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Joe : notre avis


Dans un trou perdu du Texas, Joe, un ex-taulard essaie de reconstruire sa vie en abattant des arbres pour une société d’abattage de bois. Le jour où Gary, un jeune de 15 ans vient le voir pour lui demander du travail pour lui et son père, Joe voit là l’occasion de se rattraper de ses erreurs et de jouer le rôle de père protecteur, pour une fois qu’il est important aux yeux de quelqu’un. Petit à petit, il va le prendre sous son aile…

  • Réalisateur(s): David Gordon Green
  • Acteurs principaux: Nicolas Cage, Tye Sheridan
  • Date de sortie: 30/04/2014
  • Nationalité: Américaine
Entre "Mud" et "Gran Torino"

Entre « Mud » et « Gran Torino »

Avant ce film, on ne comptait plus les navets dans lesquels Nicolas Cage s’étaient embarqués : « Ghost rider » (2007), « L’apprenti sorcier » (2010), « Le dernier des templiers » (2011), « Hell driver » (2011), « Le pacte » (2011), « Ghost rider 2 » (2012) ou encore « 24 heures » (2012). Mais ça, c’était avant !! Avant que Joseph Gordon Green ne lui confie ce très bon rôle, taillé sur mesure pour lui !

« Joe » suit donc  cet ex-taulard, qui embauche des travailleurs pour « intoxiquer » des arbres avant que ces derniers ne soient abattus par l’Etat. Un beau jour, Gary, un jeune de 15 ans (joué par l’excellent Tye Sheridan) débarque avec son père alcoolique dans ce trou paumé et va réclamer avec un certain cran du travail à Joe.

Nouveau reflet de l’Amérique profonde qui n’a pas de repaires, « Joe » se situe quelque part entre « Mud » de Jeff Nichols (2013) avec lequel il partage plusieurs liens : le cadre spatio-temporel, ce rapport à la transmission ( il est à noter que Tye Sheridan jouait déjà dans « Mud ») et « Gran Torino » de Clint Eastwood (2008) à la fois pour son portrait de cette Amérique désincarnée, mais aussi et surtout pour cette transmission générationnelle par le biais du travail. On y retrouve d’ailleurs dans les deux films, le motif de la voiture comme élément de récompense! Sans vouloir déflorer le film, la fin de « Joe » est aussi plutôt similaire au film de Clint Eastwood.

Un lien de filiation attachant

Un lien de filiation attachant

Sans révolutionner le genre, « Joe » se vit dès les premières minutes comme un récit initiatique sec, rude et cassant. En effet, dès le premier plan, la violence verbale puis physique s’imposent comme quelque chose de banal et de commun qui fait corps avec le film. On remarquera que la police est d’ailleurs perçue comme soit bête, dans le meilleur des cas, soit incompétente, dans le pire des cas (cf la raison qui a fait atterrir N.Cage en prison)

Selon moi, ce film s’articule autour du jeu Gary, tiraillé par un père alcoolique qui le frappe, l’insulte constamment et vole son argent, et Joe pour qui il voit sa représentation idéalisée du « père »! Et parce que Gary est le seul personnage innocent, tantôt naïf, Joe s’attache à lui, qui en voit l’opportunité d’expier ses fautes. Le spectateur n’espérera qu’une chose, que Gary s’en sorte!

 

 

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SCENARIO 80%
MISE EN SCENE 75%
JEU D'ACTEUR 84%
PHOTO 81%
APPRÉCIATION GENERALE 74%
Vote final

Si "Joe" est rugueux et sec, il est aussi bien mis en valeur par sa mise en scène et par sa photo, qui ne force pas le trait et s'attache à suivre de près les personnages pour en saisir toutes les failles. Malgré quelques longueurs et des intrigues non résolues, "Joe" s'impose comme un objet filmique à part qu'il faut savourer !

Note finale 78%
Note des Lecteurs
1 votes
80