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IT FOLLOWS: NE LAISSE PERSONNE TE TOUCHER


Après une expérience sexuelle apparemment anodine, Jay se retrouve confrontée à d’étranges visions et l’inextricable impression que quelqu’un, ou quelque chose, la suit.
Face à cette malédiction, Jay et ses amis doivent trouver une échappatoire aux horreurs qui ne semblent jamais loin derrière…

  • Réalisateur(s):David Robert Mitchell
  • Acteurs principaux: Daniel Zovatto, Jake Weary, Keir Gilchrist, Lili Sepe, Maika Monroe, Olivia Luccardi
  • Date de sortie: 2015
  • Nationalité: Américaine
"Ne pas coucher le premier soir"

« Ne pas coucher le premier soir »

Ce que l’on ne voit pas nous rend plus fou! Telle est la devise du maître John Carpenter dans le bonus de son chef d’œuvre, « Christine » sorti en 1983. La peur de l’indicible, voilà la force de certaines des plus belles œuvres du maestro. Mon préambule sur Carpenter se justifie tout simplement après avoir vu le film de David Robert Mitchell, qui d’une certaine manière, rend hommage au cinéma viscéral des années 80 avec une conviction intime, et une part belle au slasher emmitouflé. Car ici le « Boogeyman » n’est nul autre que cette torpeur effroyable du passage de l’âge adulte, à l’effroi que vont être les rudes étapes de l’adolescence post moderne. Tout est construit de manière à ce que l’on ressente ce mal être, sous fond d’une Amérique aux abois, face à une déstructuration de l’espace (la ville de Détroit en proie à l’abandon social), et à l’apeurement d’une jeunesse en dilettante.  (Le film est dépourvu de présence et d’intervention adulte tout du long).

" à l'arrière des berlines"

 » à l’arrière des berline »

Parlons force et faiblesse du film à présent. Sa force c’est de rendre hommage à la nipponne effrayante aux cheveux gras de ‘The ring,’ tout en sachant garder et inventer un univers bien spécifique et propre à lui même. C’est de savoir ingérer une présence fantomatique tel le Michael Myers dans ‘Halloween’, et de terminer tout cela en polissant d’une couverture visuelle mirifique, digne des plus grands films d’auteurs d’autrefois (Tourneur, Lynch, Hughes, Clark). C’est de proposer également un score époustouflant d’une  raideur à nous faire crisser les dents, et chevaucher nôtre siège par peur d’une simple implication sonore dans nos oreilles, qui pourrait travailler et faire effet, même sans les images pour appui, c’est pour dire!

Les faiblesses à présent. Même si la métaphore sur la difficulté de supporter son adolescence et la perte de sa virginité dans un climax filandreux et ostentatoire, à la fois puritain et contraignant, malsain et très peu ragoûtant, est bien maitrisée et établie de la part de « David Robert Mitchell », parfois, le métrage est pesant sur certaines formes allégoriques de son propos. Mais bon ce serait un Larry Clark à chroniquer, je pourrais titiller le script de fond en comble, connaissant les envies directrices du monsieur, mais là ce n’est pas le cas, Car ce n’est là que la forme du sujet. Le fond c’est bel et bien, ce qu’il met en avant, à savoir l’horreur présente et omnisciente, qui va sous une forme déterminée (elle requiert une enveloppe charnelle pour traquer ses proies), essayer d’éliminer un à un tous ceux et celles qui auront le malheur de goûter au fruit défendu. (tiens d’ailleurs qui de l’œuf ou de la poule?). Sur cet aspect là, le scénario avance avec une lenteur révélée qui  permet au film malgré lui, de nous apercevoir du manque de rythme, parfois poseur, et d’une nonchalance de la part du personnage principal, (campé par la très douée  Maika Monroe qui joue toute en retenue) qui à chaque frayeurs, qui je l’avoue, sont d’une  teneur réellement angoissantes (voir l’arrivée de la « présence » dans sa chambre au début du film), n’hésite pas à partir se perdre de longues minutes durant, dans un parc…sombre…assise sur une balançoire! Ou bien encore de prendre la voiture à deux reprises, mais ne pensant jamais à foncer sur la « chose »  se trouvant juste face à elle!

Mis à part ses petits couacs d’un œil assurément avéré qui regarde et décrypte le moindre détail par souci du détail, justement, je me dis que quand une œuvre à tant à offrir, et que l’on s’aperçoit de sa légère faiblesse scénaristique, c’est que le reste doit être forcément bon, non?. It Follows pour cela remplit bien son quota d’effroi, nous manipule avec justesse, et nous permet de sortir de la salle, en regardant par dessus son épaule, sait on jamais ce qu’il peut se passer….

BANDE ANNONCE:

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Scénario 85%
Mise en scène 83%
photographie 81%
Bande sonore 98%
Ambiance générale 83%
Acteurs 82%
Vote final

Pour l'aspect suffoquant du film qui joue et métamorphose sa peur 'd'être' avec magnificence, grâce à ses cadrages serrés et posés à la manière d'un "The ring". Pour l'hommage porté a "Halloween" et à "Christine" du maître Big john Carpenter. Pour la musique omniprésente et envoûtante digne des plus grands scores de John Carpenter, pour la métaphore sur l'adolescence que n'aurait pas renié Françoise Dolto ou les films les plus malsains de Larry Clark, pour cet aspect pesant et d'une rigueur hors norme que l'on retrouve chez Lynch, Tourneur, et parfois chez John hughes. Pour tout cela "It follows" est un bon film.. Par contre, pour le manque d'engagement sanguinolent, annoncé en ouverture du film (scène de la plage), et qui à aucun moment ne sera reitéré, ni dans les scènes de traque et d'approche mortuaire qui s'en suivent. Déception importante. Mais ce serait bouder son plaisir de ne pas participer à 100%, au visionnage de cette bonne série B, qui en rappelle d'autres du même acabit, mais à une époque différente...

Note finale 85%
Note des Lecteurs
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