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Baby phone : Un huis clos (pas du tout) comique


Au détour d’un dîner, les révélations faites à travers le baby-phone d’une chambre d’enfant  vont créer un véritable cataclysme au sein d’une famille et d’un groupe d’amis…

 

  • Réalisateur(s): Olivier Casas
  • Acteurs principaux: Medi Sadoun, Anne Marivin, Pascal Demolon
  • Date de sortie: 08/03/2017
  • Nationalité: Française

« Baby phone » s’inscrit dans la lignée des comédies en huis clos montrant en mode cocotte minute, des amis ou membres d’une même famille s’entre-déchirer au cours d’une soirée. On peut penser à « Un air de famille » de Cédric Klapish, à « Carnage » de Roman Polanski, mais aussi particulièrement au film « Le prénom », adaptation à succès de la pièce de théâtre d’Alexandre de La Patellière et Matthieu Delaporte. Olivier Casas décide ainsi d’adapter son propre court-métrage qu’il avait réalisé en 2014 en premier long métrage pour lequel Casas est à la fois réalisateur, scénariste et producteur. Il explique l’idée profonde de son film : « Un objet du quotidien anodin, mais qui, s’il est détourné de sa fonction première, peut déclencher des cataclysmes. J’aime l’idée que les objets insignifiants qui nous entourent comme une cuillère ou un briquet, puissent être le point de départ d’une réaction en chaîne. » Le piège absolu dans ce genre de film est de faire apparaître un effet de « théâtre filmé », où la mise en scène serait d’une pauvreté esthétique sans nom.

Ici, ce n’est pas vraiment le problème. « Baby phone » s’en sort assez bien dans sa mise en scène qui déconstruit les différents personnages, en filmant de près leur réaction ou leur regard, mélés aux objets jouant une place centrale dans le récit, et particulièrement ce baby phone, objet de tous les conflits. Cette comédie a dans tous les cas bénéficié de critiques fortement élogieuses sur Allociné, provenant sans doute de la part de faux comptes, tant l’objectivité manquait. Remettons ici les choses à leur place, « Baby phone » n’a rien d’inoubliable, ni de terriblement marquant. Le film est très long à démarrer, et on essaie péniblement de se concentrer sur les différents protagonistes avant le repas prévu. L’histoire tourne autour d’un couple Charlotte et Ben qui viennent d’avoir un enfant il y’a peu. Entouré de la famille de Ben, le repas va tourner en catastrophe, lorsque Simon et Nathan (le meilleur ami de Ben) vont s’isoler dans la chambre du bébé, et faire des révélations surprenantes. Nathan serait en réalité le vrai père, et ils vont se moquer de tous les protagonistes de la soirée. Sauf qu’ils vont oublier que le baby phone diffuse toute leur conversation dans la pièce principale, là où se trouve tout le monde.

Indiscutablement la séquence la plus drôle du film, avec celle où Simon et Nathan vont comprendre qu’ils ont fait une grosse gaffe, ces scènes sont les arbres qui masquent la forêt de cette comédie où l’on sourit parfois, mais où on ne rit jamais, en dehors de ces deux séquences. « Baby phone » est sauvé en grande partie par les prestations de Pascal Demolon (que l’on aperçoit de plus de plus avec brio dans la comédie, et qui incarne ici un gérant d’une maison de disque) et d’Anne Marivin, dans cette femme déboussolée face à la tromperie avérée. Hormis cela, « Baby phone » ne propose rien de neuf. Malgré sa durée courte (seulement 1h25), on s’ennuie souvent, et on regrette que cet événement central du baby phone ne prenne pas plus de place dans la narration. On ressent la volonté d’Olivier Casas d’insuffler du drame à son film, mais cela ne prend jamais et se perd même dans une certaine répétition lassante. Le film qui étudie les rapports humains manque de piquant et s’avère très sage et pas franchement fin dans l’exposition psychologiques de ses personnages.

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SCENARIO 42%
MISE EN SCENE 69%
ACTEURS 64%
PHOTOGRAPHIE 58%
HUMOUR 41%
APPRECIATION GENERALE 56%
Vote final

Au final, « Baby phone » est l'exemple type d'une comédie avec une idée de départ brillante, mais qui se révèle vite totalement inoffensif. A contrario du « Prénom » ou de « Carnage », la comédie manque de folie et d'humour et aurait suffi à être un court-métrage comme l'était ce projet au départ.

Note finale 55%