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Knock Knock : Fable acide


Interdit aux moins de 12 ans avec avertissement
Un soir d’orage, un architecte, marié et bon père de famille, resté seul pour le weekend, ouvre sa porte à 2 superbes jeunes femmes mal intentionnées…

  • Réalisateur(s): Eli Roth
  • Acteurs principaux: Keanu Reeves, Lorenza Izzo, Ana de Armas
  • Date de sortie: 23/09/2015
  • Nationalité: Américaine
Une fable acide décomplexée

Une fable acide décomplexée…

 

Réalisateur connu comme une référence dans le cinéma d’horreur (Hostel, Cabin fever), Eli Roth s’attque cette fois au thriller, et plus exactement à un remake d’un film méconnu (« The seducers » de Peter S.Traynor, 1977), alors que dans quelques semaines, sortira en VOD « Green inferno » (retour aux films d’horreur) dont je vous ai récemment parlé ici même. Contrairement à Hostel et Cabin Fever, « Knock knock » delaisse les effets sanguinolents pour une tension psychologique accrue. Dans cette histoire d’un architecte marié (et avec deux enfants), qui voit un soir, seul, deux jeunes femmes, court vêtues, frapper à sa porte pour les aider, Eli Roth immisce le vers dans le fruit, avec ce vrai-faux rapport de séduction.

Se présentant comme un huis clos autour de l’infidélité, « Knock knock » s’avère être une réjouissante série B, présentant d’abord une famille parfaite, dégoulinante d’amour, avant que les deux jeunes femmes ne viennent dérégler la machine, celle du corps du mari, jusque là fidèle. Sans être un chef d’oeuvre, « Knock knock » ne mérite pas, à mon sens, toutes les critiques que j’ai pu lire et entendre ça et là. Certes, le doublage français n’est vraiment pas bon, le scénario ne va pas toujours au bout de ses intentions et ambitions, à cause de certaines scènes incompréhensibles (un homme meurt accidentellement et les deux femmes rient aux éclats, alors qu’à la base, elles viennent juste « punir » le mari infidèle), mais le film parvient toutefois à distiller une bonne dose de suspense.

Une série B divertissante et prenante...

Une série B divertissante et prenante…

Entre « Funny games » et « La vénus à la fourrure », « Knock Knock se révèle également assez malsain, même si le film est moins bon clairement que les deux exemples cités. N’est pas Haneke, Polanski ou encore Tarantino qui veut. Néanmoins, la tension provoquée par l’impasse dans laquelle se trouve le personnage de Keanu Reeves (incapable de se débarrasser de ces deux pestes, ni d’appeler la police), se retrouve réellement captivante, dans l’intérêt de savoir comment peut-il s’en sortir. Si le film ne creuse pas plus que cela la psychologie complètement timbrée des deux bimbos, le divertissement que propose Eli Roth se révèle suffisamment plaisant et prenant et prend ainsi le parti intéressant de critiquer l’attachement exacerbé aux réseaux sociaux (donnant lieu par ailleurs à l’une des meilleurs séquences d’humour noir de l’année!!). Si beaucoup de mes confrères critiqueront le chemin du féminisme poussé à l’extrême ou terriblement moralisateur pour d’autres, Eli Roth leur répond que ces situations existent, et que certains (et certaines) sont parfois prêt(es) à tout pour isoler et détruire la vie de ceux qui ont « fautés » (bien que ce soit eux qui les ont poussés à la faute). Au final, « Knock knock » se regarde comme une fable acide sur l’infidélité et ses conséquences, une série B accomplie, ni plus, ni moins…

 

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SCENARIO 77%
MISE EN SCENE 79%
ACTEURS 76%
BANDE SON 71%
PHOTOGRAPHIE 75%
APPRECIATION GENERALE 78%
Vote final

Provocateur et prenant, "Knock knock" est le symbole même d'un film qui divisera forcément les spectateurs et les critiques. Pour ma part, malgré l'interprétation douteuse de Keanu Reeves et la face psychologique des deux pestes, pas suffisamment explorée, cette série B très divertissante se regarde comme une fable acide sur l'infidélité et ses conséquences.

Note finale 76%