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Connasse, princesse des coeurs : God saves the connasse !!


Camilla, 30 ans, Connasse née, se rend compte qu’elle n’a pas la vie qu’elle mérite et décide que le seul destin à sa hauteur est celui d’une altesse royale. Adaptation de la série courte de Canal plus.

  • Réalisateur(s): Eloise Lang, Noémie Saglio
  • Acteurs principaux: Camille Cottin
  • Date de sortie: 29/04/2015
  • Nationalité: Française
Une comédie divertissante à bases de caméras cachées

Une comédie divertissante à bases de caméras cachées…

Crée en 2013 et conçu comme une pastille courte de 2 minutes sur Canal plus, la plus célèbre des Connasse, alias Camille Cottin débarque en format long au cinéma. Scénarisé par Eloise Lang, déjà scénariste de la série courte, et réalisé par Noémie Saglio qui avait déjà signé « Toute première fois », sorti il y’a à peine trois mois, le film développe un sens de l’auto dérision, lorsque l’on sait que l’équipe est essentiellement féminin. Je dois l’avouer, je ne connaissais pas bien cette pastille même si j’en avais légèrement entendu parler. Le pitch de départ nous montre cette « pauvre fille », encore plus insupportable que Nelly Olson de « La petite maison dans la prairie » qui aspire à une vie constituée uniquement d’avantages, en y retirant tous les inconvénients et difficultés (le mot « travail » est banni de son vocabulaire). Virée de son boulot de chauffeur de taxi, elle va, sur les conseils de Stéphane Bern lui-même, partir à Londres pour tenter de séduire le prince Harry pour convoiter le titre de princesse.

Entièrement tourné en caméra cachée (avec seulement une reconstitution sonore pour certaines scènes), le film n’est pas seulement un empilement de sketchs mais parvient à tisser par des situations incongrues, un véritable scénario. Ce n’est sans doute pas le film de l’année, mais ce concept de caméra cachée, qui peut faire penser à « Borat » (dans le meilleur des exemples) ou au navet dont j’avais parlé « N’importe qui », a le mérite de beaucoup nous faire rire en particulier au début du film et dans les décalages culturels et linguistiques de Camilla à Londres. Porté par des gags osés et gonflés, même s’ils ne sont pas tous réussis (le film -et le rire- dépendent beaucoup des réactions des personnes piégées, et donc le gag du garde anglais qui ne bouge pas ne fonctionne pas tellement), on se dit que Camille Cottin a tout de même un sacré courage pour parler aussi mal aux gens et se comporter de manière aussi détestable.

Vulgaire, feignasse, trop franche, incroyable connasse, ce personnage de Camilla irritant au possible, devient malgré tout, attachant et l’on rit de ses réparties saillantes et de sa gouaille inimitable. On peut seulement regretter que la dernière demie heure qui traine un peu la patte, se révèle plus plombée de longueurs (en particulier l’arrivée du personnage dans le festival de charité organisé par Harry) et surtout moins drôle dans la fin du film (sauf lorsque Camilla tente de vendre son livre à l’éditeur « Merci, non mais vraiment merci pour ce moment » très réussi). Malgré cela, l’emboîtement de caméras cachées (le piège contre le sosie de la petite copine d’Harry est superbement bien pensé) et la transposition du petit en grand écran confère à cette « Connasse, princesse des coeurs », une franche partie de rigolade.

Camille-Cotin-dans-La-Connasse-le-film

Une sacrée connasse…

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SCENARIO 72%
MISE EN SCENE 69%
ACTEURS 81%
BANDE SON 62%
HUMOUR 80%
APPRECIATION GENERALE 73%
Vote final

Exercice plutôt périlleux que de faire un film entièrement constitué de sketches en caméras cachées. Le résultat se révèle très drôle et assez réussi avec une Camille Cottin (alias la Connasse) bluffante, malgré les quelques longueurs et certains gags en dessous qui émaillent la dernière demie-heure.

Note finale 72%