Animation

Kubo et l’armure magique : Pour sortir des sentiers battus de l’animation


Kubo est un être aussi intelligent que généreux, qui gagne chichement sa vie en sa qualité de conteur, dans un village de bord de mer. Cette petite vie tranquille, ainsi que celle de ses compagnons Hosato, Hashi et Kamekichi va être bouleversée quand par erreur il invoque un démon du passé. Surgissant des nues cet esprit malfaisant va abattre son courroux sur le village afin d’appliquer une vindicte ancestrale.Dans sa fuite, Kubo fait équipe avec Monkey et Beetle, pour se lancer dans une épopée palpitante afin de sauver sa famille et percer le secret de la chute de son père, le plus grand samouraï que le monde ait jamais connu. À l’aide de son Shamisen- un instrument musical magique-il va affronter toutes sortes de dieux et de monstres, notamment le terrible Moon King assoiffé de vengeance ainsi que les affreuses sœurs jumelles afin de dénouer le mystère de son héritage, réunir sa famille et accomplir sa destinée héroïque.

  • Réalisateur(s): Travis Knight
  • Acteurs principaux: les voix de Matthew McConaughey, Charlize Theron et Rooney Mara
  • Date de sortie: 21/09/2016
  • Nationalité: Française

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Après trois longs-métrages, le studio d’animation Laika est devenu une nouvelle référence dans le cinéma d’animation, juste derrière les mastodontes Pixar, Dreamworks, Blu Sky, Illuminations ou encore Ghibli. Laika a la particularité d’utiliser la technique stop-motion, à savoir une méthode image par image. Le studio a débuté sa réalisation en 2009 avec « Coraline », un excellent conte sombre, puis fort de ce succès, Laika a sorti deux autres films « L’étrange pouvoir de Norman » (2012) et dernièrement en 2014 « Les boxtrolls », un film qui regorge d’inventivité. A chaque long-métrage, Laika déploie une certaine noirceur étonnante, donnant à leur récit une grande maturité. Construite comme un véritable fresque héroique, « Kubo et l’armure magique » a nécessité un travail titanesque. Pour donner quelques chiffres, il a fallu 35 animateurs travaillant sur 70 plateaux différents. Le personnage de Kubo à lui seul possède ainsi 11 007 expressions de bouche, 4 429 expressions de sourcils et un total de 23 187 visages possibles !

Aussi bien dans son visuel que dans son récit, « Kubo et l’armure magique » s’inspire clairement du cinéma d’animation japonais de Ghibli. Féru de cette culture nippone, le cinéaste Travis Knight a voulu rendre hommage à la culture du Pays du Soleil Levant, et cela se ressent dans tous les plans du film. Cette année 2016 a déjà vu un autre conte mélant l’animation et le fantastique, avec « La tortue rouge », et ce « Kubo » vient poursuivre ce travail d’un cinéma d’animation moins répandu et marketing (par rapport aux personnages des grandes firmes Disney) mais aussi beaucoup plus audacieux. Doté d’une atmosphère mystérieuse et profonde, et de teintes de couleurs variées et sublimes, ce film d’animation est une pure merveille visuellement. Travis Knight utilise des décors japonisants réalistes et d’une grande poésie. Là où le film perd un peu de sa superbe, réside dans son scénario, certes intéressant mais assez complexe, d’autant plus pour le jeune public. Contrairement à ce que son affiche ou sa campagne promotionnelle le laissent supposer, « Kubo » n’est pas un film familial à proprement parler. Nous nous trouvons plutôt dans un univers manga fantasy où il est notamment question de réincarnation et d’un grand sens du pouvoir des esprits. Le film recelle toutefois de bonnes idées, avec cette relation entre Kubo et Madame Singe, très attachante. Le film dégage une réelle énergie dans le déroulement de ses aventures, mais manque d’une structure narrative plus élaborée, et plus directe.

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SCENARIO 61%
MISE EN SCENE 72%
PERSONNAGES 74%
GRAPHISMES 81%
BANDE SON 65%
APPRECIATION GENERALE 57%
Vote final

Si la mise en image est absolument splendide, le récit se révèle très souvent confus et nous perd dans ses rebondissements assez improbables. Un film d'animation poétique à découvrir toutefois pour sortir des sentiers battus...

Note finale 68%