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James White : Un premier film encourageant !


James White a une vingtaine d’années et mène une vie dissolue le jour comme la nuit à New York.
Mais lorsque sa mère tombe gravement malade, il doit alors affronter la réalité et trouver l’énergie nécessaire pour faire face à ses nouvelles responsabilités.

  • Réalisateur(s): Josh Mond
  • Acteurs principaux: Christopher Abbott, Cynthia Nixon
  • Date de sortie: directement en VOD le 30/08/2016
  • Nationalité: Américaine

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Premier long-métrage de Josh Mond, « James White » est présenté comme « le film choc de Sundance » où il a en effet remporté le prix du public l’an dernier dans ce célèbre festival du cinéma indépendant. De plus, le film a remporté le Prix Kiehl’s de la révélation au Festival du cinéma américain de Deauville en 2015. Sorti dans les salles américaines il y’a plus d’un an (le 13 septembre 2015), « James White » sort seulement en vidéo à la demande avec un an de retard par rapport à nos voisins américains, et ce, malgré sa sacré réputation de « film indépendant à festival ». Après avoir officié au scénario du touchant « Martha Marcy May Marlene », Josh Mond nous présente un sujet très sensible, à savoir la fin de vie d’un être cher. Si bien d’autres films ont déjà traité de ce sujet, avec un énorme talent : Michael Haneke avec « Amour », Ingmar Bergman avec « Cris et chuchotement » ou encore Stéphane Brizé et son éblouissant « Quelques heures de printemps ». La différence de cette production réside à traiter avec modestie cette thématique avec les yeux d’un jeune homme de 20 ans très loin de ces considérations.

Ce jeune homme joué avec talent par le jeune Christopher Abott passe ses soirées à errer dans les boites de nuit et les lieux de fête. Son quotidien très monotone se résume ainsi, il n’a pas de travail le jour et s’enferme dans un cycle d’autodestruction. Le cinéaste Josh Mond approche sa caméra au plus près du visage de ce personnage barbu, désintéressé par ce que l’on appelle « la vie active » mais préfère se rester dans sa certaine passivité, renforçant peu à peu son isolation du monde. Grâce à sa réalisation, Josh Mond met en valeur son acteur et crée un cadre renforcé, enfermant doublement le personnage dans sa triste vie. Malgré ces grandes qualités de mise en scène, « James White » pêche par son scénario, quelque peu fade et qui a tendance à s’éparpiller un peu dans toutes les directions. Si le film est assez court (1h28), on retrouve de nombreuses longueurs qui gâchent le plaisir de la mise en scène. En tous les cas, les 45 premières minutes du film manquent singulièrement d’intérêt, une fois que les personnages sont présentés, et que la relation entre le fils et la mère (jouée par Cynthia Nixon).

Là où le film gagne toutefois vraiment à être vu réside dans sa dernière demie-heure, absolument scotchante, où l’on y suit quasiment en temps réel, une situation très dure où la mère perd tous ses moyens à cause d’une maladie grave, le fils va quant à lui veiller sur elle toute la nuit. Cette scène prend tout son sens, avec ce jeune homme, qui jusqu’à présent été déconnecté de la vie réelle, et qui va se retrouver confronté à la maladie de sa propre mère. Peu à peu, par la longueur de cette scène, l’émotion pointe le bout de son nez, et on éprouve une sympathie dans ce lien qui malgré tout fort entre une mère et son fils, malgré toutes les vacheries qu’ils se sont lancés précédemment dans le film.

 

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SCENARIO 64%
MISE EN SCENE 74%
ACTEURS 77%
PHOTOGRAPHIE 73%
BANDE SON 64%
APPRECIATION GENERALE 72%
Vote final

Ainsi, « James White » serait presque comme un film en deux parties, 45 premières minutes autour de la vie d'un homme paumé assez laborieuses narrativement, malgré une mise en scène intelligente et bien pensée. Et une dernière demie-heure extrêmement touchante, dévoilant une sensiblerie inattendue. Un premier film, empétré de défauts, mais qui reste néanmoins une belle promesse pour le cinéaste Josh Mond.

Note finale 70%