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Des lendemains qui chantent : Passionnant et nostalgique


Olivier et Léon, deux frères qui sont montés à Paris et que la vie a éloigné… Si le premier se voit comme un journaliste sans concessions, le second est un communicant ambitieux et opportuniste. Noémie, une charmante conseillère présidentielle, n’arrive pas, au fil des ans, à choisir entre eux. Sous le regard amusé de Sylvain, leur ami d’enfance, qui a fait fortune dans le minitel rose, leurs destins se croisent sur 20 ans, s’entremêlent, au cours d’une épopée drôle, tendre et nostalgique, dans les années 80/90.

  • Réalisateur(s): Nicolas Castro
  • Acteurs principaux: Pio Marmai, Laetitia Casta, Ramzy Bedia, Gaspard Proust
  • Date de sortie: 20/08/2014
  • Nationalité: Française
Une épopée politico-sentimentale forte

Une épopée politico-sentimentale forte!

Premier long-métrage de Nicolas Castro, « Des lendemains qui chantent » s’inscrit dans la veine d’un sous-genre du cinéma français, bien trop peu présent sur nos écrans,à savoir la politique, vu précisément ici sous un angle plutôt socio-politique. Après le petit bijou « Le nom des gens » et le militant « Télé gaucho » (deux films signés Michel Leclerc), ce film a d’abord l’intelligence de se dérouler sur plus de 20 ans (de l’élection de François Mitterrand en 1981 jusqu’au choc du 21 avril 2002) et de dépeindre avec douceur et nostalgie, l’évolution de la « Génération Mitterrand » et de montrer comment ce groupe de personnes a évolué dans leurs certitudes et a en même temps été déçu par les promesses non tenues, en évoquant les deux mandats de Mitterrand, les années « Tapie » ou encore l’arrivée du minitel puis d’Internet.

Nicolas Castro réalise une plongée fascinante dans la vie à cette époque. N’ayant pas connu ces années là (étant né en 1989), on s’attache très vite à cette galerie de personnages, entre ce père (André Dussolier, parfait comme d’habitude) désabusé de la gauche et qui cherche des réponses dans la religion, ces deux frères (Pio Marmai et Gaspard Proust) radicalement différents, amoureux de la même femme (Laetitia Casta) ou encore l’ami qui semble obnubilé par le commerce du sexe (la scène de la création de sa propre concurrence est vraiment savoureuse!)

Un fort parallèle avec la situation politique actuelle !

Un fort parallèle avec la situation politique actuelle !

 

L’un des grand point fort du film est le traitement de la politique qui se révèle assez fascinant et qui résonne avec la situation actuelle d’une manière troublante (on y voit par exemple, François Hollande abattu et en larmes à la suite de la défaite de 2002, ou encore Le Pen qui chante à tue-tête le même soir « Qu’est ce qu’on attend pour être heureux? »). Le film interroge également l’engagement politique avec retenue et amertume et donne l’impression qu’au final, entre le début chronologique du film en 1981 jusqu’à la fin en 2002, rien (ou presque) n’a changé  dans les personnages eux-mêmes, et narre l’histoire d’un désenchantement lié aussi bien à la politique mais aussi à l’époque qui avance, avec une avancée technologique bien présente.

Tous les résultats des présidentielles sont aussi montrées comme si on y était, ce qui immerge complètement le spectateur dans le récit mais structure aussi l’évolution des personnages. (les résultats de 1981 sont montrés avec la bande d’amis réunie en bande et avec joie, laisse place aux résultats de 1988 et 1995 vus sous un angle solitaire, on perd l’effet de groupe. Enfin, en 2002, les personnages font mine de se réunir comme en 1981 mais découvrent que chacun a voté pour un candidat différent !)

Le film gagne aussi de ses dialogues tranchants et souvent drôles et par le jeu d’acteurs de Pio Marmai, en sensibilité et en cohérence, et de Ramzy Bedia, qui prouve ses talents d’acteurs (et pas seulement comique!!).

Les points moins convaincants seraient peut-être l’évolution physique des personnages, pas assez marquée selon moi et par une Laetitia Casta un peu en retrait par rapport aux acteurs masculins. Enfin, j’ai lu un léger anachronisme qui concerne l’emballage de « la Mie Calîne » montré en 1981 alors que l’enseigne a été crée une dizaine d’année plus tard. Cela n’entrave en rien le plaisir nostalgique de ce film attachant et intelligent.

 

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SCENARIO 88%
MISE EN SCENE 83%
ACTEURS 89%
BANDE SONORE 79%
APPRECIATION GENERALE 94%
Vote final

Passionnant et nostalgique, "Des lendemains qui chantent" aborde la politique sous un angle fascinant par le parallèle avec la situation actuelle, appuyé par des images d'archives foisonnants! La mise en scène douce-amère de Nicolas Castro, la performance de Pio Marmai et la dimension sociétale permet au film de se hisser parmi les meilleurs films traitant de politique ! Un film à voir, encore plus aujourd'hui !!

Note finale 86%