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Don’t breathe, la maison des ténèbres : Excellent huis clos angoissant !


Interdit aux moins de 16 ans. Pour échapper à la violence de sa mère et sauver sa jeune sœur d’une existence sans avenir, Rocky est prête à tout. Avec ses amis Alex et Money, elle a déjà commis quelques cambriolages, mais rien qui leur rapporte assez pour enfin quitter Détroit. Lorsque le trio entend parler d’un aveugle qui vit en solitaire et garde chez lui une petite fortune, ils préparent ce qu’ils pensent être leur ultime coup. Mais leur victime va se révéler bien plus effrayante, et surtout bien plus dangereuse que ce à quoi ils s’attendaient…

  • Réalisateur(s): Fede Alvarez
  • Acteurs principaux: Stephen Lang, Jane Levy, Dylan Minette
  • Date de sortie: 05/10/2016
  • Nationalité: Américaine

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Après avoir réalisé le terrifiant remake d’ « Evil Dead », le réalisateur uruguyen Fede Alvarez s’attèle à son deuxième long-métrage « Don’t breathe », en refaisant appel à l’actrice de son premier film Jane Levy. Tourné en grande partie en Hongrie, le cinéaste a tenu a accorder une place importante à cette maison où a lieu l’action. Il explique : « Pour une histoire comme celle-ci, nous avions besoin d’une maison qui se trouve dans une rue et un quartier bien précis. Habituellement, pour ce genre de film on essaie de troiver une maison effrayante située dans une jolie rue, alors qu’ici, c’est le contraire. La rue est déprimante, effrayante et il s’agit de l’unique maison encore entretenue. ». L’histoire du film est assez simpliste à résumer au départ où trois jeunes décident de cambrioler la maison d’un aveugle. Malgré le côté immoral du méfait, ils pensaient que ce ne serait qu’un jeu d’enfant, sauf que le cinéaste a voulu déformer la figure habituelle du handicap. Ainsi, pour lui : « Tout est parti de l’aveugle, un personnage assez inhabituel au cinéma où les personnages handicapées sont souvent présentées de manière positive. Or, dans Don’t Breathe, nous avons choisi de prendre le contrepied de cette image. L’Aveugle est très ingénieux, c’est un vrai dur à cuire et le dernier habitant d’un quartier déserté. »

Dans son précédent film « Evil dead », Fede Alvarez s’était illustré pour son côté gore fidèle à l’esprit du film original de Sam Raimi. Cette fois, le cinéaste délaisse la partie sanguinolante pour laisser une place bien plus importante au suspense. Dès le premier plan filmé en plongée, on perçoit deux taches avançant lentement sur une route déserte, avant que la caméra se rapproche et que nous comprenions qu’un homme est en train de tirer une jeune femme inanimée par les cheveux. Par ce plan en apparence simple, le film nous immerge dans une atmosphère sombre et glauque, qui diffère avec les productions horrifiques américaines habituelles qui ont tendance à être un peu trop formatées. Le film commence par présenter ces trois ados et la raison de leur braquage en s’intéressant particulièrement à Rocky, cette jeune femme qui vole pour pouvoir éloigner sa petite sœur du domicile toxique de ses parents. Puis, Rocky et ses deux amis infiltrent la maison de cet homme aveugle, qui comble son handicap par une audition parfaite, et la moindre respiration ou le moindre bruit suspect peut être mortel pour ces trois cambrioleurs amateurs.

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« Don’t breathe, la maison des ténèbres » se distingue par un travail minitieux de l’espace. Fede Alvarez parvient à exploiter le huis clos dans le moindre recoin. A l’arrivée des trois jeunes, on découvre en plan-séquence l’intérieur de cette maison en passant d’un personnage à l’autre avec une grande fluidité. Le film suit ces personnages en train de chercher l’argent du propriétaire fortuné, puis la sortie de cette maison, et l’espace se construit comme un vrai labyrinthe hyper stimulant où l’on passe des bouches d’aération aux sous-sols de la bâtisse. Du moindre petit espace, Alvarez crée un suspense vraiment prenant, où l’on se demande constamment comment les personnages vont parvenir à s’échapper de cette maison. D’autant que le vieil homme aveugle n’est pas le seul danger, puisque celui-ci est accompagné d’un énorme rottweiler furieux, qui lui a bien ses yeux et compte bien attaquer tout ce qui bouge. On repense d’ailleurs à « Desierto », où un américain raciste traquait les mexicains à la frontière, aidé d’un chien aux crocs acérés.

En réalité, nous sommes ici dans un home-invasion movie (traduisez simplement par l’invasion d’une maison par un ou plusieurs inconnu) sauf que le point de vue est inversé ici. Car si le film s’attèle à brouiller les pistes entre les gentils et les méchants, il suit avec plus d’empathie ces trois jeunes cambriolant la mauvaise maison. Le film n’est pas véritablement à ranger dans les films d’horreur mais ressemble plutôt à un thriller parfois assez malsain, avec un suspense prenant et quelques touches d’humour.

 

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SCENARIO 89%
MISE EN SCENE 85%
ACTEURS 86%
PHOTOGRAPHIE 87%
TROUILLOMETRE 87%
APPRECIATION GENERALE 92%
Vote final

Se distinguant par son travail intelligent de l'espace, « Don't breathe » se révèle être une excellente surprise. Enchaînant les rebondissements avec un rythme effréné, ce huis clos vous scotchera à votre fauteuil, aussi bien par sa mise en scène étouffante laissant une grande place au silence que par la performance flippante de Stephen Lang en vétéran de guerre aveugle et dérangé psychologiquement.

Note finale 87%