Nos avis Ciné

Félix et Meira : conventionnel


Félix, hurluberlu francophone sans le sou, dont le père fortuné est mourant. Meira, juive hassidique mariée et mère d’un enfant, à la recherche de nouveauté. Les deux êtres tombent amoureux l’un de l’autre en dépit de leur différence.

  • Réalisateur(s): Maxime Giroux
  • Acteurs principaux: Martin Dubreuil, Hadas Yaron, Luzer Twersky
  • Date de sortie: 04/02/2015
  • Nationalité: Canadienne

87_felix-et-meira1

Présenté en compétition internationale lors du 34ème Festival International du film d’Amiens, « Félix et Meira » m’a été présenté  avec une sacré réputation et uné étiquette de « favori » puisque le film a remporté le Prix du meilleur film canadien au dernier Festival du film de Toronto, au nez et à la barbe (si l’on peut dire) de Xavier Dolan (et son formidable « Mommy ») et de David Cronenberg (et de son plus mitigé « Maps to the stars »). De plus, l’incroyable bouche-à-oreille dans le public festivalier ne faisait qu’accroître l’attente de ce film.

Selon moi, « Félix et Meira » reste deux bons crans en dessous du choc émotionnel de « Mommy », même si le film dégage une certaine douceur intéressante par moments. Le film aborde un thème relativement classique, maintes fois rebattu au cinéma, à savoir la rencontre amoureuse, et du « trio classique » (le mari trompé, la femme et l’amant), ici sous fond de religion, puisque le personnage s’ennuie dans sa communauté juive hassidique, et maltraitée, si l’on peut dire, par son mari. Même si l’on ressent bien que le film marque son ambition d’être plus complexe et plus sensible que la moyenne des comédies romantiques classique, il reste malgré tout terriblement conventionnel dans sa narration et souvent assez ennuyeux.

En réalité, le grand intérêt de ce film repose essentiellement sur ses 3 acteurs (Martin Dubreuil pour le rôle de l’amant, Hadas Yaron et Luzer Twersky pour le couple qui joue constamment sur l’ambiguité entre attirance et répulsion). Ce n’est pas pour rien d’ailleurs que les deux interprètes qui forment le couple ont remportés tous deux, le prix d’interprétation dans cette compétition internationale (même si j’ai une petite pensée pour David Gulpilil, le héros de « Charlie’s Country »). A l’intérieur de ce trio d’acteurs qui jouent juste, il faut reconnaitre que le point de vue le plus intéressant, et pas forcément le plus abordé au cinéma, est celui du mari trompé, qui en plus de donner au film un contre-poids,  s’accapare de l’écran en l’espace de deux scènes  : la scène du face à face avec l’amant avec ce plan fixe où chacun se trouve d’un côté du cadre, isolé. Empreinte à la fois d’une tension incroyable mais sans tomber dans une retenue trop facile, cette scène porte finalement à elle seule le film. La scène où le mari retire ses attributs factices (chapeau, fausses barbes) est aussi une mise à nue, porté par un désespoir, qu’il aurait été passionnant de poursuivre. Malgré cela, le film est globalement décevant dans sa mise en scène relativement classique, et d’une photographie terne.

Il est utile également de dire que la séance fut quelque peu gâchée par une bande de collégiens juste à coté de moi qui n’arrêtaient pas de gesticuler, parler ou rire. Un second visionnage serait, peut-être, intéressant pour en capter les éventuelles subtilités.

– See more at: http://www.nosmeilleursfilms.fr/wp-admin/post-new.php#sthash.YkXvrWor.dpuf
– See more at: http://www.nosmeilleursfilms.fr/wp-admin/post-new.php#sthash.YkXvrWor.dpuf
email
SCENARIO 54%
MISE EN SCENE 57%
PHOTOGRAPHIE 56%
ACTEURS 84%
APPRECIATION GENERALE 52%
Vote final

"Félix et Meira" manque d'envergure et de sentiments pour réellement toucher et émouvoir le spectateur. Son formalisme scénaristique et sa mise en scène ronde et cloisonné ne séduisent pas totalement. Reste trois acteurs convaincants et quelques belles scènes...

Note finale 60%