Nos avis Ciné

Jurassic World : L’effet Waouh !!


L’Indominus Rex, un dinosaure génétiquement modifié, pure création de la scientifique Claire Dearing, sème la terreur dans le fameux parc d’attraction. Les espoirs de mettre fin à cette menace reptilienne se portent alors sur le dresseur de raptors Owen Grady et sa cool attitude.

  • Réalisateur(s): Colin Trevorrow
  • Acteurs principaux: Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Nick Robinson, Ty Simpkins, Omar Sy
  • Date de sortie: 10/06/2015
  • Nationalité: Américaine
Un film spectaculaire qui ne renie pas ses racines

Un film spectaculaire qui ne renie pas ses racines…

 

C’est peu dire que cette date du Mercredi 10 juin 2015 était très attendue depuis des mois !! Il y’avait bien eu la ressortie du premier film en 3D en 2013 mais l’enthousiasme de découvrir un nouveau film était très forte. Pour les nombreux fans de la saga « Jurassic Park » (dont je fais parti), cette date signifiait le retour sur grand écran de cette saga mythique, 22 ans après la sortie du premier « Jurassic Park » (sans aucun doute, le film de mon enfance que j’ai dû voir une bonne centaine de fois, si ce n’est plus). L’article que j’ai écris il y’a quelques jours sur la trilogie (<www.nosmeilleursfilms.fr/critiques-films/trilogie-jurassic-park-je-possede-une-ile-au-large-du-costa-rica?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter>) illustrait ce que représentait l’âme de cette saga. Après un premier opus fondateur sur le rêve d’un vieillard milliardaire qui devient réalité, « Jurassic Park 2, le monde perdu » montrait l’envahissement et le pillage du rêve à des fins mercantiles. Et le troisième épisode, moins bon que les précédents, se révélait certes divertissant, mais ne répondait pas à l’articulation des deux premiers films. La question était de savoir si ce « Jurassic World » resterait fidèle à l’histoire originale.

Ce film est doté d’emblée de deux bonnes idées scénaristiques de départ. D’abord, le retour sur Isla Nublar (« JP2 » et « JP3 » se déroulaient sur Isla Sorna, où étaient élevés les dinosaures). Ensuite, alors que le premier film montrait la présentation du parc d’Hammond à des spécialistes avant son ouverture, « Jurassic World » nous présente le même parc ouvert depuis plusieurs années qui accueille 20.000 visiteurs chaque jour. Le rêve d’Hammond est devenu réalité (le film lui rend hommage d’une certaine façon), et en cela c’est une très bonne idée, qui permet de repartir sur des bases nouvelles tout en conservant le lieu d’origine. Evidemment, la comparaison entre « Jurassic Park » et « Jurassic World » qui veulent mettre en place un parc d’attraction futuriste est inévitable. Pourtant, à mon sens, ce film n’est ni un copié-collé scénaristique (si ce n’est que les choses vont mal tourner, comme tous les films de la saga), ni un remake de « Jurassic Park » et assume parfaitement ses différenciations. On découvre un parc modernisé, où la technologie a encore évolué (la projection holographique a remplacé le bon vieux squelette, le métro aérien remplace la voiture sur rail, les jeeps mises littéralement au placard par des gyrosphères transparentes.)

J’ai lu beaucoup de critiques du film depuis hier, qui parlent du film comme un film sans âme. En réalité, de par la modernité du nouveau parc, beaucoup plus informatisé et technologique que le premier, le film s’adapte tout simplement à son époque et aux évolutions de son temps. Ca n’en reste pas moins un film avec une âme à lui, en plus d’être rythmé à la perfection et terriblement accrocheur.

Une scène terrifiante !

Une scène terrifiante !

 

L’introduction du film, bien que très belle, m’a un peu déçu car ne suivant pas le schéma « traditionnel » des trois premiers. [SPOILER : Autrement dit, la scène d’ouverture ne nous montre pas une attaque de dinosaure, à savoir le raptor dans le 1er, les compsos dans le 2ème et la mystérieuse attaque maritime du 3ème. Ici, on se concentre sur le futur montre du parc en train de naître, métaphore de la saga qui renaît avec ce dinosaure. FIN DU SPOILER]. Ceci mis de côté, l’introduction des personnages est très intéressante. On s’intéresse d’abord au départ des deux enfants Zach (Nick Robinson) et son frère cadet Gray (Ty Simpkins) que leur mère confie à sa soeur Claire, directrice du parc. Une fois arrivés sur l’île (très vite finalement), on suit Claire, femme hautaine et rigide (Bryce Dallas Howard) accompagnée par Masrani (Irrfan Khan), personnage bien plus complexe qu’il n’y parait (il ne recherche pas forcément la réussite financière mais le bien-être des visiteurs…et des dinos).

