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10 Cloverfield lane : Un coup de maître !!


Film avec avertissement
Une jeune femme se réveille dans une cave après un accident de voiture. Ne sachant pas comment elle a atterri dans cet endroit, elle pense tout d’abord avoir été kidnappée. Son gardien tente de la rassurer en lui disant qu’il lui a sauvé la vie après une attaque chimique d’envergure. En l’absence de certitude, elle décide de s’échapper…

  • Réalisateur(s): Dan Trachtenberg
  • Acteurs principaux: Mary Elizabeth Winstead, John Goodman et John Gallagher
  • Date de sortie: 16/03/2016
  • Nationalité: Américaine
Un huis clos stressant à souhait !

Un huis clos stressant à souhait !

 

Il y’a deux mois, une mystérieuse bande-annonce déboulait sur la toile et annonçait à la surprise générale, l’arrivée d’un nouveau « Cloverfield ». Développé dans le plus grand secret, le producteur du film (et cinéaste du dernier « Star Wars »), J.J.Abrams avait expliqué que ce nouveau film possédait « un lien de sang » avec « Cloverfield » (film d’horreur tourné en found footage en 2008, et qui avait rencontré un vif succès), mais que le film n’en était pas pour autant une suite. Doté d’un budget 5 fois inférieur à celui de « Cloverfield », ce « 10 cloverfield lane » bénéficie d’un scénario qui a, en tous les cas emballé le jeune réalisateur Dan Trachtenberg, qui signe ici son premier film, ainsi, il déclare : « C’est vraiment un scénario qui m’a donné des sueurs froides en le lisant et j’avais hâte de le mettre en image. »

Totalement différent du premier « Cloverfield », filmé caméra à l’épaule et qui nous immergeait dans l’attaque extraterrestre en plein New York, en suivant une bande de potes mourant les uns après les autres. Ici, « 10 Cloverfield lane » prend le contre-pied total du premier film en nous montrant d’abord une femme seule qui décide de quitter son petit ami. Sur la route, en pleine nuit, elle va avoir un terrible et impressionnant accident de voiture. Peu après, elle se réveille la jambe attachée à un lit, enfermée dans une cave. Un homme, Howard, vient la voir pour la soigner et la nourrir en lui assurant qu’il l’a sauvé de la mort après qu’un supposé gaz toxique ait tué tout le monde dehors. Pensant à un kidnapping, elle va tenter en vain de s’échapper, avant de s’apercevoir qu’un deuxième homme, Emmett, est aussi prisonnier dans sa cave, sauf que celui ci l’a voulu afin de se protéger en faisant une pleine confiance à Howard.

Une excellente surprise !

Une excellente surprise !

La quasi-totalité du film (hormis le dernier quart d’heure, mais nous y reviendrons) se situe donc en huis clos dans cette cave avec aucune fenêtre, si ce n’est quelques hublots sur des portes blindées. Le film nous immerge totalement dans cet univers claustrophobe, où l’on se met totalement à la place de cette jeune femme, Michelle. Le film nous propose viscéralement de vivre l’expérience de l’enfermement, et l’on ne sait absolument pas si Howard dit vrai en affirmant que l’abri est l’endroit le plus sûr et qu’aller dehors signifierait la mort, ou si le propriétaire de cet abri affabule complètement et n’invente cette supposée attaque toxique. Le cinéaste Dan Trachtenberg parvient constamment à ébranler nos certitudes, où l’on se demande les véritables intentions d’Howard. A une séquence de coup de sang incompréhensible qui nourrit la thèse d’une folie, se succède une autre séquence qui tente à nous démontrer la véracité de ses propos. Ainsi, le film se nourrit des doutes des spectateurs, et tout en avançant à petits petit, fait monter la tension crescendo. Le jeune réalisateur parvient à distiller savamment les indices en nous menant sur des vraies ou fausses pistes. Difficile d’en dire beaucoup plus sans effleurer le suspense, mais on peut dire de ce huis clos, qu’il se révèle efficace, prenant et angoissant de bout en bout, servi aussi par la mise en scène fantastique de Trachtenberg, parvenant à travailler sur les flous (comme pour cacher les faces sombres de ses personnages) mais aussi à développer des personnages suffisamment troubles et développés (mention spéciale à John Goodman, exceptionnel dans son rôle d’homme à la fois protecteur et menaçant, mais aussi à Mary Elizabeth Winstead auquel l’on s’identifie rapidement à sa situation cornélienne).

Après avoir développé un huis clos stressant pendant presque 1h30, le film change son fusil d’épaule dans son dernier quart d’heure, qui sort de l’atmosphère générale du film. Beaucoup de mes collègues critiques trouvent cette fin ratée, personnellement, je trouve qu’elle répond aux questions soulevées par le film, tout en en posant d’autres. Ce dernier quart d’heure a aussi pour ambition de raccrocher les spectateurs à la saga originelle de Cloverfield (qui est avant tout un film de monstre ? Même s’il faut également préciser qu’il n’est pas indispensable d’avoir vu le premier film), et donc, même si cette fin est différente dans son ton et son rythme par rapport au reste du film, elle s’articule très bien, d’autant que le dernier plan glace véritablement le sang. Au final, on ressort du film avec la furieuse envie de le revisionner pour en apprécier tous les détails tout en espérant qu’un troisième volet voit le jour très vite.

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SCENARIO 89%
MISE EN SCENE 92%
ACTEURS 91%
TROUILLOMETRE 88%
PHOTOGRAPHIE 92%
APPRECIATION GENERALE 95%
Vote final

Pour son premier long-métrage, « 10 cloverfield lane » confine au coup de maître pour Dan Trachtenberg, tant cette fausse suite très bien pensée se révèle maîtrisée, stressante et terriblement intelligente.

Note finale 91%