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Alien, Covenant : Un nouvel opus décevant !


Interdit aux moins de 12 ans

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper.

 

  • Réalisateur(s): Ridley Scott
  • Acteurs principaux: Michael Fassbender, Katherine Waterston et Billy Crudup
  • Date de sortie: 10/05/2017
  • Nationalité: Américaine

Presque 40 ans d’existence pour la saga « Alien ». Tout a commencé en 1979 avec la sortie du premier « Alien » de Ridley Scott, qui a cartonné au box-office (et près de 2,8 millions de spectateurs en France). S’en est suivi trois suites « Alien le retour » (1986 de James Cameron), « Alien 3 » (1992 de David Fincher) et « Alien la résurrection » (de Jean-Pierre Jeunet et sorti en 1997). Devenu un mythe dans le cinéma horrifique mondial, le célèbre xénormorphe a fait son retour en 2012 avec « Prometheus », un film prévu pour relancer la franchise, et la machine à billets verts par la même occasion. Ridley Scott retrouve ainsi son bébé avec « Alien : Covenant ». Un film qui fait directement suite à « Prometheus », avec l’éclosion d’un nouveau type d’alien (les néomorphes). D’ordinaire, les aliens naissaient via un « facehugger » (où la bestiole s’attache autour de la tête de la victime, lui injectant le bébé qui l’éventrera plus tard). La nouveauté ici, ce sont des spores qui sont relâchés lorsqu’on les touche ou les dérange. Celles ci entrent dans les narines ou les oreilles et font sortir la créature, non plus par la poitrine mais par le dos.

Pour toujours plus d’authenticité, Ridley Scott a souhaité utiliser le plus d’effets traditionnels et ne pas trop recourir aux effets spéciaux. L’effet voulu par le cinéaste est de ressentir la peur que l’on ressent trop peu souvent au cinéma. « Alien, Covenant » s’inscrit dans les mêmes pattes que « Prometheus » d’un point de vue scénaristique qui suit méticuleusement le récit du précédent opus tout comme le premier « Alien », tout en s’amusant à le détourner. Alors que la saga « Alien » explore la peur de la maternité (par la sortie par le ventre de la créature), «Covenant » parle de la paternité, celle du créateur envers sa création. Malheureusement, si « Covenant » est sans doute plus réussi que « Prometheus », ce nouvel opus déçoit et ne parvient pas à nous faire ressentir le même souffle horrifique qu’avait su provoquer « Alien ». Plus surprenant encore, le film fait même pâle figure à côté du très sanglant « Life, origine inconnue », un survival dans l’espace sorti il y’a quelques semaines, qui se révélait angoissant de bout en bout.

Dans ce « Alien : Covenant », deux passages d’un quart d’heure chacun environ sauvent en réalité l’ensemble : l’arrivée sur la nouvelle planète où les personnages vont découvrir ses dangers (à la manière d’un « Jurassic World »). Puis vers la fin du film, l’envahissement du vaisseau par l’alien donnant un véritable ton horrifique et oppressant. Pour le reste, Ridley Scott tartine son film d’un discours philosophique biscornu, désordonné et détaché du récit sans grand intérêt. On sent la volonté du cinéaste de faire un slasher rythmé mais qui se heurte à l’exagération des séquences de méditation des personnages. Là où on aurait aimé plus d’action et plus d’aliens, « Covenant » demeure un sorte de « méta-film », où Scott opère une introspection peu intéressante sur sa propre œuvre. Si le cinéaste a annoncé la mise en chantier d’une nouvelle trilogie, on peut s’interroger sur l’intérêt de cela, tant la première trilogie se suffisait en elle-même.

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SCENARIO 53%
MISE EN SCENE 62%
ACTEURS 69%
PHOTOGRAPHIE 71%
BANDE SON 63%
APPRECIATION GENERALE 66%
Vote final

Légèrement meilleur que « Prometheus », « Alien : Covenant » reste un nouvel essai très mitigé. Enfermé dans un discours philosophique plombant, Ridley Scott ne parvient pas à injecter suffisamment de rythme à son film, qui parvient ça et là à dégager quelques bonnes idées de détournement de sa propre création.

Note finale 64%