Animation

Pourquoi j’ai pas mangé mon père : Fade et puéril


L’histoire trépidante d’Édouard, fils aîné du roi des simiens, qui, considéré à sa naissance comme trop malingre, est rejeté par sa tribu. Il grandit loin d’eux, auprès de son ami Ian, et, incroyablement ingénieux, il découvre le feu, la chasse, l’habitat moderne, l’amour et même… l’espoir. Généreux, il veut tout partager, révolutionne l’ordre établi, et mène son peuple avec éclat et humour vers la véritable humanité… celle où on ne mange pas son père.

  • Réalisateur(s): Jamel Debbouze
  • Acteurs principaux: Les voix de Jamel Debbouze, Mélissa Theuriau, Arié Elmaleh
  • Date de sortie: 08/04/2015
  • Nationalité: Française
Un film doté d'un budget colossal et à l'enjeu financier important pour Pathé !

Un film doté d’un budget colossal et à l’enjeu financier important pour Pathé 

Plus de 7 ans de préparation, doté d’un budget délirant pour un film français (entre 35 à 50 millions d’euros selon les sources), et projeté dans très exactement 956 cinémas en première semaine, « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » fait figure d’exception dans le cinéma hexagonal, où rares sont les films d’animation à atteindre cette ambition (et cette folie?). Alors, Pathé, qui distribue le film (et qui espère au minimum du minimum 3 millions d’entrées) en a t-il trop fait avec un matraquage promotionnel rare. Malheureusement, la réponse est oui.

Libre adaptation de l’oeuvre de l’anglais Roy Lewis, « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » présente comme particularité d’être le premier long-métrage européen entièrement réalisé en MoCap (technique qui transpose les gestes et expressions de l’acteur dans un personnage animé). Description faite, quel résultat donne ce film? On peut dire que sans être le navet de l’année (seuls les allergiques à l’humour de Jamel Debbouze peuvent se sentir totalement hermétiques), « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » est à ranger du côté des franches déceptions. Car si le le film brasse de manière sincère et juste, des thèmes comme l’humanisme, la tolérance, le rejet d’une société, dans une histoire « décentralisée » dans la Préhistoire, et centré autour du singe, incarné (le mot est juste) par Jamel Debbouze, ça tangue sérieusement niveau scénario et application de celui-ci.

Au croisement d' »Avatar » (dans le rapport à la nature, la figure de l’arbre protecteur, et même dans la bande son assez ressemblante), de « La planète des singes » et du « Roi Lion » (pour l’exil forcé du héros qui sert de rite initiatique), « Pourquoi j’ai pas mangé mon père » ne parvient pas à trouver son point d’équilibre, et donne un film assez inégal et sans saveur.

Si tout n’est pas à jeter (le rapport autobiographique de Jamel Debbouze avec son personnage mis en scène aussi dans son accident que son propre rapport à la vie), au delà de ça, le film est assez fade, marqué paradoxalement par un manque d’humour (très peu de rires dans la salle, pourtant constituée de nombreux enfants pendant les 1h30 de film) et certains gags, pour leur gratuité, provoquent même de la gêne ! Un comble pour un film censé s’adresser et plaire à tous ! J’irai même à me poser la question de savoir à qui peut s’adresser ce film, les tout petits trouveront le temps long et ne comprendront pas tous les mots en verlan et jeux de mots, les ados habitués aux productions américaines trouveront le visuel laid (ce qu’il est par moments), et les adultes (hormis les saillies des deux personnages inspirés par De Funès) trouveront peu d’intérêt à ce film long et surtout terriblement bruyant (les personnages parlant souvent en même temps). En somme, un film qui inspire une grande déception, malgré la promesse d’un film d’animation tout public.

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SCENARIO 57%
MISE EN SCENE 63%
PERSONNAGES 65%
BANDE SON 63%
HUMOUR 38%
APPRECIATION GENERALE 55%
Vote final

Projeté dans pas moins de 956 cinémas et doté d'un budget faramineux, "Pourquoi j'ai pas mangé mon père" était attendu comme la grosse production française de l'année. Malheureusement, malgré un résultat visuel correct, le résultat n'est pas à la hauteur des ambitions, la faute à un scénario poussif, à un humour qui provoque plus souvent la gêne que le rire dans un film très très bruyant ! En bref, préférez "Shaun le mouton" !

Note finale 56%