Animation

Tous en scène : Délirant !


Buster Moon est un élégant koala qui dirige un grand théâtre, jadis illustre, mais aujourd’hui tombé en désuétude. Buster est un éternel optimiste, un peu bougon, qui aime son précieux théâtre au-delà de tout et serait prêt à tout pour le sauver. C’est alors qu’il trouve une chance en or pour redorer son blason tout en évitant la destruction de ses rêves et de toutes ses ambitions: une compétition mondiale de chant. Cinq candidats sont retenus pour ce défi: Une souris aussi séduisante que malhonnête, un jeune éléphant timide dévoré par le trac, une truie mère de famille débordée par ses 25 marcassins, un jeune gorille délinquant qui ne cherche qu’à échapper à sa famille, et une porc épic punk qui peine à se débarrasser de son petit ami à l’égo surdimensionné pour faire une carrière solo. Tout ce petit monde va venir chercher sur la scène de Buster l’opportunité qui pourra changer leur vie à jamais.

  • Réalisateur(s): Garth Jennings
  • Acteurs principaux: les voix françaises de Patrick Bruel, Jenifer et Elodie Martelet
  • Date de sortie: 25/01/2017
  • Nationalité: Américaine

« Tous en scène » est le nouveau film des studios Illumination, à qui l’on doit la franchise particulièrement rentable « Moi, moche et méchant » ou le spin-off des adorables « Minions ». Avant de dégainer le troisième volet de leur célèbre franchise prévu pour cet été, Illumination prend donc le petit risque de sortir de leur zone de confort, un risque qu’ils ont déjà pris avec succès avec « Comme des bêtes » l’été dernier, qui a rassemblé 3,7 millions de spectateurs en France. « Tous en scène » a pour l’ambition de surfer sur les dernières productions animées où la musique joue de plus en plus un rôle important. Dans ce film, pas moins de 65 chansons sont entendues, avec un éventail très large, des années 40 à nos jours, de Franck Sinatra à Kanye West, d’Elton John à Lady Gaga. L’histoire d’animaux différents qui vivent ensemble en harmonie n’est pas sans nous rappeler « Zootopie » de son voisin Disney, basée sur une enquête policière pour le moins burlesque. Boris Jacq, le responsable du graphisme de ce film a voulu axer son travail sur l’anthropomorphisme, avec l’idée de sortir les personnages de leurs caractéristiques animalières pour mieux surprendre le spectateur, afin de faire passer l’idée que tout est possible pour chaque individu.

« Tous en scène » plante son décor dans un univers bien particulier, celui du monde du spectacle. Buster Moon, un koala loin d’être paresseux, mais au contraire énergique et égocentrique, voit son théâtre tomber en ruines. Il va organiser un concours de chant avec comme récompense la somme de 1 000 dollars (ou plutôt 100 000 dollars après une bourde de son assistante lézarde Miss Crawly. Après d’interminables auditions, Moon va sélectionner des chanteurs aussi différents qu’une souris très sûre d’elle, une éléphante timide, une truie débordée par sa vie de famille, un jeune gorille délinquant ou encore une porc-épic punk. Tous ces personnages haut en couleur forment un film d’animation grand public et extrêmement rythmé. Dès les premiers plans où l’on suit le parcours de vie et les espoirs de chaque personnages, « Tous en scène » surprend par sa fluidité et dominée par sa bande son euphorisant, balayant tous les styles musicaux. Chaque personnage suit un arc narratif différent, avant de se rejoindre dans la musique et dans leur volonté de se prouver à eux-mêmes et à leurs proches qu’ils peuvent atteindre leurs rêves.

Le récit reprend d’abord le concept de base de talent show tels que « The voice » ou « Nouvelle star », mais finit par former, une fois le groupe établi, une sorte de comédie musicale animée, qui carbure à l’humour de situation et aux gags visuels délirants. Toutes les étapes du montage d’un spectacle y sont décrites avec lucidité : les répétitions, les petites batailles d’égo, la difficulté pour trouver des financements ou encore les problèmes techniques (ici, grossis à la loupe). Le film évite tous les écueils dans lequel il aurait pu tomber (le mélange entre l’histoire et les chansons est parfaitement trouvé, les nombreux personnages ont tous une narration développée et maligne) et parvient même à nous émouvoir dans cette quête perpétuelle du rêve personnel et intime, auquel nous aspirons tous. Mentionnons également le doublage assez réussi (Patrick Bruel dans le rôle de Buster Moon excelle), et l’on se surprend à sourire, à taper du pied devant les morceaux musicaux, qui dégage une énergie communicative.

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SCENARIO 83%
MISE EN SCENE 83%
PERSONNAGES 88%
HUMOUR 86%
GRAPHISMES 79%
APPRECIATION GENERALE 88%
Vote final

Finalement, ce nouveau film des studios Illumination est une sacrée dose de bonne humeur. Cette comédie musicale animée surprend par sa créativité graphique, son discours optimiste sur la persévérance, et son plein d'émotions. Un film parfait à voir en famille en ces vacances de février!

Note finale 84%