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Black : Le remake belge de « Roméo et Juliette »


Interdit aux moins de 16 ans
Deux gangs des banlieues bruxelloises, les Black Bronx et les 1080, se mènent une lutte sans merci. Mavela, s’éprend de Marwan, membre du gang rival. Les deux amants s’enlisent alors dans une intense passion interdite et dangereuse…

  • Réalisateur(s): Adil El Arbi et Bilall Fallah
  • Acteurs principaux: Martha Canga Antonio, Aboubakr Bensaihi et Emmanuel Tahon
  • Date de sortie: directement en VOD le 25 octobre
  • Nationalité: Belge

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« Black » est le premier film du duo Adil El Arbi/Bilall Fallah, deux réalisateurs belges d’origine marocaines. Adaptation du livre éponyme écrit par Dirk Bracke et publié en 2008, « Black » s’intéresse à des bandes urbaines, en ayant le film de Matthieu Kassovitz « La haine » comme référence. Dans le cinéma belge, on pense avant tout au cinéma social des frères Dardenne, mais aussi aux films à l’atmosphère poisseuse et mystérieuse, comme « Les ardennes » ou encore à la série « La trêve ». « Black » s’inscrit dans une lignée légèrement différente, dans un cinéma plus brut. La sortie de ce film directement en VOD en France est expliquée par des « réticences des exploitants de cinéma à le programmer dans le contexte actuel ». Cette sortie s’explique aussi par des incidents qui ont émaillés la sortie en salles à Bruxelles. Des bagarres ont ainsi éclatés en pleine salle de cinéma le 11 novembre 2015, où des mineurs de moins de 16 ans, après avoir acheté un ticket pour un autre film, ont pénétrés dans la salle de « Black », provoquant des incidents et une intervention policière.

Ce film commence par une scène d’emblée dérangeante où une femme se fait violer par plusieurs hommes, l’image est volontairement floue et seuls les cris et les dialogues nous laissent deviner ce qu’il se passe. Rapidement, le récit nous laisse entrevoir une adaptation de l’oeuvre mythique de Shakespeare « Roméo et Juliette », tout en s’inspirant de « West Side Story ». Sauf que le tout est transposé à des ghettos belges. On y suit l’histoire d’amour entre deux membres de gangs différents, Mavela, issue du gang Black Bronx, et Marwan, un jeune homme faisant parti du gang concurrent, nommé les 1080. Une histoire d’amour impossible, maintes fois vues au cinéma, et les cinéastes devaient trouver une autre voie pour se différencier. Doté d’un nombre incalculable de grossièrement, « Black » ne parvient pas à être aussi moderne qu’il ne le laissait paraître. S’il faut être indulgent pour un premier film, la mise en scène du film nous apparaît comme assez datée et amateur. Bénéficiant d’une photographie très sombre, le long-métrage s’appuie sur une atmosphère pesante, contrecarrée par le choix d’une caméra à l’épaule, renforçant l’aspect dynamique.

Dans un contexte actuel compliqué, cette love-story entre une jeune femme noire et un jeune homme arabe est émaillée de très jolis moments, avec des scènes d’amour d’un grand romantisme, en totale contradiction avec le reste du film qui imprime une violence incarnée et répétée. Très prévisible et décevant dans son scénario (avec la volonté pour les deux amants de partir et de vivre heureux loin des combats), « Black » bénéficie d’une bande-origine très axée sur des morceaux R&B (il faut aimer, ce qui n’est pas mon cas). Toutefois, les cinéastes ont aussi eu l’accord du père d’Amy Winehouse pour adapter la chanson « Back to black ». Sublime reprise qui trouve parfaitement sa place dans ce récit sombre et mélancolique. Le final du film parvient aussi à impressionner par sa beauté, dommage qu’il faille attendre si longtemps.

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SCENARIO 62%
MISE EN SCENE 68%
ACTEURS 46%
PHOTOGRAPHIE 59%
BANDE SON 65%
APPRECIATION GENERALE 52%
Vote final

En conclusion, « Black » ne parvient pas à se détacher de son impression de déjà-vu, de sa grande vulgarité et de son manque de profondeur. Porté par des acteurs assez moyens, ce petit film belge pâtit également d'un manque de moyens en rapport de son histoire ambitieuse.

Note finale 58%