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Alliés : Amour sur écoute


Casablanca 1942.  Au service du contre-espionnage allié, l’agent Max Vatan rencontre la résistante française Marianne Beauséjour lors d’une mission à haut risque. C’est le début d’une relation passionnée. Ils se marient et entament une nouvelle vie à Londres. Quelques mois plus tard, Max est informé par les services secrets britanniques que Marianne pourrait être une espionne allemande. Il a 72 heures pour découvrir la vérité sur celle qu’il aime.

  • Réalisateur(s): Robert Zemeckis
  • Acteurs principaux: Brad Pitt, Marion Cotillard, Lizzy Caplan
  • Date de sortie: 23/11/2016
  • Nationalité: Américaine

Brad Pitt and Marion Cotillard

Quatrième film se déroulant pendant la Seconde Guerre mondiale dans lequel Brad Pitt a joué (après « 7 ans au Tibet », « Inglorious basterds » et « Fury »), « Alliés » est aussi le nouveau film du grand cinéaste Robert Zemeckis. A 65 ans, Zemeckis a signé de multiples longs-métrages devenus cultes : la trilogie « Retour vers le futur » de 1985 à 1990, « Forest Gump » (1994), « Seul au monde » (2000) ou encore « Le pôle Express » (2004). Son dernier film « The walk » sorti l’an dernier, était un biopic remarquable à couper le souffle sur le funambule Philippe Petit qui avait marché sur un simple fil entre les deux tours du World Trade Center. A peine un an après, Robert Zemeckis nous revient avec un projet ambitieux, celui de raconter une histoire d’amour en pleine Seconde guerre mondiale, contrarié par les suspicions d’espionnage. Le cinéaste explique : « Alliés est avant tout une histoire de trahison, et c’est là le thème universel du film. Autrement dit, comment réagit-on quand on se met à douter de la sincérité de celui ou celle qu’on aime? Et comment continuer à s’épancher auprès de sa compagne quand on a le sentiment d’avoir été mis sur écoute par l’ennemi? »

 

« Alliés » s’inscrit dans la grande tradition des films d’espionnages américains marqués par une photographie feutrée, un récit classique et une histoire d’amour contrariée. Dans tous ses films, Robert Zemeckis cherche toujours à réconcilier les deux pendants du cinéma, le blockbuster dans l’efficacité du récit et le côté film d’auteur avec une originalité certaine, en particulier pour son visuel. Peut-être plus classique que ses précédents films, « Alliés » symbolise la poursuite de cette réconciliation de ces deux formes de cinéma, en tentant de mixer différents genres pour creuser le sillon de la propre identité filmique de Zemeckis. Ainsi, il mêlait la comédie et la science-fiction dans « Retour vers le futur », tandis que dans « The walk », il s’essayait au relief (grâce à la 3D) avec grand succès dans un biopic, deux genres pas vraiment fusionnels sur le papier.

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Dans « Alliés », Robert Zemeckis effectue un retour à la nostalgie au travers de cette histoire rappelant les grands classiques hollywoodiens. Tout commence à Casablanca en 1942 par la rencontre entre Max, un agent canadien, et Marianne, une résistante française. D’abord réunis pour une mission, Marianne et Max vont tomber amoureux, et fonder une famille. Jusqu’à ce que Max apprend par l’armée que sa compagne serait en réalité une espionne allemande ! Le film est porté par cette affiche quatre étoiles : Brad Pitt et Marion Cotillard forment un couple en parfaite symbiose, très sensuel et romanesque. Même si la première heure sert à présenter les enjeux et les personnages, celle-ci s’avère très longue et manque de rythme. Zemeckis orne son récit par une sublime reconstitution historique, avec des décors et des costumes très réussis, mais il ne parvient pas à éclaircir cette impression de manquer de repères spatio-temporels. Une fois que Max apprend la suspicions de l’espionnage de Marianne à la moitié du film, le récit devient tout de suite beaucoup plus intéressant. Alliés soulève ainsi des questions d’ordre moral (et si la personne qu’on aime n’est pas celle que l’on croit?) au travers d’un intrépide jeu de piste, où Max va tout faire pour recueillir des informations pour avoir la certitude que sa compagne est une espionne ou pas. Dans ce scénario devenant prenant, particulièrement dans le dernier quart d’heure, Robert Zemeckis illustre son film par une mise en scène maligne qui met constamment en lumière l’illusion et le faux (comme par exemple, une simple conversation que l’on croit suivre face aux personnages, et qui, par un travelling arrière, nous montre que cette conversation était filmée dans un miroir). La scène d’amour participe également à ce brouillage tourbillonnant, où les deux personnages sont dans une voiture, entourée par une tempête de sable. Certains reprocheront à cette scène un classicisme forcené, selon moi, elle participe à rendre le film romanesque tout en restant très attaché à la nostalgie d’un cinéma hollywoodien, tout en se détachant de la mode actuelle et usante du cinéma de super-héros.

 

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SCENARIO 71%
MISE EN SCENE 76%
ACTEURS 81%
PHOTOGRAPHIE 81%
BANDE SON 66%
APPRECIATION GENERALE 76%
Vote final

Après la claque visuelle « The walk », « Alliés » marque un retour de Robert Zemeckis vers un cinéma à l'ancienne à contre-courant du cinéma hollywoodien actuel. Le couple formé par Brad Pitt et Marion Cotillard fonctionne à la perfection et offre à ce film un écrin magnifique tout en faisant pardonner sa première heure assez longue.

Note finale 75%