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Dans la forêt : Opaque


Interdit aux moins de 12 ans

Tom et son grand frère Benjamin partent en Suède retrouver leur père pour les vacances d’été. Tom appréhende les retrouvailles avec cet homme étrange et solitaire. Le père, lui, semble convaincu que Tom a le don de voir des choses que les autres ne voient pas.
Quand il leur propose d’aller vers le Nord pour passer quelques jours dans une cabane au bord d’un lac, les enfants sont ravis. Mais l’endroit est très isolé, au milieu d’une immense forêt qui exacerbe les peurs de Tom. Et plus les jours passent, moins le père semble envisager leur retour…

  • Réalisateur(s): Gilles Marchand
  • Acteurs principaux: Jérémie Elkaim, Thimothé Van Dorp, Théo Van De Voorde
  • Date de sortie: 15/02/2017
  • Nationalité: Française

 

Après avoir scénarisé deux films atypiques et mystérieux « La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil » et « Des nouvelles de la planète Mars », Gilles Marchand revient à la réalisation, qu’il avait délaissé en 2010 avec « L’autre monde ». Avec « Dans la forêt », le cinéaste a voulu mettre en lumière des éléments autobiographiques. Lui et son frère allaient rejoindre leur père qui vivait à l’étranger. Marchand explique : « C’était impressionnant d’aller le voir dans un pays lointain, de découvrir une vie dont on ignorait tout. A l’inquiétude se mêlaient la curiosité et une forme d’attention très aigue. J’ai fait appel à des souvenirs, mais surtout à des sensations. Je voulais faire ressentir des choses à travers des yeux d’enfant. On ressent le réel comme une aventure. » Avec ce thriller débordant sur le fantastique, le cinéaste a voulu s’inspirer de certains grands classiques, tels que « La nuit du chasseur » de Charles Laughton, « Shining » de Stanley Kubrick, « Délivrance » de John Boorman ou encore « Sixième sens » de M.Night Shyamalan.

« Dans la forêt » n’est pas un film comme les autres, tant il prend à contrepied la production française traditionnelle si frileuse à produire des films à la lisière du fantastique comme celui-ci, surtout lorsque celui ci n’est pas issu d’une bande-dessinée. On s’aventure en forêt donc avec Tom, sosie de Danny l’enfant phare de « Shining » et son frère Benjamin qui s’apprêtent à rejoindre leur père vivant isolé. Dès la séquence d’ouverture où le petit Tom consulte un psychologue, suivi quelques instants plus tard par l’apparition physique du visage du père dans le rétroviseur, on perçoit toute l’étrangeté du film. A l’image de ces questionnements philosophiques autour de la définition du pressentiment mais aussi sur l’existence ou non du diable, « Dans la forêt » se veut un film mystique et mystérieux, qui avance dans une brume épaisse. Le récit se charge de rendre l’intrigue angoissante lorsque Benjamin s’interroge sur la réelle identité de l’homme qui prétend être leur père. Le rapport conflictuel entre un père et ses fils qui apparaissent comme des étrangers entre eux fait la grande force du thriller. En témoigne un dialogue sur le souhait premier des personnages : Quand Benjamin aimerait un Falcon et son petit frère solitaire des amis, le père aimerait avoir la vie éternelle. Comme si ces trois personnes reliées par le sang n’avaient aucune vision commune.

Si « Dans la forêt » nous propose des visions d’effroi (découvrir que quelqu’un nous a filmé dans notre sommeil avec son propre téléphone), le thriller reste malgré tout assez opaque. Gilles Marchand s’attelle à rendre son huis clos de plus en plus étouffant. Malheureusement, le film manque de nerfs dans son scénario, faute d’une narration plus élaborée. Tout cela est parfaitement assumé par le cinéaste qui souhaitait rendre son film irrationnel, sans être dans l’explicatif. On restera donc un peu sur notre faim en raison d’un final brouillon. Cependant, on appréciera les paysages naturels somptueux, les performances renversantes de Jérémie Elkaim qui casse son image de gendre idéal trop tendre et Thimothé Van Dorp, alias Tom. L’enfance reste d’ailleurs le moteur du film, Marchand ayant décidé de filmer son récit à hauteur d’enfant pour mieux s’identifier à eux.

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SCENARIO 53%
MISE EN SCENE 67%
ACTEURS 75%
PHOTOGRAPHIE 72%
BANDE SON 48%
APPRECIATION GENERALE 57%
Vote final

Incontestablement, « Dans la forêt » restera un bon film d'atmosphère servie par une photographie poisseuse et angoissante. Dommage que le scénario laisse si peu de place à la narration, nous laissant finalement sur notre faim.

Note finale 62%