Leur nouvelle création, l’Indominus rex, crée pour renflouer les caisses du parc et venant de l’ADN de plusieurs dinosaures (dont je tairait les noms pour conserver un peu de surprise!) qui inquiète par ses traces de bris contre les vitres et sa virulence. Pour vérifier l’état de sécurité de son enclos, Claire fait ainsi appel à Owen (Chris Pratt), dresseur de raptor, secondé par Barry (Omar Sy qui ne fait pas que de la figuration), qui s’opposent quand à eux à Hoskins (Vincent D’Onofrio). Quand Owen trouve les moyens de « calmer » les raptors, Hoskins a le projet d’en faire des armes de guerre. Opposition de départ sur l’utilisation des animaux, les considérer comme être vivant ou arme destructrice, ce sujet est l’un des sujets même du film assez passionnant. D’une manière générale, les personnages secondaires sont réussis (qu’il s’agisse de Masrani ou Hoskins, mais aussi l’employé avec son t-shirt « Jurassic Park » (qui mélange le film et le parc), celle qui est censée suivre les deux enfants (et qui connaître un sort particulièrement horrible !!), le jeune employé des raptors ou encore le retour d’Henry (présent dans le premier film).

Chris Pratt et Bryce Dallas Howard

Chris Pratt et Bryce Dallas Howard

Une fois tous les enjeux cernés, le carnage peut commencer ! Une fois que l’Indominus s’est échappée de son enclos d’une manière particulièrement intelligente de sa part, le but du film va être de trouver des manières de le combattre, alors qu’il déploie des stratégies de plus en plus élaborées. Ce film se révèle plus violent que les trois films de la saga (à déconseiller aux moins de 10-12 ans quand même), et les rebondissements et surprises dont regorge le film sont particulièrement jouissifs. Tout y est : des frissons, le plaisir du retour dans le parc, de l’humour second degré ravageur, du suspense et des dinos (T-rex inclus, rassurez-vous!), et le film s’adresse aussi bien aux novices qu’aux fans de la saga. On en prend plein les yeux (avec des effets spéciaux saisissants et une 3D relativement bonne) et les oreilles (avec la musique de Michael Giaccino, qui innove tout en reprenant le thème original de John Williams). Quand au rapport avec le premier film, le récit a l’intelligence de s’en détacher en proposant sa propre histoire, tout en ne trahissant pas l’histoire d’origine. Les clins d’oeil au premier film fusent (il faudrait le revoir plusieurs fois pour tous les déceler : la goutte de sang, l’ambre, la remise avec les éléments du décor du premier film, le bonhomme M.ADN, le parcours interactif et bien d’autres encore!!). Mais au delà des simples références, Colin Trevorrow (grand fan de la saga) se sert de ces éléments pour montrer quelque chose qui tient de l’évolution technologique ou qui s’adapte à son temps, ce qui rend le film particulièrement euphorisant !! Si le film peut révéler quelques faiblesses qui tiennent plus du montage qu’autre chose (on perd subitement certains personnages de vue), on ne peut qu’apprécier un film qui tienne compte de son passé pour créer autre chose.

Nous parlions tout à l’heure des personnages, qui sont il faut le dire, très charismatiques. Le duo des deux frères débrouillards (qui succèdent à Lex et Tim) fonctionne particulièrement bien, la transformation caractérielle de Claire, bien qu’attendue, est saisissante, et Owen endosse le rôle phare de « Je vous l’avez bien dit » (qui reprend le personnage de Ian Malcolm dans les deux premiers films). Frissonnant, divertissement quasi-parfait, cohérent vis-à-vis du premier, « Jurassic World » est une percutante réussite. Indéniablement le blockbuster de l’été, et de l’année !!!

"C'est pas la p'tite qui va manger la grosse..."

« C’est pas la p’tite qui va manger la grosse… »

email
SCENARIO 89%
MISE EN SCENE 90%
ACTEURS 92%
BANDE SON 96%
EFFETS SPECIAUX 94%
APPRECIATION GENERALE 93%
Vote final

Rythmé, percutant et terriblement efficace, "Jurassic World" est un ravissement pour les yeux (avec ses effets spéciaux saisissants) et les oreilles (une bande son euphorisante). Le film réussit à la quasi-perfection son pari de ne jamais trahir le premier "Jurassic Park" en y faisant souvent référence tout en s'émancipant avec un récit qui allie nouveau dinosaure destructeur et scénario intelligent. Si le film n'a pas le charme du film original dû à la découverte il s'adapte aussi à son époque, tout en étant porté par des personnages charismatiques et caractériels, et pose les bases d'une nouvelle trilogie (enfin, on l'espère grandement!) Indiscutablement, le blockbuster de l'été, voire de l'année !

Note finale 92%