Nos avis Ciné

A love you : En roue libre


Suite à une soirée trop arrosée et une nuit inoubliable avec une inconnue, Manu se réveille seul avec un
message sur son bras lui donnant rendez-vous à Avignon. Persuadé qu’il s’agit de la femme de sa vie, il est prêt à tout pour la retrouver. Manu embarque, malgré lui, son pote Fred sur la route. Ce qui semblait être une simple virée entre amis va vite tourner à la catastrophe…

  • Réalisateur(s): Paul Lefèvre
  • Acteurs principaux: Antoine Gouy, Paul Lefèvre, Fanny Valette
  • Date de sortie: 24/06/2015
  • Nationalité: Française
Déroutant...

Déroutant…

En matière de road-movie délirant, la trilogie « Very bad trip » (et en particulier le premier sorti en 2009) a mis la barre très haute avant que le surprenant « Babysitting » ne vienne insuffler cette folie « à la française » en 2013. C’est dans ce contexte qu’arrive sur nos écrans le film « A love you » distribué par Luc Besson, et qui sort avec une belle réputation après avoir remporté le Prix du Jury au dernier festival du film de comédie de l’Alpe d’Huez. Le film part d’un point de départ peu crédible (et ce ne sera pas la seule invraisemblance) d’un pote courant chez l’autre avec une adresse sur le bras écrite par « la femme de sa vie », disant de se rendre à Avignon. Ce sera l’occasion d’un long road-trip entre Paris et Avignon, marqué d’aventures rocambolesques. Et c’est bien là tout le souci du film (que je suis par ailleurs allé voir avec optimisme et entrain). Car en effet, dès la première mésaventure sur la route(les deux amis s’endorment au volant en plein jour et la voiture finit dans un lac en sortant indemme), on se dit que c’est trop gros pour être vrai… A l’inverse de « Very bad trip » qui pouvait reposer sur une certaine forme de vraisemblance, « A love you » ne parvient pas (ou très rarement) à paraître crédible. 

En déployant un arsenal de gags (qui sont les 3/4 du film lourdauds et déjà vus), le film ne parvient jamais à vraiment décoller, trop pris dans ses rebondissements absurdes, où l’on se dit tantôt que les deux personnages n’ont vraiment pas de chance, tantôt que le cinéaste (Paul Léfèvre, qui joue ici et réalise en même temps son premier film) a réalisé son film à la va-vite, sans se préoccuper du scénario, le tout manquant d’écriture. Dans les points positifs du film, il faut souligner que le thème principal du film, à savoir l’affrontement entre le romantisme (auquel s’accroche désespérément le personnage de Manu) et « les plans culs » (que prônent la quasi totalité des autres personnages) est plutôt intéressant mais pas assez exploité, même si le parti pris de déformer la comédie romantique peut fonctionner à certains moments. Le film repose surtout sur son duo d’acteurs Paul Lefèvre/Antoine Gouy qui fonctionne, lui, plutôt bien, et aussi sur son running-gag très intelligent du camping-car où refuse de monter un des personnages (car n’allant pas assez vite) et que l’on retrouve à plusieurs moments dépasser ou rattraper les personnages. Cette apparition bien vue participe à la drôlerie propre au road-movie, et rien que pour celà, bravo!

Malheureusement, le film reste malgré tout, une déception assez franche! Avec son rythme très alternatif, et son manque d’humour, « A love you » est surtout paradoxalement (par son histoire de road-movie souvent prenante et par sa durée relativement courte, 1h30) un film très ennuyeux qui déploie un humour parfois assez déroutant, et qui n’exploite toutes les possibilités humoristiques de certaines situations. Reste un film qui tourne en roue libre, et qui de plus, a des gros soucis pour gérer ses rôles féminins, puisque les femmes sont représentées soit par des prostituées ou soit par des femmes faciles. C’est bien dommage que le cinéma français a encore parfois cette image de la femme en 2015…

_c_europacorp_

 

Voici la bande-annonce :

email
SCENARIO 47%
MISE EN SCENE 56%
ACTEURS 65%
BANDE SON 56%
HUMOUR 51%
APPRECIATION GENERALE 53%
Vote final

Malgré son duo d'acteurs qui fonctionne bien (Antoine Gouy et Paul Lefèvre), "A love you" est une franche déception. Loin d'atteindre la folie du road-movie "Very bad trip", le film tourne en roue libre, plombé par ses énormes invraisemblances scénaristiques, son humour parfois déroutant (les 3/4 des gags tombent à plat) et sa misogynie latente...

Note finale 54%