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John Carter (of Mars) [Critique]



John Carter, c’est l’histoire de … :

John Carter

Affiche de John Carter

John Carter, ancien officier sudiste de la guerre de Sécession, après s’être vu poursuivi par des indiens et d’autres soldats de la Guerre Civile américaine, se réfugie dans une grotte présentant un curieux symbole gravé à même la roche. Consécutivement à l’apparition d’un être extraterrestre un rien belliqueux qu’il finit par abattre, John Carter se voit projeté sur Mars après l’activation d’une curieuse amulette. Capturé dès son arrivée par une tribu d’autochtones martiens, John Carter va se retrouver bien malgré lui au milieu d’une guerre de pouvoir menaçant la paix régnant sur la planète rouge…

John Carter, Meilleur blockbuster depuis (trop) longtemps

John Carter restera avant tout un énorme gâchis. Non pas en raison de la qualité (réelle) du résultat final, mais à cause de la manière avec laquelle il nous fut vendu, comment il fut promu. Rarement blockbuster aura été autant mal aimé avant même sa sortie, à plus forte raison par sa propre maison de production, en l’occurrence Disney. Bande-annonce hors sujet et mal montée, affiches toutes plus hideuses et opaques les unes que les autres, autant dire que cela s’annonçait fort mal (les premiers chiffres au box-office tendent d’ailleurs à le confirmer).

Les voies du succès sont impénétrables, et il était visiblement écrit que LE film du mois de mars ne devait pas être John Carter mais Hunger Games : après vision des deux, on peut encore se demander pourquoi…

Car John Carter est une excellente surprise. Mieux : c’est un très bon film de science-fiction. Bien sûr, l’histoire en elle-même n’a rien de foncièrement originale (n’oublions pas, cependant, que le classique de la littérature dont le métrage est tiré, A Princess of Mars, fut allégrement pillé par les divers Star Wars et autres Avatar), le tout est cousu de fil blanc, et reste sur un mode très enfantin.

Passé cet état de fait, John Carter se révèle être une très belle proposition de cinéma, ludique et attachante, pleine de maîtrise et de sincérité. On pouvait se montrer sceptique quant aux capacités d’Andrew Stanton (l’auteur de l’inoubliable Le Monde de Nemo et le chef-d’oeuvresque Wall-E) à transposer son savoir-faire au cinéma en prises de vues réelles, et force est d’admettre que ce dernier a amplement relevé le défi (au même titre que Brad Bird sur Mission Impossible : Ghost Protocol soit dit en passant).

À l’heure des blockbusters survitaminés, boostés aux montages épileptiques, aux caméras parkinsoniennes et aux scènes d’actions illisibles, qu’il fait bon de retrouver une mise en scène tout en élégance et en sobriété (sans être simpliste pour autant), aux mouvements de caméras fluides et harmonieux. Qu’il s’agisse de la production design, de la photographie, du montage ou encore des effets spéciaux (très aboutis, et largement au niveau d’un Avatar), les choix d’Andrew Stanton sonnent justes, sont sans fioritures et malgré tout sans concessions : John Carter est un film agréable à regarder et flatte la rétine ! (coucou Hunger Games…)

Chien de John Carter

Chien martien de John Carter

Mais John Carter, c’est avant tout un récit extrêmement plaisant à suivre, une histoire excellemment bien narrée. Sans prétention aucune, Andrew Stanton ne perd jamais de vue ses personnages et les enjeux de son histoire et applique le même traitement à sa narration qu’à sa mise en scène : du concret, de la simplicité, de l’efficacité, sans esbroufe ou ajouts pédants ou prétentieux (coucou Hunger Games…). Sans oublier de nombreuses touches d’humour, fines et bienvenues : la touche Pixar sans aucun doute (c’était déjà le cas dans le dernier Mission Impossible) !

On ne saurait également taire la prestation de l’ensemble du casting qui, sans être exceptionnel, porte avec beaucoup de justesse et de conviction un film qui aurait aisément pu sombrer des les affres de la grandiloquence et du too much : force est de constater que c’est tout l’inverse qui s’est produit. Mention spéciale d’ailleurs à Taylor Kitsch, raillé au même titre que le film, mais qui pourtant se montre à la hauteur de l’événement et livre une excellente prestation, tout en ironie et en assurance, mais aussi et surtout, au chien martien à mourir de rire et aux mimiques et animations tout simplement impayables.

Conclusion :

En somme, il serait dommage de passer à côté de ce très bon moment de péloche qu’est John Carter, pour peu que l’on aime les films à grand spectacle et le space opéra. Bien écrit, (très) bien réalisé, bien interprété, et soutenu par une bande-son au diapason (toujours impeccable Michael Giacchino), John Carter démontre sans aucun détour qu’il mérite bien mieux que le sort qu’on a pu lui réserver…

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