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Cinquante nuances de Grey : le phénomène qui fait « pschiiit… »


L’histoire d’une romance passionnelle, et sexuelle, entre un jeune homme riche amateur de femmes, et une étudiante vierge de 22 ans. L’adaptation du roman érotico-SM de E.L James

  • Réalisateur(s): Sam Taylor-Johnson
  • Acteurs principaux: Jamie Dornan, Dakota Johnson, Jennifer Ehle
  • Date de sortie: 11/02/2015
  • Nationalité: Américaine
Adaptation romancée, malgré sa promo aguicheuse...

Adaptation romancée, malgré sa promo aguicheuse…

Depuis quelques semaines (et mois), « Cinquante nuances de Grey » était déjà annoncé pour être un des films phénomènes de l’année. Et cela se ressent sur sa première semaine d’exploitation et ses deux millions de spectateurs et surtout spectatrices. Adapté de la trilogie érotico-SM (souvent nommé « porno pour maman ») de l’auteur britannique E.L.James, c’est tout naturellement que ce roman sulfureux qui aborde la rencontre entre un beau et riche homme d’affaires et une jeune étudiante vierge de 22 ans a attiré le studio Universal pour une adaptation sur grand écran.

Si j’ai laissé passer une bonne partie des hystériques voir ce film dès sa sortie, j’ai attendu la deuxième semaine d’exploitation pour découvrir ce film par curiosité. Alors, ce « phénomène » vaut-il cet engouement ?? Assurément non. Car si le film a le mérite de rentrer directement dans le vif du sujet et la rencontre entre les deux futurs « amoureux » ou « maître/esclave », le film est pétri de défauts, à commencer par la mise en scène totalement impersonnelle et fade de Sam Taylor-Johnson, et je suis souvent demandé ce qu’aurait fait un Lars Van Trier ou un Larry Clark. Soyons clair, aussi, le film est très très long, et encore plus long par un problème qui plombe tout le film, à savoir l’absence d’alchimie évidente entre les deux acteurs. (Beaucoup de médias ont d’ailleurs évoqués de nombreuses tensions entre Jamie Dornan et Dakota Johnson, et cela se voit à l’écran).

Une version édulcorée du roman

Une version édulcorée du roman

 

Si la narration est longue et laborieuse (tout pourrait être ramassée sur 1 heure), on reste ébahis devant la réaction d’Anna qui après deux longues heures de film, ne semble toujours pas avoir compris ce qu’est la pratique SM. En réalité, « Cinquante nuances de grey » invoque plutôt la romance, façon « Twilight » que le sexe trivial façon « L’empire des sens ». On pouvait espérer que les scénes de sexe soient bien filmées et allaient « rattraper le film ». Mais là encore, les scènes de sexe sont très soft. Ceux qui, comme moi, ont vus « Nymphomaniac » (2014) verront la différence flagrante entre les deux mises en scène, et la façon dont la réalisatrice montre des scènes de sexe « propre ».

Non seulement, ces scènes nous donnent moins à voir, mais surtout il en résulte un manque de tension aussi bien amoureuse, sexuelle et narrative qui découlent de cette mise en scène bien fade et de cette alchimie quasi-absente. La réalisatrice Sam Taylor-Johnson ne va même pas au bout de ses idées en coupant systématiquement leurs orgasmes ! Un comble ! Si on ne peut pas nier que les décors soient très beaux (même s’ils nous font penser à des pubs pour de célèbres parfums), on ne peut regretter un film digne des romances à l’eau de rose des après-midi d’M6. On peut encore espérer toutefois, que la prochaine suite, que pourrait écrire et surveiller l’auteur E.L.James, elle-même, soit plus audacieuse, ramassée sur une durée plus courte et plus inspirée.

 

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SCENARIO 41%
MISE EN SCENE 38%
ACTEURS 41%
PHOTOGRAPHIE 67%
BANDE SON 72%
APPRECIATION GENERALE 48%
Vote final

Adaptation de la sulfureuse trilogie d'E.L.James, "Cinquante nuances de grey" ressemble plus à une romance (avec un petit peu de sexe) que l'inverse. Après deux très longues heures, on ne peut que constater cette réalisation paresseuse et fade, l'absence d'alchimie entre les deux comédiens, et le manque de tension narrative évidente, digne d'un téléfilm diffusé l'après-midi sur une chaîne privée.

Note finale 51%