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Free love : Bouleversant !


Années 2000. Laurel, est une brillante inspecteur du New Jersey. Sa vie bascule le jour où elle rencontre la jeune Stacie. Leur nouvelle vie s’effondre quand Laurel découvre qu’elle est atteinte d’un cancer en phase terminale. Laurel a un dernier souhait : elle veut que sa pension revienne à la femme qu’elle aime, mais la hiérarchie policière refuse catégoriquement. Laurel et Stacie vont se battre jusqu’au bout pour faire triompher leurs droits.

  • Réalisateur(s): Peter Sollett
  • Acteurs principaux: Julianne Moore, Ellen Page, Steve Carell
  • Date de sortie: 10/02/2016
  • Nationalité: Américaine

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Après « Carol » et « The danish girl » dont je vous avait parlé ici, voici un nouveau film qui aborde une relation entre deux femmes. Après le récit situé dans l’Amérique des années 50 dans « Carol », et l’histoire du changement de sexe dans « The danish girl », Peter Sollett (qui signe ici son troisième long-métrage) inscrit son récit avec Free love (Freeheld pour son titre original) dans l’Amérique au début des années 2000. Le réalisateur s’est donc inspiré de cette histoire vraie de Laurel, décédée en 2006 d’un cancer et Stacie, plus jeune que Laurel, un couple se battant pour les droits homosexuels. Ron Nyswaner, le scénariste de Free Love explique l’intérêt d’adapter ce fait divers au cinéma : « J’ai eu envie de raconter l’histoire de Laurel et Stacie parce qu’il s’agissait de personnes comme vous et moi, menant une vie ordinaire, qui se sont retrouvées dans une situation extraordinaire et qui y ont fait face de manière extraordinaire. »

« Free love » suit d’abord Laurel, cette policière qui se bat tous les jours pour se faire respecter de la part de ses collègues masculins, malgré son talent d’inspectrice, de par le sexisme de ce milieu, plus présent encore à cette époque. Alors qu’elle est sur une affaire importante, elle passe son temps libre à pratiquer du volley-ball dans un club de femmes qui aiment les femmes. Et c’est lors d’un match où la jeune Stacie va avoir un véritable coup de foudre. Très opposées dans leur caractère et dans leur physique (Laurel est féminine et plutôt féministe, alors que Stacie, plus masculine et devenant mécanicienne). Mais on ne peut pas accuser le film de distiller des clichés, car tout cela est vrai dans l’histoire de ces femmes, comme en témoigne les clichés véritables des deux femmes en toute fin du film. Une fois leur histoire d’amour commencée, leur but perpétuel sera de s’intégrer dans la société, et vivre comme tout le monde, en achetant une maison en banlieue et prenant un chien).

Jusqu’au jour où Laurel apprend qu’elle souffre d’un cancer incurable. Avant de partir, elle veut que sa pension soit accordée à sa compagne ; seulement voilà à cause de leur orientation sexuelle, elles n’ont pas le droit, et elles doivent convaincre un jury de 5 personnes de leur accorder ce nouveau droit et modifier la loi.

Le film de Peter Sellett est une pierre de plus (qui s’avère nécessaire) dans l’acceptation des droits des homosexuels par le biais d’une histoire d’amour, après le formidable La vie d’Adèle. L’intelligence du film est d’accorder une part importante à tous les rôles : le collègue de Lorel, préférant cacher son homosexualité, mais aussi l’avocat (joué par Steve Carrell) qui essaie de se servir de cette affaire pour défendre le mariage gay. Et bien entendu, les membres des jurés du tribunal, qui discutent et réfléchissent sur cette affaire, dont un semble hésiter à défendre les deux femmes. Absolument bouleversant, le film pose un regard tendre envers ces deux femmes, formidablement interprétés par Julianne Moore et Ellen Page, qui dégage une réelle alchimie. Fortement utile en ces temps de retour en arrière sur les droits des homos les plus élémentaires (le film démontre que certains membres du jury possédaient 2 à 3 pensions de leur ex-femme, et invoquaient les économies à faire pour refuser de leur accorder), « Free love » est un drame puissant émotionnellement. Si la mise en scène se révèle trop classique et sage malheureusement (le bémol le plus criant), cela freine que très légèrement l’engouement de ce film, nécessaire et franchement émouvant.

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SCENARIO 86%
MISE EN SCENE 70%
ACTEURS 92%
BANDE SON 89%
PHOTOGRAPHIE 84%
APPRECIATION GENERALE 91%
Vote final

Puissant émotionnellement, "Free love" est un film nécessaire et bouleversant, malgré une mise en scène un poil trop sage, cela ne freine que très légèrement mon engouement pour ce film franchement émouvant. A noter la bande son formidable d'Hans Zimmer !

Note finale 85%