Animation

Le monde de Dory : une suite en forme de spin-off réussie ?


Dory, le poisson bleu amnésique, retrouve ses amis Nemo et Marin. Tous trois se lancent à la recherche du passé de Dory. Pourra-t-elle retrouver ses souvenirs ? Qui sont ses parents ? Et où a-t-elle bien pu apprendre à parler la langue des baleines ?

  • Réalisateur(s): Andrew Stanton et Angus MacLane
  • Acteurs principaux: les voix de Céline Monsarrat, Franck Dubosc et Mathilde Seigner
  • Date de sortie: 22/06/2016
  • Nationalité: Américaine

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En 2003, « Le monde de Nemo » a raporté près de 937 millions de dollars de recettes dans le monde, ce qui a permis au film d’être actuellement le deuxième plus gros succès du studio Pixar derrière « Toy story 3 ». Le raz de marée Némo a largement touché l’Hexagone avec plus de 9,3 millions d’entrées, soit le 34ème plus gros succès de tous les temps en France. Il était donc tout naturel que le film ait une suite, et pourtant, il a fallu attendre 13 ans avant que celle ci arrive. Et encore, c’est plutôt un spin-off que Disney Pixar nous a concocté, en se concentrant sur un personnage majeur du film original, Dory, qui s’avère être le personnage d’animation le plus « liké » sur Facebook, tous films Disney et Pixar confondus. Pour les non-initiés du premier film, Dory, c’est ce poisson bleu si joviale et bavarde, mais qui est atteinte d’amnésie de la mémoire immédiate. Comme l’explique la productrice Lindsey Collins, « Dory oublie des détails de sa vie de tous les jours, comme par exemple le nom de Nemo, mais sa mémoire émotionnelle fonctionne parfaitement : elle sait qu’elle aime Nemo et Marin (le père de Nemo). Et l’amour qu’elle portait à ses parents a toujours été là, enfoui en elle. »

Si ce film sort 13 ans après son film original, « Le monde de Dory » se situe seulement un an après les évènements du premier film, hormis dans les premières minutes, où l’on voit la jeunesse de Dory et la prise de conscience par ses parents de sa maladie très contraignante, et qui après avoir été emporté par un courant va perdre le chemin de ses parents. Elle va errer pendant des années avec seulement le nom de ses parents en tête, avant de tomber nez à nez avec Marin, à la recherche de son fils Nemo. Cela permet de clore l’introduction du personnage, en montrant le point de vue de Dory, alors que le monde de Nemo se concentrait à ce moment là sur le point de vue de Marin.

Nous sommes donc un an plus tard, Dory vit avec les deux célèbres poissons-clown, et par brides, se souvient de certains éléments de sa jeunesse (un coquillage au fond de l’eau lui rappelant un coquillage du cocon familial par exemple).

Si « Le monde de Nemo » que j’avais eu l’occasion de revoir au cinéma à l’occasion de sa ressortie en 3D il y’a quelques années, est un des meilleurs films d’animation Pixar, j’avais de sérieux doutes sur l’utilité d’une telle suite en forme de spin-off, même si ce personnage de Dory dégage une sympathie immédiate et évidente, le spectateur ayant constamment envie de l’aider à trouver son chemin et lui souffler ce qu’elle doit faire. Une heure et demie plus tard, on ressort du film assez enthousiasmé et pleinement rassuré. Visuellement tout d’abord, le film est un ravissement pour les yeux, mené par un 3D de bonne facture et une mise en scène plus dynamique que d’ordinaire dans les productions Pixar. Comme pour « Le monde de Nemo », « Le monde de Dory » déploie un arsenal de bons sentiments, vraiment plaisants et rafraîchissants, typique d’un film d’animation conçu pour plaire à toute la famille.

Il est vrai, et c’est le principal défaut du film, que cette suite souffre de ressemblances trop fortes avec le premier film, avec l’enlèvement du personnage principal par un humain qui va le placer dans un aquarium, et qui grâce à l’aide de nouveaux personnages, va réussir à s’échapper par certains moyens identiques au premier film. Au niveau du scénario, Disney Pixar n’arrive que rarement à se détacher du calque qu’ils appliquent à cette suite un peu trop copié-collé par rapport au « Monde de Nemo. » Néanmoins, par fulgurances, le récit parvient parfois à dégager beaucoup d’inventivité (on pense à cette présence en voix-off totalement inattendue de Claire Chazal qui interfère avec le récit d’une manière brillante) avec un joli message de tolérance envers les différences. Dans la séquence dans l’aquarium géant, chaque personnage est cabossé par la vie, et où les différences de chacun vont servir le récit et renforcer l’esprit d’équipe entre eux.

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SCENARIO 86%
MISE EN SCENE 82%
PERSONNAGES 87%
BANDE SON 81%
3D 84%
APPRECIATION GENERALE 81%
Vote final

Au final, « Le monde de Dory » est une prise de risque limitée narrativement de la part de Pixar, mais un réjouissement visuel, parsemé à la fois par de nombreuses trouvailles humoristiques et des séquences très émouvantes. Une suite réussie et grand public, dans le même esprit que « Le monde de Nemo » sur l'importance suprême de l'amour familial.

Note finale 83%