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Grand froid : Un western mortuaire burlesque


Dans une petite ville perdue au milieu de nulle part, le commerce de pompes funèbres d’Edmond Zweck bat de l’aile. L’entreprise ne compte plus que deux employés : Georges, le bras droit de Zweck, et Eddy, un jeune homme encore novice dans le métier. Un beau matin, pourtant, un mort pointe son nez. L’espoir renaît. Georges et Eddy sont chargés de mener le défunt jusqu’à sa dernière demeure. Mais, à la recherche du cimetière qui s’avère introuvable, le convoi funéraire s’égare et le voyage tourne au fiasco.

 

  • Réalisateur(s): Gérard Pautonnier
  • Acteurs principaux: Jean-Pierre Bacri, Arthur Dupont, Olivier Gourmet
  • Date de sortie: 28/06/2017
  • Nationalité: Française

« Grand froid » est le premier long-métrage de Gérard Pautonnier, après avoir travaillé dans la publicité et la télévision. Après avoir adapté un roman de Joël Egloff « L’étourdissement », pour son premier court-métrage en 2008 récompensé par de nombreux prix, le cinéaste a décidé de poursuivre cette collaboration fructueuse. Pautonnier adapte cette fois le premier roman d’Egloff « Edmond Ganglion et fils » paru en 1999. Il en change cependant de nombreux éléments spatio-temporels. Au lieu du petit village pendant un été caniculaire, Pautonnier a choisi l’hiver sous la neige pour des choix symboliques. Comme il le déclare : « J’ai voulu que tout devienne encore plus intemporel et gommer toutes les références géographiques en créant une sorte de petite ville « western », perdue au milieu de vastes paysages enneigés où tout se confond et où il est facile de se perdre. »

« Grand froid » s’inscrit dans la même veine que bon nombre de films belges, où l’absurde et l’humour noir sont omni-présents. Parmi les références implicites, on pense à « Dikkenek » (2006), « Bullhead » (2011) ou encore au « Tout nouveau testament » (2015). On se retrouve donc dans une bled paumé, au fin fond de nulle part, comme un no man’s land. Au milieu d’une grande avenue, deux commerces se font face : un restaurant chinois et une agence de pompes funèbres. Cette dernière bat sérieusement de l’aile, par le manque de clients. Jusqu’à ce qu’une femme débarque pour enterrer son mari. C’est sans compter sans l’amateurisme des agents et les multiples rebondissements qui vont émailler ces drôles de funérailles. L’une des bonnes idées du récit est d’avoir confié le premier rôle au truculent Jean-Pierre Bacri, à qui le rôle de croque-mort sied à merveille. Avec Arthur Dupont empreint de naïveté et enchaînant les bêtises, ils forment un duo de choc qui ne vont que constater leurs propres erreurs. Parallèlement, on suit Zweck, le directeur de l’agence de pompes funèbres (incarné avec talent par Olivier Gourmet) souhaitant faire des économies au point de ne pas vouloir payer ses employés. De son côté, la famille du défunt qui, à la suite d’une embardée, va se retrouver coincé sur un lac gelé.

Si le film funéraire était jusqu’alors porté par deux films : « Bouquet final » (2008) avec Didier Bourdon, et le film britannique « Joyeuses funérailles » (2007), « Grand froid » se fait indéniablement une belle place. Gérard Pautonnier parvient à ne jamais rendre son film ennuyeux, en enchaînant les surprises et les rebondissements ubuesques avec un aspect loufoque fort plaisant. Comme tous les premiers films, « Grand froid » n’est pas dénué de maladresses : un scénario qui s’étiole un peu dans les vingt dernières minutes, mais aussi des personnages intéressants abandonnés en cours de route (madame Sicka). Néanmoins, le film est une bouffée d’air frais dans son ton décalé et original empreint d’un surréalisme euphorisant. L’impression de western évoqué par le cinéaste se retrouve dans la mise en scène, avec des références assumées dans les regards entre les personnages, ce jeu sur les grands espaces et sur cette nature qui opère comme une barrière d’enfermement sur les personnages.

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SCENARIO 76%
MISE EN SCENE 79%
ACTEURS 83%
PHOTOGRAPHIE 75%
BANDE SON 73%
APPRECIATION GENERALE 72%
Vote final

Fable singulière et acide, « Grand froid » est une comédie noire réussie (malgré quelques maladresses), invoquant le meilleur de l'humour belge et anglo-saxon. Jean-Pierre Bacri excelle dans son rôle de croque-mort, Gérard Pautonnier livrant un film attachant et insolite.

Note finale 76%