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24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi : boulversant


Ce 10 Avril, l’équipe de Nos Meilleurs Films a pu assister à l’avant-première du film « 24 jours » lors d’une soirée exceptionnelle regroupant à la fois toute l’équipe du film (et cela fait déjà beaucoup de monde), des personnalités ainsi que quelques rares blogueurs.

l’évènement était de taille : 24 jours n’est en effet pas qu’un banal film : c’est aussi et avant tout l’adaptation cinématographique d’une terrible histoire qui a bouleversé les chroniques françaises dans les années 2000. Cette histoire, c’est la mère d’Ilan Halimi qui a décidé dans un premier temps d’en faire un livre. Le cinéma s’en est aujourd’hui emparé 

  • Réalisateur(s): Alexandre Arcady
  • Acteurs principaux: Zabou Breitman, Pascal Elbé, Jacques Gamblin
  • Date de sortie: 30/04/2014
  • Nationalité: Française
24 jours, la vérité sur l'affaire Ilan Halimi

24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi

Une avant-première particulière

L’évènement était particulier et ce notamment en raison de la portée religieuse qui entoure cette histoire. Ilan Halimi était juif, sa famille également. Et c’est notamment pour ces raisons là qu’il fut enlevé, torturé, et finalement tué. C’est en tous les cas l’Histoire, avec un grand H, qu’écrira la justice à ce propos. Une question centrale qui, tout au long du film, occupe une place d’importance et qui sera d’ailleurs source de désaccord entre la famille, les policiers du 36, les médias et la justice.

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Extrait – 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi

Cette portée religieuse jumelée à l’atrocité de l’histoire d’Ilan Halami de par sa violence physique et morale en font donc un film singulier. Un film, faut-il le dire, que l’on appréhende.

Et à raison. Le slogan diffusé en début de projection stipulant que des scènes, des propos ou des images peuvent heurter la sensibilité des spectateurs trouve ici tout son sens. Il n’est pourtant aucunement question de violences visuelles, nous ne sommes pas ici dans le spectacle d’hémoglobines d’un Django Unchained, mais bien dans une violence morale, émotionnelle.

C’est dans un tel contexte que le début de la projection s’en retrouva politisée. Quelques personnalités politiques dont Anne Hidalgo, nouvelle maire de Paris, ont ainsi eu l’occasion de venir soutenir ce film et par la même faire un petit discours en début de séance. L’œuvre s’est est retrouvée, avant même sa projection, fortement engagée.

Le récit de 24 interminables jours

L’histoire est connue de tous : un jeune Parisien d’une vingtaine d’années se fait draguer dans sa boutique de téléphonie. Il récupère le numéro d’une femme très attrayante, très entreprenante, qui n’a que pour idée de l’entrainer un soir … dans un guet-apens.

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Extrait – 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi

Ilan sera alors tabassé, dépouillé puis séquestré par de parfaits inconnus. Nous serons que ces derniers qui seront par la suite dénommés le « Gang des barbares » l’avaient choisi car il était Juif, et « que les Juifs, c’est bien connu, ils ont de l’argent et sont solidaires entre eux ». Mais, et c’est en tous les cas mon ressenti personnel dans le cadre de cette affaire, c’est avant tout la misère sociale et intellectuelle qui fut à l’origine d’un tel drame. L’aspect religieux ne faisant lui, qu’aggraver une situation déjà bien mal engagée.

Le film va, suite à cet évènement qui intervient très rapidement dans la chronologie de ce long métrage, s’intéresser assez précisément à la relation que va développer la famille d’Ilan avec les policiers du 36 quai des orfèvres. Une relation particulière, qui, avec un peu de recul, prend tout son sens.

Outre cette relation, c’est au sein même de la famille d’Ilan que les instants vont être les plus bouleversants. Ce drame fait ressortir des passions humaines qu’il est parfois difficile de visionner. Le jeu des acteurs est à notablement saluer de ce côté-ci. Cris, pleures, abattement, tout y passe. Si vous êtes un peu déprimé, ce n’est certainement pas le film à aller voir !

Coté « Gang des barbares », il sera tout de même regrettable de n’avoir qu’une vision très éphémère, légère, superficielle, de ce que peuvent être ces individus de la cité étant tombés dans une folle spirale. Il ne pourra pour autant pas être reproché au réalisateur une telle prise de partie : d’une part car le parcours des Halimi justifie leur rôle central et d’autre part face, certainement, à la difficulté d’appréhender cet univers singulier.
Ce côté du film souffre certainement également d’un choix d’acteur trop conventionnel, qui, malgré leurs jeux, n’en parviennent pas à faire assez authentique. Mais là encore, est-ce peut être une prise de partie.

Ce film communique des émotions très fortes même s’il souffre parfois d’un petit coté surnaturel. Mais n’est-ce finalement pas l’histoire totalement insensée tombée sur la famille Halimi qui veut cela ?

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SCENARIO 80%
MISE EN SCENE 84%
ACTEURS 73%
AMBIANCE SONORE 94%
APPRECIATION GLOBALE 91%
Vote final

Note finale 84%