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American hero : Le super-héros désacralisé


Melvin est super-héros malgré lui. La trentaine bien entamée, il habite encore chez sa mère et ne vit que pour la fête, les femmes et la drogue. Jusqu’au jour où il réalise que la seule façon pour lui de revoir son fils, que la justice lui interdit d’approcher, c’est d’accepter son destin, et d’exploiter ses super pouvoirs pour lutter contre le crime.

  • Réalisateur(s): Nick Love
  • Acteurs principaux: Stephen Dorff, Eddie Griffin et Phillip Michael
  • Date de sortie: 08/06/2016
  • Nationalité: Américaine
Un très bon Stephen Dorff

Un très bon Stephen Dorff

Tout d’abord, je dois remercier la société de films Chrysalis qui m’a permis de visionner ce film avec plus de deux mois d’avance (le film ne sortant que le 8 juin), grâce au partenariat avec « Nos meilleurs films. ». Cela permet entre autre aussi de découvrir de nouveaux réalisateurs, comme c’est le cas ici pour Nick Love, avec déjà sept films à son actif mais inconnu chez nous. Avec « American hero », Nick Love prend en tout cas le contrepied des films de super-héros traditionnels, à l’instar de ce qu’avait fait le récent « Deadpool » des studios Marvel. Ainsi, on y suit un homme, Melvin, complètement paumé et en même temps d’un pouvoir extraordinaire, celui de faire bouger les objets. Séparé de son fils, Rex, il va donc tout faire afin de le retrouver.

Le film démarre d’une manière assez atypique et pensé de manière maligne. On y voit un homme chercher désespérément Melvin, et tout le monde le cherche également. Ainsi, il devient comme une sorte de légende, et on se demande bien à quoi peut ressembler cet homme que tout le monde connait, et que tout le monde recherche ainsi. Et quelle surprise lorsque la caméra le trouve en train d’errer près d’une poubelle. Cette entame de film donne le ton général du film qui insiste sur ce décalage entre l’image que Melvin dégage et ce qu’il est réellement, c’est à dire un pauvre type qui ne pense qu’à faire la fête, se droguer et boire. On découvre d’ailleurs assez tardivement ses dons de super-héros qu’il gâche lamentablement, alors qu’il fait équipe avec Lucille, un homme noir en fauteuil roulant.

Si le film a le mérite d’être court, il faut d’abord reconnaître que le film part vraiment sur de bonnes bases, avec cette volonté manifeste de désacraliser le sempiternel film de super-héros, ce qui est vraiment rafraîchissant et bienvenu. « American hero » comme son nom l’indique d’ailleurs, établit également un parallèle intéressant entre la figure du super-héros d’un côté et la parentalité de l’autre. Un parallèle d’autant plus puissant lorsque l’on comprend que le héros a perdu son propre père, et qu’il y’a une envie forte de la part du personnage à ne pas reproduire l’échec sur sa propre descendance. On retiendra aussi du film des effets spéciaux assez bien faits, surtout quand on constate le faible budget du film.

Malheureusement, « American hero » ne parvient que rarement à transformer ses louables promesses en bon film. La faute tout d’abord à un manque cruel de consistance dans le récit, où Nick Love semble hésiter entre plusieurs genres : le drame social, la comédie grinçante, le thriller ou le film de super-héros, et le cinéaste ne parvient pas vraiment à trancher, donnant un film hybride assez étrange à l’œil. On regrettera aussi la forte impression d’un film fabriqué à la hâte (avec la présence de reflets de perche que l’on voit par exemple) mais surtout un montage parfois taillé à la hache où l’on passe d’une séquence à une autre sans enchaînement direct ou indirect, et ce avant la fin de la première séquence. Dans ce film qui a un vrai souci dans la gestion du temps (le film est à la fois très court et très lent), on retiendra surtout cette relation entre Melvin et Lucile, qui va réussir à peu à peu égayer sa vie. La fin du film parvient d’ailleurs finalement à rehausser l’ensemble, grâce à une note d’optimiste sur une humanité forte, apprenant de ses erreurs passées.

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SCENARIO 60%
MISE EN SCENE 53%
ACTEURS 73%
EFFETS SPECIAUX 74%
BANDE SON 62%
APPRECIATION GENERALE 61%
Vote final

Hormis ses bonnes intentions de départ et sa fin joyeuse, « American hero » pâtit d'un manque de rythme et reste trop en surface pour convaincre. La mise en scène hasardeuse de Nick Love (abusant de zooms à tout va) n'aide en rien ce film hybride, aux multiples formes mais au résultat déceptif.

Note finale 63%