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Burn out : Burné !


Tête brûlée, accro aux sensations fortes, Tony ne vit que pour une seule chose : devenir pilote professionnel de moto superbike. Jusqu’au jour où il découvre que la mère de son fils est liée à la pègre manouche. Seule issue pour la sortir de cet engrenage : mettre ses talents au service des truands. Pilote de circuit le jour, go-faster la nuit, Tony est plongé dans une spirale infernale qui le mène au bord de la rupture… 
  • Réalisateur(s): Yann Gozlan
  • Acteurs principaux: François Civil, Olivier Rabourdin, Manon Azem
  • Date de sortie: 03/01/2018
  • Nationalité: Française

Yann Gozlan, un cinéaste qui monte

Auteur de l’excellent thriller « Un homme idéal », Yann Gozlan continue d’explorer le thriller. Adapté du roman « Balancé dans les cordes » de Jérémie Guez, « Burn outé change toutefois d’univers. Exit la boxe dans le roman, place à la moto dans le film. Yann Gozlan fut attiré par la spirale infernale dans laquelle le personnage principal est plongé et la quasi-absence des policiers dans le récit. L’univers de la moto, très peu abordé au cinéma, apporte de l’originalité au récit. Pour Gozlan, « il offre un potentiel incroyablement cinématographique, je l’associe immédiatement à la vitesse, au danger, à l’adrénaline…Autant d’éléments propices à la création d’un univers visuel riche et hypnotique. » Pour incarner le rôle de cet homme intègre qui par sens du devoir et par amour, se retrouve dans l’engrenage du go-fast, Yann Gozlan a fait appel à François Civil. Acteur révélé dans un autre thriller percutant (Made in France), Civil a depuis fait ses preuves dans une palette large de registres. (Five, Ce qui nous lie, Catacombes) et a fait également parti du casting de la série « Dix pour cent ».

Un shot d’adrénaline d’1h43

Premier film vu en 2018, « Burn out » entame magnifiquement l’année. Bien entendu, on peut instinctivement aux films d’Olivier Marchal (dont « Carbone » dernier du nom). Cependant, « Burn out » s’éloigne assez bien des exemples cités en trouvant sa propre voie. Troisième long-métrage de Yann Gozlan, ce dernier a appris à bon école en étant scénariste de « La mécanique de l’ombre » et producteur associé du dernier film de Roman Polanski « D’après une histoire vraie ». Autant dire que le cinéaste de 40 ans s’y connait en matière de thriller psychologique et le prouve une fois de plus.

On retrouve toujours la thématique du mensonge (moins marqué toutefois que dans « Un homme idéal »). Dans « Burn out », il y est davantage question d’une spirale infernale d’un homme, coincé entre sa vie de père, son job à mi-temps et sa carrière dans la course moto. Pour rembourser l’énorme dette dûe à la drogue de son ex-petite amie, Tony va accepter de se lancer le temps de 2 mois dans le go-fast.  Terriblement haletant, « Burn Out » est un thriller couillu au scénario prenant de bout en bout. Sa force réside dans le jeu incroyable de François Civil hypnotique et impressionnant. La mise en scène est aussi particulièrement bluffante dans la manière de sublimer au mieux l’univers nocturne sans jamais être illisible. Les courses (et courses-poursuites) sont filmées avec une immersion renversante, qui rend le film palpitant. Les mafieux jouées notamment par Olivier Rabourdin et Samuel Jouy sont cette fois particulièrement crédibles et n’en font pas trop. Si le personnage de Manon Azem est moins travaillé, il demeure de ce « Burn out » un film au style brut et épuré, et au scénario vif et incisif.

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SCENARIO 82%
MISE EN SCENE 86%
ACTEURS 85%
PHOTOGRAPHIE 81%
BANDE SON 82%
APPRECIATION GENERALE 81%
Vote final

Trois ans après l'excellent "Un homme idéal", Yann Gozlan confirme avec brio avec ce thriller haletant, vif et sans temps mort. Avec "Burn out", Gozlan nous offre un shot d'adrénaline d'1h43, porté par un François Civil formidable, une mise en scène brute et une bande-son électrisante.

Note finale 82%