, qui n’a jamais été aussi immense que dans cette adaptation.

« Kong : skull Island » réinvente non seulement le mythe du gorille géant mais aussi le cinéma de foire, où ce film se vit comme un véritable grand 8. Cette adaptation lorgne sur plusieurs influences, on pense énormément à « Jurassic World » et « Jurassic Park 3 » dans le croisement du film de monstres et de la fuite de l’île, mais le film penche également vers le film de guerre, façon « Apocalypse now » et le film d’horreur, tout en faisant des clins d’oeil au film original de 1933, avec l’incrustation de Kong en arrière-plan secouant méchamment un moyen de locomotion. Ce « Kong » version 2017 est un lifting en bonne et dûe forme, prenant des chemins radicalement différents dans le scénario, avec la présence d’autres monstres plus effrayants les uns que les autres (une araignée géante, des sortes de ptérodactyles volants ou encore des énormes lézards). Porté par un rythme frénétique sans être épuisant pour autant, « Kong » se transforme en jeu de massacre où les humains se font tuer les uns après les autres, où ce ne sont d’ailleurs pas forcément les personnages les plus charismatiques qui survivent malheureusement. Les effets spéciaux sont absolument grandioses et le relief se fait ressentir (alors que je n’ai vu le film qu’en 2d). Le film baigne également dans une lumière très empreinte du film de guerre et du western avec des teintes orangées absolument sublimes. Contrairement à bon nombre de films d’action souvent irregardables dans leur montage hâché, ici, on suit avec beaucoup de fluidité et de plaisir le film. On découvre que Kong est vénéré comme un dieu par les indigènes locaux qui lui ont donné son nom, mais aussi que le gorille a des ennemis bien plus dangereux que lui-même.

On met toutefois quelques bémols, parmi lesquels des incohérences dans le scénario, un humour excessif, comme une sorte de « Marvelisation » des films d’action aujourd’hui, où chaque scène sérieuse se voit contrecarrée par une tendance à l’humour à tout prix. On regrette également une fin trop rapidement expédiée, rattrapée quelque peu par la séquence post-générique de fin, très importante et déployant des passerelles très intéressantes pour la suite.

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SCENARIO 80%
MISE EN SCENE 83%
ACTEURS 82%
EFFETS SPECIAUX 88%
PHOTOGRAPHIE 86%
APPRECIATION GENERALE 85%
Vote final

Au final, malgré ses défauts, « Kong : skull island » se révèle être un pop-corn movie extrêmement divertissant. Cette nouvelle relecture aux effets spéciaux scotchants nous rappelle que le cinéma peut aussi être une attraction géante plaisante et rythmée, comme à son origine.

Note finale 84%