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Cancelled faces : Bancal (Avant-première)


Séoul, de nos jours. Quand unk percute Boaz avec son scooter, un amour fou commence entre ces deux jeunes hommes. Mais rapidement, ayant un besoin d’autonomie, Unk commence à vivre dans la peur d’être absorbé par son amoureux. Pendant ce temps, dans une série télévisée, un poète fait face à la chute de Jérusalem il y’a deux cents ans.
  • Réalisateur(s): Lior Shamraz
  • Acteurs principaux: Kim Won-Mok, Lee Je-Yon, Ye Soo-jeong
  • Date de sortie: inconnue
  • Nationalité: Sud-coréenne

Premier film vu dans ce Festival, et premier film projeté en Compétition longs-métrage, « Cancelled faces » est signé du cinéaste Lior Shamraz. Ce film présente la particularité d’être réalisé par un cinéaste israélien avec des acteurs sud-coréens, tourné à Séoul. Sixième long-métrage de Lior Shamraz, « Cancelled faces » est un film atypique et singulier. Tourné en noir et blanc, il nous emmène à Séoul pour suivre le parcours d’Unk, un jeune homme vivant avec sa mère, et se terre dans un profond ennui le jour. Son unique distraction consiste à se promener la nuit en scooter. Un soir, lors d’une balade nocturne, il renverse Boaz. Entre les deux jeunes hommes, c’est le début d’un amour fou.

Les premières minutes de « Cancelled faces » fascinent. Après un plan fixe où chaque acteur nous salue face caméra, à l’instar d’un salut en théâtre, le film rentre rapidement dans le vif du sujet sur ce coup de foudre entre Unk et Boaz. Mais, très vite, Shamraz se sent obligé de mystifier à l’outrance son récit. On voit en parallèle des encarts avec cette pseudo série télévisée empreinte d’une réflexion philosophico-historico-religieuse plombante, incompréhensible et totalement inutile. De ce fait, « Cancelled faces » devient rapidement bancal. D’un côté, l’histoire d’amour devenant petit à petit une histoire de haine, intéressante par bribes. On retrouve en creux une réflexion sur la peur d’être quitté, le couple à l’épreuve du temps et un questionnement subtile sur la mince frontière entre l’amour et la haine. Cette partie qui aurait mérité à être davantage explorée en profondeur laisse entrevoir un film idéal qui n’est pourtant pas celui que l’on voit.

« Cancelled faces » se retrouve être totalement plombé par ces interruptions intempestives d’une poésie dominante et pénible qui ne trouve jamais sa place dans ce film. Cette mise en scène théâtrale n’aide pas à nous sentir concerné par ces personnages, pourtant incarnés avec conviction par Kim Won-mok. La musique écrasante et omniprésente apesantit un film déjà très sombre et torturé, qui aurait mérité à se concentrer sur un récit plus simple et plus épuré en l’agayant (par exemple) de quelques pointes d’humour.

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SCENARIO 51%
MISE EN SCENE 58%
ACTEURS 62%
PHOTOGRAPHIE 63%
BANDE SON 55%
APPRECIATION GENERALE 48%
Vote final

Finalement, "Cancelled faces" se révèle décevant dans son incapacité à décider entre un véritable film d'amour (qui aurait été une excellente chose) et un film poétique. Shamraz signe un film bancal et entravé par cette partie poétique trop déconnectée du reste.

Note finale 56%