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A vif : Aux petits oignons ?


Plus qu’un grand chef, Adam Jones est une rock star de la cuisine, couronnée par deux étoiles au guide Michelin. Grisé par le succès, arrogant et capricieux, l’enfant terrible de la scène gastronomique parisienne sombre dans l’alcool et la drogue.
Quelques années plus tard, il a retrouvé la voie de la sobriété. Entouré de jeunes commis et chefs de parties, il relance un restaurant londonien, déterminé à obtenir le graal de la gastronomie : une troisième étoile.
Hanté par les fantômes du passé, le chemin de la rédemption s’annonce plus âpre que prévu : il ne lui reste plus qu’une seule chance pour devenir une légende…

  • Réalisateur(s): John Wells
  • Acteurs principaux: Bradley Cooper, Sienna Miller, Daniel Bruhl, Omar Sy
  • Date de sortie: 04/11/2015
  • Nationalité: Américaine
Bradley Cooper, un acteur charismatique...

Bradley Cooper, un acteur charismatique…

Après avoir réalisé plusieurs épisodes d' »Urgences » et de la version américaine de « Shameless » (particulièrement réussie et que je vous conseille), John Wells (rien à voir avec le célèbre Orson Welles) signe ici son troisième long-métrage après « The company men » et « Un été à Osage County ». Avec « A vif », Wells s’attaque à un sujet cinématographique par excellence, maintes fois abordé, celui de la cuisine (qui regorge de films comme « Le goût de la vie », « Les saveurs du palais », ou encore « L’Aile ou la cuisse » et « Ratatouille »). Pour se faire, le cinéaste a fait appel à un de mes acteurs actuels préférés, Bradley Cooper pour incarner Adam Jones, un chef cuisinier arrogant en quête de rédemption. L’acteur, révélé au grand public avec la trilogie « Very bad trip », et qui a confirmé avec des succès probants, comme « Happiness therapy », « The place beyond the pines » et récemment « American sniper », incarne à la perfection ce rôle taillé sur mesure, avec un charisme fou et un jeu d’acteur convaincant.

Car force est de constater que sa présence à l’écran et le magnétisme qu’il dégage réhausse véritablement l’intérêt du film, classique dans son déroulement extrêmement balisé. Même si paradoxalement, le film ne commence pas derrière les fourneaux mais dans la rue où Adam Jones marche simplement, plan entrecoupé par le comptage d’ouverture des huîtres dans un petit bistrot. Une fois l’intrigue mise en place (la reprise de l’ancien employé par le restaurant dans le but de lui faire acquérir une troisième étoile), son déroulement s’avère assez classique, voire prévisible, et n’étonnera pas beaucoup les spectateurs. Wells préfère mettre le spectateur dans la position confortable de celui qui, passivement, assiste à la recette de son film, sans grande originalité ni sur le fond, ni sur la forme.

Certes meilleurs que d’autres productions culinaires récemment sorties au cinéma (comme « Les recettes du bonheur »), « A vif » est au contraire de son titre incandescent, un film paresseux et balisé. Néanmoins, mis à part ses défauts scénaristiques, le film mérite le coup d’oeil pour l’aspect visuel des recettes élaborées, qui donnent vraiment faim et qui rendent très bien à l’écran. Il restitue également toute la tension du fameux « coup de feu » en cuisine, les visites toujours à l’improviste des critiques du Guide Michelin, et les rivalités acerbes avec un restaurant concurrent. Certes, « A vif’ manque pas mal de saveur, mais demeure un film convenable, porté par un Bradley Cooper en taille patron, un Daniel Bruhl talentueux (formidable dans « Rush ») et un Omar Sy (jouant un second rôle, assez important cette fois). Au final, pas la recette miracle du succès (le film a été un four aux Etats-Unis) mais néanmoins, un film pas si mal…

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SCENARIO 59%
MISE EN SCENE 67%
ACTEURS 79%
BANDE SON 64%
PHOTOGRAPHIE 65%
APPRECIATION GENERALE 58%
Vote final

Certes, "A vif" manque beaucoup de saveur dans son déroulement assez classique et prévisible, mais le film demeure convenable grâce à l'interprétation parfaite de Bradley Cooper et la mise en image des recettes, qui passe très bien à l'écran et qui donne toujours très faim...

Note finale 65%