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Gaspard va au mariage : Inégal et inclassable (Disponible en DVD)


Après s’être tenu prudemment à l’écart pendant des années, Gaspard, 25 ans, doit renouer avec sa famille à l’annonce du remariage de son père. Accompagné de Laura, une fille fantasque qui accepte de jouer sa petite amie le temps du mariage, il se sent enfin prêt à remettre les pieds dans le zoo de ses parents et y retrouver les singes et les fauves qui l’ont vu grandir… Mais entre un père trop cavaleur, un frère trop raisonnable et une sœur bien trop belle, il n’a pas conscience qu’il s’apprête à vivre les derniers jours de son enfance.  
  • Réalisateur(s): Antony Cordier
  • Acteurs principaux: Félix Moati, Laetitia Dosch, Christa Théret
  • Date de sortie: 31/01/2018
  • Nationalité: Française

Troisième long-métrage après « Douches froides » et « Happy few », deux films qui traitaient de jeux amoureux tendus, Antony Cordier poursuit sa réflexion avec un film plus solaire que ses précédents. Pour ce faire, il s’est inspiré d’un roman de son enfance racontant la vie de Claude Caillé, créateur du zoo de la Palmyre. Tourné pendant 6 semaines dans un petit zoo (dans le parc du Reynou dans le Limousin), « Gaspard va au mariage » met en scène une relation fusionnelle, voire symboliquement incestueuse, dans cette famille particulière. Après le triolisme dans « Douches froides » et l’échangisme dans « Happy few », Antony Cordier aborde un nouveau sujet amoureux, de manière beaucoup plus implicite.

« Gaspard va au mariage » commence de manière étonnante, où l’on suit un groupe d’activistes qui s’attachent à des rails en guise de protestation. De ce train, sort Gaspard (Félix Moati) qui va trébucher sur Laura (Laetitia Dosch). Après avoir fait connaissance, Gaspard, en chemin pour le mariage de son père, va lui proposer de former avec elle un faux couple dans le but de « faire bien » pour sa famille bien dysfonctionnelle. Evidemment, on retrouve avec plaisir tous ces comédiens, en particulier la mesquinerie enfantine brillant dans le regard de Félix Moati, ou encore le talent de Christa Théret. Marina Fois excelle également dans le second rôle de la mère, trompée à répétition par le patriarche. Le premier quart d’heure du film appelle à l’optimisme : des personnages excentriques, le cadre de ce zoo sublime et bien mis en valeur par la photographie de Nicolas Gaurin, une espièglerie dans ce canevas initial de tromperie envers sa propre famille, possédant un aspect très réjouissant.

Malheureusement, « Gaspard va au mariage » donne l’impression d’un grand bric-à-brac, avec un scénario finalement vain. Ce découpage en quatre parties comme autant de morales assénées au public nous apparaît comme assez inutiles et futiles. On retrouve quelque chose de Woody Allen, ou encore Noah Baumbach, pour lesquels les dialogues verbeux et philosophiques, ainsi que les marivaudages amoureux prennent toute la place sur le scénario qui nous apparaît ici comme étonnamment plat. Les amateurs du cinéma « allenien » devront apprécier, les autres resteront sur leur faim de ce film à la finalité dérisoire.

 

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SCENARIO 58%
MISE EN SCENE 63%
ACTEURS 69%
PHOTOGRAPHIE 66%
BANDE SON 53%
APPRECIATION GENERALE 54%
Vote final

Farfelu et foutraque, "Gaspard va au mariage" est un film dispensable. Malgré l'énergie de ses comédiens et la malice de son canevas de départ, le scénario trop empatté et verbeux ne semble pas suffisamment abouti pour nous accrocher.

Note finale 60%