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Je ne suis pas un salaud : Glaçant [Sorti en DVD le 21 Septembre]


Lorsqu’il est violemment agressé dans la rue, Eddie désigne à tort Ahmed, coupable idéal qu’il avait aperçu quelques jours avant son agression. Alors que la machine judiciaire s’emballe pour Ahmed, Eddie tente de se relever auprès de sa femme et de son fils et grâce à un nouveau travail. Mais bientôt conscient de la gravité de son geste, Eddie va tout faire pour rétablir sa vérité. Quitte à tout perdre…

  • Réalisateur(s): Emmanuel Finkiel
  • Acteurs principaux: Nicolas Duvauchelle, Mélanie Thierry, Driss Ramdi
  • Date de sortie: 24/02/2016
  • Nationalité: Française
Un récit glaçant basé sur une fausse déclaration

Un récit glaçant basé sur une fausse déclaration

A l’occasion du Festival du film d’Arras (qui s’est tenu du 6 au 15 novembre dernier) et à la programmation vraiment riche et variée, j’ai pu voir en avant-première ce nouveau film d’Emmanuel Finkiel, réalisateur dont je ne connaissais aucun de ses films pourtant souvent récompensés : « Voyages » (1999), « Casting » (2001) et « Nulle part, terre promise » (2009). Quatrième long-métrage de Finkiel, « Je ne suis pas un salaud » raconte ainsi l’histoire d’un type ordinaire, Eddie, (joué par Nicolas Duvauchelle, connu du grand public pour son rôle de flic dans la série « Braquo » et présent à Arras pour ce film qui lui tenait à coeur.), qui à la suite d’une agression sur sa personne un soir, va accuser sans aucune raison, un faux coupable facile, en la personne d’Ahmed, jeune banlieusard qui réussit, et qu’Eddie avait aperçu quelques jours plus tôt dans une vidéo d’entreprise, montrant comment réussir un bon entretien d’embauche. La descente aux enfers commence alors pour Ahmed alors que la prise de conscience de son mensonge et le remord qui le ronge viennent assaillir Eddie.

« Je ne suis pas un salaud » est d’abord interprété avec talent et animalité par Nicolas Duvauchelle au sommet de son art, et qui se rapproche du jeu d’acteur saisissant de Patrick Dewaere. Ce duo-duel formé entre la proie et sa victime (joué avec force et certitude) par le jeune acteur Driss Ramdi est l’une des forces du film, mais pas que… Car au delà de son scénario brillant et imprévisible qui immisce le doute dans la tête du spectateur sur les réelles intentions de son personnage, la mise en scène (récompensé fort justement au Festival du film francophone d’Angoulême) illustre à la perfection le propos du film et les névroses de la société contemporaine. Entre la réalité froide d’Eddie (confronté au mur que représente le monde du travail, filmé en gros plan) se cogne la virtualité représenté par Ahmed (apparaissant d’abord dans une télévision, et portant une paire de lunettes 3D quand il va au cinéma).

En glissant subtilement vers une critique du consumérisme et interrogeant sans arrêt la question du double (avec de très nombreux jeux de miroirs qui viennent détacher des personnages d’autres parties du décor), « Je ne suis pas un salaud » est un film glaçant, d’une très grande efficacité et qui prend à la gorge de bout en bout. En déplaçant la question du genre du polar vers des considérations sociales (certains diront « encore un drame social se passant dans le Nord Pas de Calais », bien que le film cherche à montrer qu’il pourrait avoir lieu partout et ne cherche pas à identifier des lieux bien précis), le film est un grand choc, et en dit beaucoup sur l’évolution de notre société qui va vite, trop vite, et qui laisse de côté certains de ses citoyens. La fin (que je ne dévoilerais pas), choquante, inattendue et glaçante vient ponctuer un film résolument pessimiste et sombre sur l’humain, mais malheureusement terrifiante de réalisme. Un grand film, en somme, que je vous conseille vivement de découvrir, dès maintenant en DVD depuis le 21 Septembre !!

Un grand film, à découvrir le 24 février

Un grand film, à découvrir le 24 février

En attendant la bande-annonce, voici une interview du cinéaste Emmanuel Finkiel :

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SCENARIO 86%
MISE EN SCENE 91%
ACTEURS 86%
BANDE SON 78%
PHOTOGRAPHIE 91%
APPRECIATION GENERALE 92%
Vote final

Vu en avant-première au Festival du film d'Arras, "Je ne suis pas un salaud", joué par un Nicolas Duvauchelle au sommet de son art, est un drame social glaçant, terrifiant de réalisme et sombre sur la place de l'homme dans la société d'aujourd'hui. Un grand film, en somme, à découvrir dès le 24 février prochain.

Note finale 87%