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Inferno : Pas le navet annoncé !


Dans « Inferno », le célèbre expert en symbologie suit la piste d’indices liés au grand Dante lui-même. Robert Langdon se réveille dans un hôpital italien, frappé d’amnésie, et va devoir collaborer avec le docteur Sienna Brooks pour retrouver la mémoire. Tous deux vont sillonner l’Europe dans une course contre la montre pour déjouer un complot à l’échelle mondiale et empêcher le déchaînement de l’Enfer…

  • Réalisateur(s): Ron Howard
  • Acteurs principaux: Tom Hanks, Felicity Jones et Ben Foster
  • Date de sortie: 09/11/2016
  • Nationalité: Américaine

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« Inferno » est la troisième adaptation sur grand écran de l’oeuvre de Robert Langdon, avec le choix curieux des producteurs ayant préféré s’attaquer à la quatrième aventure de Langdon avant de s’attaquer à la précédente, « The lose symbol ». Sorti en 2006, « Da vinci code » a permis de faire émerger l’oeuvre de Langdon dans une enquête passionnante et qui a su captivé plus de 4 millions de spectateurs en salles. La suite « Anges et démons », sorti 3 ans après avait en revanche, déçu avec un lot d’invraisemblances. Ron Howard reprend sa saga phare, avec ce troisième volet, après avoir réalisé deux excellents films qui n’ont pas eu le succès escompté : « Rush » (2013) sur la confrontation entre deux champions de formule 1 Nikki Lauda et James Hunt, et « Au cœur de l’océan » (2015) sur le remake du mythe Moby Dick. Dans cette saga centrée sur le fait religieux et sur l’art, « Inferno » doit son titre (l’Enfer en italien) à la première des trois parties de La Divine Comédie de Dante, premier grand texte de la littérature italienne du XIVème siècle.

Tourné autant que possible dans des lieux naturels (et notamment dans la Basilique Saint Marc de Venise), « Inferno » suit Robert Langdon, le même personnage que « Da Vinci » et « Anges et démons » toujours incarné par Tom Hanks. Le film commence lorsque celui-ci est hospitalisé après un mystérieux accident. Frappé d’amnésie et victime d’hallucinations, Langdon va demander l’aide de son médecin Sienna Brooks pour l’aider à retrouver la mémoire, sur fond de complot mondial, lorsqu’un gourou du nom de Bertrand Zobrist projette de déverser un virus qui décimerait la moitié de la population mondiale sous couvert d’une argumentation fumeuse. Précisons d’abord qu’il n’est pas forcément nécessaire d’avoir vu ou revu les films précédents (si ce n’est pour apprécier le jeu de Tom Hanks), les enquêtes n’ayant aucun lien d’un film à l’autre.

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Si les premières minutes sont assez confuses (dans ce qui est d’ordre réel ou cauchemardesque), « Inferno » trouve vite son rythme de croisière, en proposant un scénario plus intello qu’un James Bond, ou plus pointu qu’un Mission impossible. Ron Howard amène une vraie réflexion autour de ce qui est vrai et ce qui est d’ordre du fantasme ou du cauchemar. Même si le film contient un certains nombre d’invraisemblances, ce véritable jeu de pistes parvient à nous tenir en haleine où des éléments dans les tableaux apportent des indices afin de retrouver Zobrist et de résoudre l’énigme. Il faut avouer que ce thriller est réellement pétri de défauts : une mise en scène datée et laborieuse (loin du souffle épique de ses deux chefs d’oeuvre « Rush » et « Au cœur de l’océan »), une bande-son qui n’imprime pas dans nos têtes, les rebondissements parfois peu crédibles. Mais pourtant, Ron Howard parvient avec très peu de choses (le risque d’un génocide mondial par un virus mortel ou encore le jeu toujours impeccable de Tom Hanks) à réussir l’essentiel : accrocher le spectateur à son fauteuil, et ce malgré les longueurs qui émaillent son long-métrage.

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SCENARIO 73%
MISE EN SCENE 61%
ACTEURS 74%
PHOTOGRAPHIE 67%
BANDE SON 63%
APPRECIATION GENERALE 65%
Vote final

Au final, « Inferno » est loin d'être une réussite sur le plan formel en raison de nombreux défauts plastiques et rythmiques. Et pourtant, ce n'est pas le navet annoncé, le fil certes mince du récit parvient à captiver, et n'est-ce pas là l'essentiel pour un thriller de provoquer du suspense ?

Note finale 67%