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Bonté divine : Une comédie noire bancale


Le jeune prête Fabijan arrive dans une petite île croate pour reprendre les rênes de la paroisse. Préoccupé par le taux de natalité médiocre, il met en oeuvre un plan pour inverser la tendance : en complicité avec le vendeur du kiosque local, Petar, très religieux, il se met à percer tous les préservatifs vendus par ce dernier. A ce plan s’associe le pharmacien Marin, qui remplace les pilules contraceptives par des vitamines.
Très vite, mariages et naissances se multiplient, un phénomène qui amène vite sur l’île une foule de visiteurs étrangers qui n’arrivent pas à concevoir…

  • Réalisateur(s): Vinko Bresan
  • Acteurs principaux: Kresimir Mikic, Niksa Butijer, Drazen Kuhn
  • Date de sortie: 01/04/2015
  • Nationalité: Croate, serbe, monténégrin

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Qu’il est rare de voir du cinéma croate sur nos écrans !! C’est désormais chose faite s’il l’on peut dire avec « Bonté divine » qui a été un véritable succès surprise en Croatie, où il est devenu le film croate le plus vu au 21 ème siècle (avant avoir réussi la prouesse de s’être exporter dans une trentaine de pays). Le cinéaste Vinko Bresan a d’ailleurs déclaré qu’il adorait l’idée de pouvoir provoquer le rire des spectateurs aux quatre coins du monde. A t-il réussi à me faire rire? En partie, oui. La première demie-heure du film (qui il faut le rappeler a été soutenu par Charlie Hebdo puisque Charb a lui même dessiné sur l’affiche quelques mois avant son assassinat) se révèle assez cocasse, de par la nature pour le moins insolite et originale de son point de départ. Pour relancer le faible taux de natalité sur une petite île croate, un prêtre décide de fomenter un plan fou avec la complicité du vendeur au kiosque et du pharmacien : percer les préservatifs ou encore remplacer les pilules par des vitamines.

Cette farce détonne et peut désarçonner dans les premières minutes certains spectateurs pendant le premier quart d’heure, tant les gags passent très vite du burlesque visuel à la loufoquerie assumée. Même si tout ne fonctionne pas, le film a le mérite de s’inspirer à la fois d’un humour britannique (pour le comique burlesque et la place de la question sociale dans la comédie) mais aussi de la comédie italienne (la vétusté et le lieu hors du temps mais aussi bien sûr la prédominance de l’Eglise dans la société.)

Au final, c’est avant tout une comédie noire qui règle ses comptes avec la religion (en critiquant l’importance de celle-ci qui régit la vie personnelle de ses croyants) et qui pointe aussi des sujets aussi graves que la pédophilie des prêtres ou encore la xénophobie latente. Le réel souci du film demeure dans l’épuisement progressif du fil conducteur du point de départ du film voulu par Bresan. L’enchaînement des situations finit par lasser et parfois ennuyer, alors que le sujet de départ aurait été un cadeau béni de Dieu pour un cinéaste comme Ken Loach. Les ressorts comiques sur lesquels reposent le film deviennent un peu trop faciles, et le cinéaste a tendance à perdre le point de vue si foisonnant du personnage principal (joué avec malice par l’inconnu mais non moins talentueux Kresimir Mikic) pour multiplier les regards des autres personnages. Au risque de fatiguer le spectateur et le film…

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SCENARIO 59%
MISE EN SCENE 66%
ACTEURS 72%
BANDE SON 64%
PHOTOGRAPHIE 72%
APPRECIATION GENERALE 64%
Vote final

Sur "Nos meilleurs films", on s'intéresse aussi aux cinématographies plus discrètes. C'est le cas avec "Bonté divine", comédie croate qui part d'un point de départ original et burlesque mais tire un peu trop sur la corde et finit par lasser, malgré une première demie-heure très drôle aux gags bien sentis. Si le film vaut tout de même le coup d'oeil, on imagine ce qu'aurait pu en tirer un cinéaste de renom tel que Ken Loach.

Note finale 66%