Nos avis Ciné

Blair witch : Inutile et inoffensif !


Interdit aux moins de 12 ans
James et un groupe d’amis décident de s’aventurer dans la forêt de Black Hills dans le Maryland, afin d’élucider les mystères autour de la disparition en 1994 de sa sœur, que beaucoup croient liée à la légende de Blair Witch. Au départ, les jeunes étudiants s’estiment chanceux en tombant sur deux personnes de la région qui leur proposent de les guider à travers les bois sombres et sinueux. Mais tandis qu’ils s’enfoncent dans la nuit, le groupe est assailli par une présence menaçante. Peu à peu, ils commencent à comprendre que la légende est bien réelle et bien plus terrifiante que ce qu’ils pouvaient imaginer…

  • Réalisateur(s): Adam Wingard
  • Acteurs principaux: Brandon Scott, Callie Hernandez, Valorie Curry
  • Date de sortie: 21/09/2016
  • Nationalité: Américaine

blairwitchVR

 

Sorti en 1999, « Le projet Blair Witch » a constitué une révolution dans le cinéma horrifique, pour deux raisons essentielles : son fonctionnement économique tout d’abord. Le film a bénéficié d’un budget très faible (« seulement » 75 000 dollards) pour rentabiliser au maximum les recettes. Au final, c’est près de 250 millions de dollars de recettes qui ont été engrangés et plus de 860 000 entrées en France. D’autre part, même si d’autres films l’ont précédé sur ce terrain (dont « Cannibal Holocaust » en 1980), « Le projet Blair Witch » a popularisé le sous-genre du found footage, qui consiste à présenter une partie ou la totalité du film comme étant un enregistrement vidéo authentique. Ainsi, la caméra à l’épaule nous donne à voir des images prises sur le vif, volontairement dégradées par rapport aux films dits « traditionnels ». Ce style a donné lieu à une renaissance du genre à la fin des années 2000, avec trois films d’épouvante marquants qui réinventé ce sous-genre : le film de zombies espagnol dans « Rec » en 2007, l’invasion extraterrestre dans « Cloverfield » en 2008, et bien évidemment l’étude de phénomènes paranormaux chez un couple lambda dans « Paranormal activity » en 2009, et qui a donné lieu à 4 suites. Le found-footage a donné lieu à de nombreux ratés et de films sans intérêt, mais a également accouché de films originaux parmi lesquels la comédie « Babysitting », la vision de la jeunesse par le prisme de Skype dans « Unfriended » ou encore « The visit » de Shyamalan, l’an dernier.

Tourné dans le plus grand secret, le cinéaste Adam Wingard, réalisateur du très bon You’re the next, n’a révélé qu’en juillet 2016 que son prochain film serait en fait la suite du « Projet Blair Witch », le film ayant été tourné sous un faux nom. Ce film a la particularité d’être à mi-chemin entre la suite du film original de 1999, et son remake. On y suit James qui souhaite élucider la disparition de sa sœur dans la forêt de Black Hills, et qui s’y rend avec un groupe d’amis. C’est évidemment une drôle de mauvaise idée, qui va les conduire à vivre l’enfer. Personnellement, « Le projet Blair Witch » de 1999 n’est pas un film qui m’a particulièrement terrorisé, contrairement au tétanisant « Paranormal activity ». Toutefois, le film avait l’innovation pour lui. Pour cette suite, Adam Wingard tente d’insuffler de la modernité par l’utilisation des nouvelles technologies (le drone, le GPS remplaçant la bonne vieille carte du premier film).

Mais tous ces gadgets ne parviennent pas à cacher la grande pauvreté du film. Ce « Blair witch » version 2016 n’a absolument rien d’emballant : les personnages sont assez bêtes et pas très attachants, l’histoire copie sans aucun gêne les éléments narratifs du premier film (avec les personnages qui installent leur campement, puis tournent en rond dans la forêt, découvrent les fameuses statuettes) et tout ça pour arriver à la maison hantée, le refuge des sorcières. Les rares scènes qui provoquent un léger sursautement sont essentiellement liées à l’arrivée soudaine d’un ami du groupe, c’est dire la faiblesse des jumpscares. Adam Wingard semble avoir mis de côté ce qui faisait l’essence du premier Blair Witch, à savoir le pouvoir de suggestion et la montée progressive d’une atmosphère angoissante. Ici, tout est donné d’un bloc, avec une première partie très bavarde qui installe le récit mais qui se révèle aucunement effrayante, et une seconde partie où le cinéaste accumule ses jumpscares comme cela semble être la mode mais en oubliant complètement l’atmosphère qu’il doit y livrer pour faire vibrer le spectateur.

email
SCENARIO 53%
MISE EN SCENE 44%
ACTEURS 46%
PHOTOGRAPHIE 46%
TROUILLOMETRE 39%
APPRECIATION GENERALE 52%
Vote final

Pas original pour un sou, « Blair witch » est aussi inutile qu'inoffensif. Hormis quelques frayeurs ça et là, cette version 2016 est un sommet d'ennui. Revoyez plutôt la version de 1999 qui malgré ses défauts, avait pour lui, un côté innovant et une manière de faire monter l'angoisse bien plus réussie.

Note finale 46%