Animation

Comme des bêtes : Sous influence des « Minions » ?


La vie secrète que mènent nos animaux domestiques une fois que nous les laissons seuls à la maison pour partir au travail ou à l’école.

  • Réalisateur(s): Yarrow Cheney et Chris Renaud
  • Acteurs principaux: Les voix de Philippe Lacheau, François Damiens et Willy Rovelli
  • Date de sortie: 27/07/2016
  • Nationalité: Américaine
Un lapin si crétin que ça ?!

Un lapin si crétin que ça ?!

Crée en 2007, le studio Illumination entertainment est reconnu dans le monde pour son grand succès « Moi, moche et méchant » réalisé en 2010, et sa suite sortie en 2013. Fort du succès énormissime de cette saga, Illumination avait sorti un spin-off consacré aux minions, ces adorables bestioles jaunes qui font bêtises sur bêtises. On peut toutefois se poser la question d’une « Minion-dépendance » pour le studio, qui avant ce film, n’avait signé que deux autres longs-métrages en dehors de la saga, « Hop » (en 2011), et « Le lorax » (l’année suivante). Deux films qui n’ont pas rencontré le succès escompté, et qui a incité Illumination a se recentrer sur sa poule aux œufs d’or : les Minions. Mais le créateur du studio Chris Meledandri ne compte pas se reposer sur ses lauriers et a voulu proposer un nouveau film original, dont l’idée lui est venu en observant ses propres animaux de compagnie. Comme il le précise : « Pour le film je me suis servi de tous les animaux de compagnie de ma famille. J’ai vécu avec un chat, des chiens et un oiseau, et je me suis aperçu qu’ils constituent un capital affectif énorme. Dès qu’on rentre à la maison, leur joie à notre simple vue, nous inciterait presque à nous demander si ils n’ont pas fait de grosses bêtises pendant notre absence et si ils n’exagèrent pas un peu pour nous donner le change. C’est une question que tout le monde s’est posée un jour. Dès lors j’ai commencé à les observer sous cet angle. Que j’imagine cette vie, ou qu’elle soit réelle ne fait aucune différence. L’important c’est sa richesse. Qu’est ce qu’ils peuvent bien fabriquer quand nous avons le dos tourné ? »

Après un court-métrage intitulé « Minions en herbe » précédant le film, et qui fait toujours énormément rire, on découvre donc « Comme des bêtes », qui suit divers animaux de compagnie habitant le même immeuble new-yorkais. On y suit particulièrement Max, un gentil toutou très attaché à sa maîtresse, qui va voir son quotidien bien ordonné bouleversé par l’arrivée de Duke, un énorme sac à puces récupéré à la fourrière. Les deux cabots vont devoir cohabiter ensemble, avant qu’un concours de circonstances va emmener nos deux personnages à seretrouver dans la rue, piégé par Pompom un lapin au rire diabolique, qui voue une haine viscérale envers les humains qui l’ont abandonné.

Les autres animaux vont ainsi tout faire pour aller les rechercher (Buddy, le chien au corps long comme une saucisse, la chatte Chloé qui a le pêché de gourmandise, la petite chienne sophistiqué Gidget qui est amoureuse de Max en secret, Mel, un bulldog qui passe ses journées à aboyer contre les écureuils passants devant chez lui, et enfin Pops, un chien handicapé de ses pattes arrières).

La gourmandise est un si vilain défaut !!

La gourmandise est un si vilain défaut !!

« Comme des bêtes » joue habilement sur le contraste entre la vie domestiquée (représentée par les personnages que nous suivons) et la vie sauvage (avec ces animaux qui vivent sous la coupe de Pompom qui ordonne de zigouiller tous les animaux domestiques). Mais le studio Illumination ne juge pas cet affrontement, et relie ces deux parties par l’abandon massif des animaux par les humains, entre ceux qui ont eu de la chance de vivre dans un lieu paisible, et ceux qui ont été abandonnés ou qui vivent toujours dans la rue. Après un premier quart d’heure qui fait office de présentation des différentes caractéristiques des personnages et de leur bêtises sitôt le dos des humains tournés, le film bascule progressivement en buddy-movie plaisant et rafraichissant. Quelques mois après « Zootopie » de Disney, Illumination continue de prouver que ce cru animé 2016 qui repose sur le genre animal est de grande qualité. A l’inverse de « Zootopie » toutefois qui donnait des réactions humaines aux animaux, « Comme des bêtes » insiste sur ce rapport indescriptible et profond qui existe entre l’homme et l’animal (partagé entre un amour véritable et un abandon soudain).

Inventif, souvent très drôle, « Comme des bêtes » est une folle aventure animée et délirante menée par une excellente idée, à portée universelle, de mettre en scène des animaux de compagnie et de montrer ce qu’ils font dès que nous avons le dos tourné. Le film déploie des séquences assez folles de créativité comme ce trip de la « saucisse » complètement déjanté, alterne scènes d’action (l’évasion sous-terraine) ou plus émouvante (comme lorsque Duke comprend que son ancien maître est décédé).

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SCENARIO 81%
MISE EN SCENE 85%
PERSONNAGES 88%
BANDE SON 84%
GRAPHISMES 87%
APPRECIATION GENERALE 86%
Vote final

Si « Comme des bêtes » n'a rien de bien neuf dans son scénario, le film réjouira petits et grands par ses gags visuels, son univers coloré, son rythme sans temps mort mais aussi par son message touchant sur l'abandon des animaux. On ressort du film avec un regard nouveau sur nos amis les bêtes. Le film permet enfin à Illumination de sortir de sa « Minion-dépendance » et de s'affirmer comme un fleuron désormais majeur du cinéma d'animation américain, aux côtés de Disney Pixar et de Dreamworks.

Note finale 85%