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Jane got a gun : Récit d’un film maudit


Jane Hammond est une femme au caractère bien trempé mariée à Bill, l’un des pires bandits de la ville. Lorsque celui-ci se retourne contre son propre clan, les terribles frères Bishop, et qu’il rentre agonisant avec huit balles dans le dos, Jane sait qu’il est maintenant temps pour elle de troquer la robe contre le pantalon et de ressortir son propre pistolet. Le meilleur espoir de Jane n’est autre que son ancien amour Dan Frost, dont la haine envers Bill n’a d’égal que son amour pour Jane.

  • Réalisateur(s): Gavin O’Connor
  • Acteurs principaux: Natalie Portman, Joel Edgerton, Ewan McGregor
  • Date de sortie: 27/01/2016
  • Nationalité: Américaine

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« Jane got a gun » est avant tout le récit d’un film « maudit ». Dans son casting qui a connu moult changements (Jude Law, Tobey Maguire, Jake Gyllenhaal, ou encore Bradley Cooper, annoncés tour à tour, et refusant finalement le rôle), mais aussi dans l’incroyable imbroglio qui a entouré la mise en scène du scène. Lynne Ramsay, qui devait réaliser le film a jeté l’éponge le premier jour du tournage, en se présentant pas pas sur le plateau, provoquant report de tournage et procès en justice de la part des producteurs. Preuve des difficultés liées à ce projet, le scénario de « Jane got a gun » était en 2011 sur la black-list des meilleurs scripts pas encore été portés à l’écran. Pour couronner le tout, le distributeur Mars films a dû décaler la sortie du film à plusieurs reprises, le film devait finalement sortir le 25 novembre, mais les attentats du 13 novembre ont incité le distributeur à repousser la sortie de deux mois.

« Jane got a gun » sort donc enfin au cinéma chez nous après de nombreuses années de galère, le même mois qu’un autre western, celui de Quentin Tarantino « Les huit salopards », sorti au début du mois de janvier. A l’inverse de Tarantino qui détournait les codes du western traditionnel (la neige remplaçant les étendues désertiques, le huis clos supplantant les grands espaces), « Jane got a gun » se présente nettement plus classique, en tout cas d’un point de vue visuel, où l’on retrouve tous les codes du western traditionnel, avec ses cow-boys, son saloon, ses chasseurs de prime et sa fameuse poussière. Sauf que l’histoire que le film développe n’est pas si classique. En effet, l’intrigue repose sur une femme, Jane, qui doit s’occuper de son mari blessé, qui a été criblé de balles par les frères Bishop. Ainsi, celle ci va faire appel à son ancien amour, porté disparu, afin de se venger. Le film repose sur cette bonne idée de méler un mélodrame (avec un trio amoureux centré sur Jane, sur fond de jalousie de l’un ou de l’autre) au thème du western. Assez sombre et pessimiste, « Jane got a gun » fait appel à un rythme volontairement lent, qui se déploie en flash-backs pour mieux cerner les enjeux du trio amoureux, entre l’ancien amour qui revient pour aider Jane, et le mari actuel agonisant.

Si ces flash-backs ont parfois pour effet de perdre le spectateur, ce western féministe revisité parvient à fusionner l’aspect traditionnel du western et ses grands espaces avec une certaine modernité insufflée d’abord par le choix de Natalie Portman, incarnant cette femme qui tente de se forger une force intérieure, et d’aller contre sa nature où elle a toujours été porté par son mari. Mais cette modernité se retrouve aussi dans sa narration enracinant un mélodrame intimiste, ce qui est rare dans le western. On regrettera malgré tout que le film pêche par son rythme un peu alternatif, son côté simpliste dans son scénario, et un bon nombre de longueurs. Dommage également que la scène finale censée être le moment fort du film, se retrouve filmée de nuit, ce qui fait que le spectateur n’y voit pas grand chose…

Néanmoins, moi qui ne suis pas un grand connaisseur ou amateur des westerns de base, « Jane got a gun » parvient à proposer un divertissement honnête, certes loin des grands westerns mythiques de la grande époque, mais se diversifie par son souffle romanesque et sa photographie aboutie.

 

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SCENARIO 62%
MISE EN SCENE 72%
ACTEURS 76%
BANDE SON 64%
PHOTOGRAPHIE 74%
APPRECIATION GENERALE 63%
Vote final

Certes, loin des grands western, « Jane got a gun » (film maudit dans son développement) parvient à proposer un divertissement honnête, qui se distingue par son souffle romanesque, le caractère de son héroine et sa photographie aboutie.

Note finale 68%