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Deux fils : Un portrait touchant d’une famille sur 3 générations (Sortie au cinéma le 13 février)


Comédie (France) de Félix Moati, avec Vincent Lacoste, Benoit Poelvoorde, Anais Demoustier. Sortie au cinéma le 13 février 2019.

Joseph et ses deux fils, Joachim et Ivan, formaient une famille très soudée. Mais Ivan, le plus jeune, collégien hors norme en pleine crise mystique, est en colère contre ses deux modèles qu’il voit s’effondrer. Car son grand frère Joachim ressasse inlassablement sa dernière rupture amoureuse, au prix de mettre en péril ses études de psychiatrie. Et son père a décidé de troquer sa carrière réussie de médecin pour celle d’écrivain raté. Pourtant, ces trois hommes ne cessent de veiller les uns sur les autres et de rechercher, non sans une certaine maladresse, de l’amour…

On connait tous Félix Moati en tant qu’acteur. Le fils du journaliste cinéphile Serge Moati enchaîne les rôles au cinéma depuis quelques années, en particulier depuis 2013 et son rôle dans « Télé gaucho » qui lui a valu une nomination au César du meilleur espoir masculin. On peut citer « Libre et assoupi », « Hippocrate », « A trois on y va », « Médecin de campagne » ou encore plus récemment « Simon et Théodore » et il fait actuellement parti du casting éblouissant de « Le grand bain » (avec il est vrai, un rôle très secondaire). Présent lors de cette avant-première, Félix Moati a précisé qu’il tenait particulièrement à être présent pour que son « bébé » puisse prendre son envol en cette date pour lui symbolique du 4 novembre, la première projection du film !

« Deux fils » raconte l’histoire de trois hommes d’une même famille à trois générations différentes. Le père de famille Joseph, incarné par Benoît Poelvoorde est dépressif et souhaite à tout prix trouver son accomplissement dans l’écriture. Ses deux fils, Joachim (Vincent Lacoste) et Ivan (l’épatant Mathieu Capella) ont aussi leurs propres névroses. Le grand frère Joachim a du mal à se remettre de sa dernière relation amoureuse. Quand à Ivan, collégien, il semble beaucoup plus mur que son âge et essaie de porter à bouts de bras sa famille. « Deux fils » gagne à être vu d’abord pour la qualité de son jeu d’acteurs, l’alchimie entre deux acteurs pourtant opposés physiquement et dans le jeu (à savoir Benoît Poelvoorde et Vincent Lacoste). Mathieu Capella est la révélation du film avec un personnage atypique qui boit déjà de l’alcool (à 13 ans) sans aucun gêne.

Avec ce portrait en filigrane de trois hommes d’une même famille (avec l’absence de la mère), « Deux fils » raconte la difficulté de trouver sa voie et de se remettre de ses échecs. Félix Moati livre aussi une réflexion fascinante sur ce moment de bascule où c’est le fils qui doit prendre soin de son père, et plus l’inverse. L’acteur-réalisateur présent à Arras livre un récit personnel avec un panorama de Paris différent. Il a déclaré à l’occasion de ce film, qu’il a filmé dans les lieux qu’il fréquente quotidiennement, aidé par un chef-opérateur de renom Yves Angelo (qui a notamment oeuvré dans « Germinal »). Avec une bande-son très jazzy, « Deux fils » mêle habilement l’humour et le drame, et ce, dès la scène d’ouverture où Joseph « essaie » un cercueil pour son frère et s’aperçoit qu’il est trop petit. On ne sait pas trop si on doit rire ou pas. A ce sujet, Félix Moati a livré qu’il était surpris de constater que le public riait lors de séquences dramatiques, et ne riait pas pendant des scènes comiques. Si le scénario manque un poil de rigueur, Moati livre un premier film convaincant et encourageant pour la suite.

 

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SCENARIO 66%
MISE EN SCENE 75%
ACTEURS 82%
PHOTOGRAPHIE 81%
HUMOUR 79%
APPRECIATION GENERALE 75%
Vote final

Présenté en avant-première lors du Festival du film d'Arras, "Deux fils" est une tragi-comédie, tantôt tordante, tantôt émouvante sur trois hommes d'une même famille. Malgré quelques maladresses narratives, "Deux fils" est un premier film réussi pour Félix Moati, qui passe derrière la caméra avec une vraie sensibilité touchante. Notons l'interprétation impeccable de Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste et la révélation Mathieu Capella.

Note finale 76%