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Cinquante nuances plus sombres : Pire que le premier…


Interdit aux moins de 12 ans

C’est un Christian blessé qui tente de reconquérir Anastasia. Cette dernière exige un nouveau contrat avant de lui laisser une seconde chance. Mais une ombre surgit du passé de Christian et plane sur les deux amants, déterminée à détruire un quelconque espoir de vie commune.

 

  • Réalisateur(s): James Foley
  • Acteurs principaux: Dakota Johnson, Jamie Dornan, Kim Basinger
  • Date de sortie: 08/02/2017
  • Nationalité: Américaine

« Cinquante nuances plus sombres » fait office de suite à « Cinquante nuances de grey », qui avait affolé les compteurs. Sorti (comme cette année) juste avant la Saint-Valentin en 2015, le film avait rapporté 570 millions de dollars dans le monde (pour un budget nettement inférieur, à 40 millions de dollars). En France, pas moins de 4 millions de spectateurs s’étaient précipités dans les salles pour voir cette adaptation cinématographique de l’oeuvre d’Erika Leonard James. Cette saga (avant tout littéraire) suit la relation sulfureuse entre la jeune diplomée Anastasia Steele et l’homme d’affaire Christian Grey, adepte des pratiques sexuelles sado-masochistes. Alors qu’un troisième roman intitulé « Cinquante nuances plus claires » devrait voir le jour en 2018, intéressons nous à cette suite, qui a changé de réalisateur. Exit la cinéaste britannique Sam Taylor-Johnson, place à l’américain James Foley surtout connu pour avoir réalisé des épisodes de séries télévisées telles que « House of cards », « Wayward pines » ou encore « Billions ».

« Cinquante nuances plus sombres » reprend là où son prédécesseur s’était arrêté. Lassé des punitions et des règles, Anastasia avait décidé de plaquer son milliardaire dominateur. Malgré sa réputation de « mommy porn » (traduisez « porno de la ménagère »), le premier film n’était pas franchement une réussite, en raison d’un manque d’alchimie et d’une tension sexuelle aux abonné absente. Le film qui nous promettait du sulfureux restait beaucoup trop sage. On pouvait penser que ce deuxième film allait corriger le tir et établir une atmosphère beaucoup plus poisseuse et sombre comme son titre le supposait. Il n’en est strictement rien, et le film parvient même à faire pire !

A commencer par le traitement psychologique des personnages d’une pauvreté sans nom. La réconciliation entre Anastasia et Christian est vite bâclée, et sert de prétexte à remettre le couvert. Passé la découverte du sado-masochisme par la jeune femme (et de l’acceptation ou non de cette particularité qui constituait le noyau du premier film), cet opus s’articule autour de cette romance bien plus niaise que dans les autres comédies romantiques.

Que les fans se rassurent : ce deuxième volet comporte toujours certaines séquences de sexe mais toujours en restant sur une pudeur extrême (il y est simplement question de lingerie fine, de fessées ou boules de geisha). Rien d’exceptionnel ou de très torride ! Toujours très prude dans sa mise en scène du sexe, « Cinquante nuances plus sombre » ne fait guère mieux dans son scénario où le passé de Christian va refaire surface. On apprend les traumatismes subis pendant son enfance qui peuvent expliquer ses goûts pour la domination sadique, mais aussi les anciennes conquêtes soumises de Christian qui refont surface et qui menacent le nouvel équilibre du couple. Tout en suivant le schéma répétitif et vite fatigant des 3 étapes « réconciliation-dispute-sexe », le film est, en plus d’être très pesant sans beaucoup d’humour (ou alors très involontaire), comporte des incohérences flagrantes et des dialogues catastrophiques ! Parmi ces énormes incohérences, cet accident d’hélicoptère très mal exploité du milliardaire qui rentre chez lui sans égratignures, sans trop savoir comment et ayant encore l’énergie de refaire l’amour le soir même.

Si l’on regarde le film d’un peu plus près, on pourrait même considérer « Cinquante nuances plus sombre » comme un film assez dangereux. De nombreux éléments viennent étayer cet argument : l’exposition dégoulinante de richesse (comme si l’amour pouvait s’acheter), l’impunité totale du personnage de Christian au regard de la loi, mais aussi et surtout le caractère d’Anastasia Steele, d’une bêtise ahurissante. A titre d’exemple, elle remarque seulement maintenant les cicatrices d’enfance sur le corps du milliardaire, alors que le spectateur s’en était aperçu dès le premier film. Ceci n’est qu’un exemple parmi des dizaines que je vous invite à repérer. Son personnage donne une image de la femme déplorable dans son asservissement permanent y compris sexuel, en refusant de se rendre à un séminaire de travail pour ne pas rendre jaloux son homme. Le personnage de Grey lui est plus respectueux que le premier film, mais renvoie l’image d’un assagissement faussé et d’une psychologie finalement assez misogyne où il chercherai à punir toutes les femmes avec une possessivité extrême après son enfance compliquée.

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SCENARIO 42%
MISE EN SCENE 37%
ACTEURS 45%
PHOTOGRAPHIE 42%
BANDE SON 44%
APPRECIATION GENERALE 27%
Vote final

Si « Cinquante nuances de grey » n'était déjà pas bien glorieux, sa suite parvient à faire encore pire ! Ni exaltant, ni plaisant mais au contraire plat et ennuyeux, ce deuxième volet est bourré d'incohérences, déroule un scénario qui n'en est pas vraiment un et provoque même un certain malaise en raison des dialogues absolument ridicules.

Note finale 39%