Nos avis Ciné

Drive [Critique]



« Drive », c’est l’histoire de…

Un jeune homme dont on ne saura jamais le nom, surnommé « The Driver » (le pilote), est cascadeur le jour et chauffeur pour des truands la nuit. De nature réservée et peu bavarde, il ose tout de même se rapprocher de sa jolie voisine, mère et femme de prisonnier. Lorsque ce dernier est libéré et attaqué par des mafieux qui menacent la vie de sa famille, The Driver lui apporte son aide mais tout ne se passe pas comme prévu.

« Drive », Meilleur Film … ou pas ?

Ce qui frappe en premier dans « Drive », c’est sa scène d’ouverture. Bien qu’a priori un peu déjà vue, les plans, le montage, la bande son et la quasi-absence de dialogues rendent une tension prenante qui oblige le spectateur à s’agripper à son siège pendant les dix premières minutes.

Par la suite, le rythme est plus posé et la narration s’appuie davantage sur les ambiances peu loquaces, à l’image du personnage principal. Le contraste avec la scène d’ouverture peut décevoir au début mais on se laisse facilement emporter par les nombreuses scènes de transition où l’on parcoure les rues de L.A. de nuit, interludes de plus en plus puissants et sensés au fur et à mesure que le film avance. Le malaise s’installe petit à petit sans qu’on y prête attention, l’ambiance cotonneuse laissant la place à une violence d’abord discrète puis carrément obscène, jouant sur l’effet de surprise et le passage d’un extrême à l’autre, formidable retranscription de la nature humaine dans ce genre de contexte quand on y pense. Je ne mentionnerai pas le lieu de LA séquence qui deviendra bientôt culte pour ne pas vous gâcher la surprise…

Les scènes sont toujours justes, sans effusions parce qu’un jeu de regards vaut toujours mieux que de longs discours enflammés et clichés. Certains diront que Ryan Gosling, qui interprète The Driver, n’a aucun charisme et aucune expression, mais c’est bien là le génie de son personnage ; les rares mots qui sortent de sa bouche en sont d’autant plus percutants. J’ai cependant eu un peu plus de mal avec le personnage féminin, joué par Carey Mulligan, qui sans être insupportable, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable dans sa performance de la jeune mère, petite blonde fragile et timide.

Autre point qu’on ne peut que remarquer, la bande originale. Là encore, on en prend plein la figure dès la première scène. Cette BO figure dans mes écoutes en boucle depuis que j’ai vu le film tant elle en est l’ombre musicale et pas seulement un accompagnement. Un morceau surtout, « Nightcall », celui du générique de début, vous poursuivra longtemps, je vous le garantis. Certains voient en cette BO riche de synthés et chants féminins fluets un vibrant hommage aux années 80, d’autres y voient des compositions on ne peut plus modernes. De même pour le long-métrage lui-même finalement, bourré de petits clichés des « années Tom Cruise » comme j’aime à les appeler, styles et attitudes trop virils pour être honnêtes (le blouson de The Driver est déjà culte). L’essentiel est que tout cela ne laisse personne indifférent.

Conclusion :

Au final, je suis ressortie de « Drive » en ne sachant pas vraiment si je venais de voir l’un des films de l’année ou une histoire de vengeance un peu lente mais je ne savais pas non plus ce à quoi je m’attendais avant la séance. Sortie de la salle un peu déçue, j’ai cependant depuis une envie irrépressible de le revoir… pour les bonnes raisons.

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