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Downsizing : Un film miniature…


Pour lutter contre la surpopulation, des scientifiques mettent au point un processus permettant de réduire les humains à une taille d’environ 12 cm : le « downsizing ». Chacun réalise que réduire sa taille est surtout une bonne occasion d’augmenter de façon considérable son niveau de vie. Cette promesse d’un avenir meilleur décide Paul Safranek  et sa femme à abandonner le stress de leur quotidien à Omaha (Nebraska), pour se lancer dans une aventure qui changera leur vie pour toujours. 
  • Réalisateur(s): Alexander Payne
  • Acteurs principaux: Matt Damon, Kristen Wiig, Christoph Waltz
  • Date de sortie: 10/01/2018
  • Nationalité: Américaine

La miniaturisation humaine a été très souvent utilisée au cinéma. Parmi les exemples les plus marquants, on peut citer « L’homme qui rétrécit » (Jack Arnold – 1957), « L’aventure intérieure » (Joe Dante – 1987) ou encore « Chérie, j’ai rétréci les gosses » (Joe Johnston – 1989). Ce parti-pris va à l’encontre du cinéma hollywoodien et sa fameuse maxime « bigger than life » s’accompagnant d’une surenchère d’effets spéciaux. Cette fois, c’est Alexander Payne qui s’y colle après avoir signé « The descendants » ou encore « Nebraska ». Avec un budget estimé entre 65 et 90 millions de dollars, « Downsizing » est le film le plus cher de Payne, un budget qui s’expliquer par des effets spéciaux assez scotchants et bien faits.

Projet long de 10 ans, « Downsizing » commence comme une dystopie pas si éloignée du point de départ de l’excellent « Seven sisters » (de Tommy Wirkola). Pour lutter contre la surpopulation humaine et les effets dévastateurs sur l’environnement, le gouvernement commercialise une invention norvégienne : le downsizing. Cette invention consiste à rapetisser chaque être humain à la taille de 12 cm de haut !

La première demie-heure de « Downsizing » est franchement plaisante. On y suit Paul et sa femme Audrey, attirés par les énormes avantages de cette manoeuvre. Fini le stress, son compte bancaire s’en trouve gonflé, et les objets de luxe dans le monde réel deviennent tout de suite très accessibles de par leur miniaturisation. Juste après l’opération de Paul, celui-ci apprend qu’Audrey a fait marche arrière. Commence alors l’adaptation de Paul (tout seul) à ce monde miniature qui lui ouvre les portes à des perspectives plus grandes.

Le sujet de départ ainsi que la réflexion autour du sens du bonheur (et de cette question sempiternelle dont on connait la réponse : l’argent fait-il le bonheur?) avaient franchement de quoi nous réjouir. Malheureusement, (et contrairement à « Seven sisters »), « Downsizing » miniaturise aussi son scénario, devenant de moins en moins intéressant au fil des looongues minutes. L’univers de « Downsizing » avait de quoi comporter moult rebondissements, des confrontations avec des autres habitants qui pourraient regretter leur choix irréversible, un discours politique appuyé et engagé et des « cohabitations » plus marqués entre « humains » et « liliputiens ». Au lieu de cela, « Downsizing » s’enferme dans une love-story peu intéressante avec une asiatique handicapée (avec un doublage VF extrêmement caricatural et agaçant). Matt Damon demeure comme à son habitude très convaincant, mais c’est bien là l’un des seuls points positifs de ce film qui s’enfonce dans des pseudos réflexions psychologiques qui enfoncent des portes ouvertes. Le pire demeure cette dernière demie-heure dérivant vers un discours écolo plombant et peu inspiré, reprenant même l’épisode de la Bible de l’arche de Noé. Le dernier plan du film mou et qui ne raconte plus rien vient achever un long-métrage qu’on peut qualifier de premier grand gâchis de 2018…

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SCENARIO 48%
MISE EN SCENE 58%
ACTEURS 62%
PHOTOGRAPHIE 58%
BANDE SON 51%
APPRECIATION GENERALE 47%
Vote final

Loin d'explorer tous les champs des possibles, "Downsizing" se contente de se moquer beaucoup trop gentiment de l'American Way of life. Malgré une première demie-heure convaincante, le film semble miniaturiser progressivement son scénario pour le rendre de moins en moins passionnant, pour finalement devenir le premier grand gâchis de l'année...

Note finale 54%